‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 74 sur 132 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Zèle de Mgr Plessis pour l'éducation de la jeunesse. — L'institution royale. — L’instruetion primaire. — Le Collège de Nicolet. — Le Collège de Saint- Hyacinthe. — Le Collège de Saint-Roch. — Cours donnés par l’évêque aux élèves du grand séminaire de Québec. — Son règlement de vie au séminaire. — $a correspondance.

Depvis longtemps, les chefs de la coterie protestante cherchaient à s'emparer de l'instruction publique ; et, e:: ‘801, ils avaient réussi à obtenir du parlement provinciai, uue loi qui mettait entre les mains des protestants l'éducation de la jeunesse catholique. Mgr Plessis fut l’un des premiers à prévoir les conséquences désastreuses que pouvait amener l’'Instilution royale pour l’encouragement de l'instruction publique, et, soutenu par tous les membres du clergé, il réussit à empêcher le fonctionnement de cette loi infâme, en vertu de laquelle les familles catholiques auraient payé pour permettre aux protestants de pervertir leurs enfants. Or comprend que l’évêque ne pouvait songer alors à obtenir du gouvernement, des écoles catholiques pour l’enseigneme’ primaire dans les paroisses de la campagne. Ge ne fut qn 1820, qu'un projet plus équitable fut admis dans les deux chambres de la législaiure du Bas-Canada et réservé à la sanclion royale. Mgr Plessis, qui était alors en Angleterre, fit des démarches pour engager les ministres à recommander cette mesure à Sa Majesté ; mais ses efforts demeurèrent inutiles ; car on s’imagina, au bureau des colonies, que les

ion royale. — ège de Saintl’évêque aux

au séminaire.

tante chere:: (O1, ils uue loi qui tion de la premiers à ait amener ruction pu- 6, il réussit e, en vertu é pour per-

Or comobtenir du

seigneme’

éservé à la

ngleterre, ommnander bmeurèrent

les, que les

dispositions du bill enlevaient à l'institution royale, des droits acquis. Amendé de manière à ne blesser aucune susceptibilité, le projet fut encore admis dans les deux chambres en 1821, et lord Dalhousie le recommanda à la bienveillance du souverain. Mgr Plessis écrivit à Mgr Poynter, à Londres, pour qu’il usât de toute son influence en faveur de la mesure, mais, cette fois encore, les vœux des chambres canadiennes ne furent pas exaucés. Lord Bathurst donna la raison de ce refus dans une lettre adressée à l’évêque de Québec: « Sa Majesté, dit-il, croit nécessaire aux intérêts généraux de la colonie, de différer la considération de ce bill, jusqu’à ce que la législature aurait décidé sur des autres mesures qui ont été depuis longtemps en discussion...» Ces mesures se rapportaient à la liste civile que la Chambre d'Assemblée refusait de voter pour la durée de la vie du roi, selon ce quise pratiquait en Angleterre. Ce ne fut qu’en 1824, qu'on obtint pour les fabriques de la campagne, le droit de posséder des terrains et des maisons pour l’établissement d'ecoles paroissiales. Plus tard enfin, les droits de la justice triomphèrent, des écoles communes furent fondées, et l'institution royale disparut, sans avoir produit les résultats qu’en avaient attendus ses partisans.

Mgr Plessis lutta pendant tout son épiscopat pour la grande cause de linstruction publique. Il favorisa de tout son pouvoir les démarches de son grand vicaire, M. Burke, pour établir un collège à Halifax; mais là encore le fanatisme protestant empêcha la réalisation de ce projet, qui aurait été si utile à la religion : le gouvernement refusa d'admettre des Jésuites, et même quelques prêtres français qui avaient appris l’anglais à Londres et à qui l’on voulait confier le soin

Lu hi Rue | “., f Le ee EU 2 À 4 |

de la nouvelle institution. Il fallut attendre des jours meilleurs ; M. Burke envoya au Séminaire de Québec plusieurs des jeunes gens qui devaient faire leurs études à la maison d'Halifax.

