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de l’Église, le sage prélat attendit le document pontifical, qui arriva enfin et qui nommeit M. D Esglis, évêque de Dorylée in partibus infidelium. La cérémonie du sacre eut lieu, le 12 juillet 1772, dans la chapelle du séminaire, à la grande joie de tout le peuple canadien, qui était assuré maintenant de la permanence de l’épiscopat dans la colonie.
Comme Mgr Briand n’était pas encore en possession de sa cathédrale, grâce à l’enitêtement des marguilliers, parmi les. quels se trouvaient malheureusement des parents du coadjuteur, il ne voulut pas annoncer officiellement la consécration du nouvel évêque, ni lui donner des pouvoirs extraordinaires. Ses vues étaient du reste en cela parfaitement conformes à celles de Mgr D'Esglis, lui qui n’avait accepté la mitre que par obéissance et pour le bien de l’Église, et qui fut bien heureux de s’en retourner dans sa petite cure de Saint-Pierre, d’où il n'aurait jamais voulu sortir.
Mais le 14 mars 1774, Mgr Briand fit enfin son entrée solennelle dans l’église cathédrale, et par un magnifique mardement, il proclama solennellement son coadjuteur, qui était présent, et lui conféra tous les pouvoirs de sa charge. Il faisait de plus son éloge et rappelaient à ses diocésains tous les titres qu'avait le prélat à leur obéissance et à leur vénération. Quelques mois plus tard, l'évêque de Q 1ébec écrivait à l'abbé de l’Isle-Dieu : « Mon coadjuteur est un homme de soixante-cinq ans, aimé et estimé de mon prédécesseur et de tout le Canada, sur le compte duquel on n’a jamais rien dit. Il ne m'est pas à la vérité d’un grand secours, étant un peu sourd. Mais c'était beaucoup de tirer la planche (a). J’en
(a) On dit faire planche, en parlant d’ur1e chose qui est faite pour la première fots et qui pourra se répéter dans la suito.
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aurais bien voulu un plus jeune pour me décharger et vivre dans la retraite, qui a toujours été mon attrait : je ne crois pas pouvoir laisser l’œuvre de Dieu encore, quelque tenté que j'en aie été. »
Deux jours après la proclamation solennelle de so coadjuteur, Mgr Briand lui donna des lettres de grand vicaire ; et pour l'aider à subvenir aux dépenses inhérentes à la diguité épiscopale, il lui avait déjà assuré, l’année précédente, une pension de trois cents minots de blé froment sur la cure de Varennes. Cependant le coadjuteur n’eut rien à faire dans l’administration du diocèse jusqu’au 6 juin 1778, où il fit un mandernent pour la visite des paroisses de l'Ile d’Orléans ; son âge avancé et ses infirmités l’'empêchèrent de secourir davantage l’illustre évêque de Québec et de parcourir les autres paroisses du diocèse, que le premier pasteur était devenu lui-mêm"* incapable de visiter.