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Mgr Plessis se montrait sévère, mais il en avait le droit,
car il était pour tous les élèves du sanctuaire une leçon vivante et il pouvait être regardé à bon droit comme la forme et le modèle de son clergé. Sa solide piété, ses mœurs irré. prochables, son attachement à observer la discipline de l'Église, sa régularité extrême, en faisaient un ecclésiastique accompli sous tous les rapports. Aussi les exemples et les maximes du grand évêque ont laissé sur le caractère du clergé canadien une empreinte qui demeurera ineffaçable et qui s’est étendue sur le peuple toutentier. L'église du Canada se sentit grandir avec un pareil homme à sa tête, elle reçut de lui une impulsion qui miten mouvement toutes ses forces, et comme emportée par le souffle puissant de ce génie, elle fit un pas immense dans la voie de ses destinées divines.
La plupart des prêtres aimaient Mgr Plessis comme des enfants aiment un père et ils avaient une confiance illimitée dans ses grandes lumières.
«Si j'avais offensé cet homme-là, disait un jour M. Painchaud, fondateur du Collège de Sainte-Anne, je consentirais à me traîner sur les genoux, depuis mon presbytère jusqu’à Québec, pour lui demander pardon de ma faute.»
Mgr Plessis demeura toute sa vie au Séminaire de Québec; il y observait, autant qu’il le pouvait le règlement qu'il avait suivi pendant qu’il était curé. Sa journée se prolongeait depuis quatre heures et demie Gu matin jusqu’à onze heures et demie du soir ; son temps était réglé soigneusement et ménagé avec la plus stricte économie. Ses occupations journalières, variées dans leur objet immédiat, aboutissaient toujours au même but principal: la gloire de Dieu d’abord, puis l'avantage du prochain.
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Comme saint Paul, il pouvait dire qu’il avait la sollicitude de ous les églises ; car, de son cabinet, il dirigeait toutes les affaires TOHEIBNEE de son vaste diocèse. Seul, il faisait tout mouvoir : communautés, séminaires, collèges, missions paroisses. Aussi sa correspondance était immense et un brassait toutes sortes d’affaires, depuis celles qu'il traitait avec la cour de Rome et le ministre des colonies, jusqu'aux directions qu’il adressait à l’'économe du Collège de Nicolet ou aux avis paternels qu’il donnait au plus jeune de ses prêtres. Tous ceux qui lui écrivaient étaient assurés de recevoir, dans le plus court délai, une réponse de la main même de leur évêque. Il entretenait des rapports suivis avec le cardinal préfet de la Propagande, avec les gouverneurs du Canada, et avec les évêques d'Angleterre, d'Irlande et des États-Unis.
Ce serait une erreur de croire que Mgr Plessis fût tellement absorbé par les affaires qu’il ne prît aucune part aux récréations du séminaire. Tous les soirs après le souper, il causait familièrement avec les directeurs et les prêtres attachés au service de la cathédrale. Il savait rendre la conversation utile et agréable par le sel attique de son esprit, par le charme de ses narrations et par l’étendue de ses connaissances, Au fond de son âme, il y avait une forte dose de gaieté ; elle était comprimée ordinairement par les exigences de sa pasi. tion, mais souvent elle débordait malgré tous ses efforts Dour l’étouffer.
L'abbé Ferland raconte à ce sujet des anecdotes infiniment Sr et qui nous montrent le grand Plessis, dans des circonstances même solennelles, aux prises avec des envies de rire à faire mourir un homme moins énergique que lui.