Mer Plessis fut plus heureux à Nicolet où il devint le fondateur du collège. A son avènement au siège de Québec, cet établissement n'existait plus, car la mort inattendue de Mgr Denaut l’avait fait passer en des mains étrangères, qui l'offraient alors au plus haut enchérisseur, Non content de l’'acquérir de ses propres deniers, Mgr Plessis fit ajouter une aile à l’ancienne maison de M. Brassard, la dota de biensfonds, et durant le reste de sa vie, continua à faire des dépenses considérables pour le soutien de cette institution, qui, sans le concours de son généreux bienfaiteur, aurait probablement été condamnée à périr.

Le Collège de Nicolet devint un objet de prédilection pour Mgr Plessis, qui semblait en être le premier directeur. Ce fut lui qui rédigea les premiers règlements. Deux fois par mois, il écrivait au supérieur, M. Raimbault,et au directeur, pour leur donner des avis, leur suggérer des améliorations et les encourager dans leur pénible travail. Des notes sur le compte des élèves lui étaient fréquemment transmises, de sorte qu'il connaissait les talents et les qualités de chacun des professeurs et des écoliers qui avaient passé quelques années dans le collège, et pouvait d'avance juger s’ils étaient propres ou non, à l’état ecclésiastique.

Dans la suite, il eut la consolation d'admettre dans son clergé beaucoup d'élèves de cette maison, parmi lesquels cinq ont été honorés de la dignité épiscopale.

Peu après la fondation de Nicolet, le prélat fut heureux de trouver un coopérateur à l’œuvre de l'instruction, dans

jours meilc plusieurs \ la maison

vint le fonde Québec, attendue de ngères, qui content de ajouter une ta de biensà faire des institution, teur, aurait

Lection pour recteur. Ce Bux fois par u directeur,

éliorations notes sur le nsmises, de S de chacun sé quelques s'ils étaient

re dans son mi lesquels

ut heureux ction, dans

l’un de ses plus anciens et de ses meilleurs amis, M. Antoine Girouard, curé de Saint-Hyacinthe, homme doué d’un noble cœur et remarquable par la solidité de son jugement. Dans le but de combler le vide qui se faisait peu à peu dans le clergé, ce digne curé conçut le projet de fonder une maison destinée à former des prêtres pour l’Église, et des laïques instruits, capables de défendre les intérêts de leurs concitoyens. L'évêque de Québec lui écrivit : « Vos projets sont si conformes à ma manière de voir, que j'y souscris d'avance, persuadé que Dieu en tirera sa gloire. Je voudrais que tous les curés du diocèse pensassent comme vous et sussent faire un pareil usage de leurs revenus, »

L'œuvre du curé de Saint-Hyacinthe fut puissamment favorisée par l’évêque de Québec, qui fournit à la nouvelle institution, des professeurs et des directeurs, tirés en partie de sa maison de Nicolet et en partie du Collège de Montréal. Il traça lui-même les règlements des élèves, et, en 1817, il ajouta pour l’avantage des ecclésiastiques employés comme régents, une série d'instructions propres à les diriger dans leurs études, et à les rendre dignes de servir un jour l’Église dans l'exercice du ministère sacerdotal.

Pendant que Mgr Plessis était curé de Québec, son attention s'était portée sur les besoins spirituels du faubourg Saint-Roch, qui semblait dès lors destiné à prendre de grands accroissements. Il devenait important de pourvoir aux besoins futurs de ce quartier. En 1811, M. John Mure lui donna un emplacement situé alors au milieu d’un champ et bien au delà des dernières habitations. La même année, les fondations d’une église y furent commencées, et au moyen de quelques quêtes, mai surtout avec des sommes

490 NOTICES BIOGRAPHIQUES prélevées sur la bourse de l’évêque, elle était presque terminée et allait être livrée au culte, lorsque, vers la fin de l’année 1816, un violent incendie la réduisit en cendres et ne laissa debout que des murailles noircies et lézardées.

Le prélat reçut la nouvelle de cet accident avec son sang-

froid ordinaire ; et pendant que le feu continuait ses ravages,

il prenait des mesures pour le rétablissement de l'édifice, En effet, l’ouvrage fut repris, dès que la saison le permit, et poussé avec tant d'activité, qu'au mois d'octobre 1818, l'évêque eut la consolation de consacrer la nouvelle église, Cependant, s’il avait réussi, c'était aux dépens d'énormes sacrifices de sa part : car ses ressources étaient épuisées, et il restait chargé d’une dette de deux mille louis.

Ses vues bienfaisantes se portaient encore plus loin : il prévoyait que la maison de Dieu serait bientôt environnée d’une nombreuse population catholique, à laquelle il avait préparé les moyens d'obtenir l'instruction religieuse; il voulut aussi que la jeunesse trouvât sur les lieux, des instituteurs capables de la former et de l'éclairer. Dans l’année 1795, il avait fondé une école dans le faubourg Saint-Roch ; à cette première marque de sa bienveillance, il crut devoir ajouter un second bienfait, en établissant un collège, où des jeunes gens doués de talents et appelés à l’état ecclésiastique, pourraient à peu de frais, commencer un cours d’études, qu'ils iraient terminer soit au Séminaire de Québec, suit au Collège de Nicolet.

En conséquence de cette résolution, au mois d’octobre 1818, des classes furent ouvertes dans la vaste maison qui servait de presbytère ; quelques ecclésiastiques, placés sous la conduite des chapelains qui desservaient l’église, furent

que termis la fin de ndres et ne lées.

‘€ SON sangses r'AVALES, de l'édifice.

le permit, et stobre 1818, ivelle église.

s d'énormes | épuisées, el plus loin : il t environnée uelle il avait use; il voulut ; instituteurs nnée 1795, il och ; à celte evoir ajouter bù des jeunes stique, pourétudes, qu'ils it au Collège

is d'octobre e maison qui s, placés sous bolise, furent

MGR PLESSIS 491 employés comme régents, et bientôt l'institution entra en pleine opération.

L’évêque avait tracé lui-même le plan d’études, qui tendait à abréger la longueur du cours ordinaire. Au bout de trois ans, les élèves devaient savoir le laiin, l’anglais, les mathématiques et avoir des connaissances fort étendues dans la géographie et l’histoire.

Ce plan avait l’avantage de faire terminer le cours d’études en six années ; il réussit pour les élèves studieux et doués de bons talents ; mais pour les jeunes gens d’une capacité ordinaire, il n’eut pas le succès qu’en attendait son auteur. Possédant une merveilleuse facilite, il oubliait que la plupart des hommes n'arrivent à la science que par un travail long et pénible. Néanmoins, pendant les dix ou onze ans que ce collège fut en opération, il fournit un bon nombre d'élèves, qui terminèrent ailleurs leurs études, et firent honneur à leurs premiers professeurs,

Convaincu qu’il importe plus d’avoir de bons prêtres que d'en avoir beaucoup, Mgr Plessis apportait un soin extrême à bien choisir les jeunes gens qu’il admettait à l’état ecclésiastique ; il surveillait les élèves de son grand séminaire ; il les interrogeait lui-même pour découvrir leurs talents, il senquérait fréquemment de leur caractère etde leur conduite. Les dimanches, il leur donnait une conférence soit sur l'écriture sainte, soit sur le rituel ou sur administration des paroisses. Il rendait cette instruction si intéressante, que tous y assistaient avec plaisir, à l’exseption toutefois de ceux dont la conscience était chargée de quelques fautes commises dans les cérémonies ou dans le chant, ou contre la fidélité au règlement de la maison.

Page 1