‹ Les évêques de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 83 sur 132 · FA · texte numérisé non relu

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comme une aliénationde biens ecclésiastiques. Pendant qu’ils étaient à Rome, la nouvelle des négociations alors pendantes à Londres, ei entamées à l’insu des évêques du Canada, transpira dans la province, où elle causa beaucoup d'alarmes aux catholiques. C'était, en effet, reconnaître tacitement que les droits du Séminaire de. Montréal à la jouissance de ses propriétés n'étaient point clairement établis, puisqu'on recourait à un compromis. J’une après l’autre, les institutions religieuses pouvaient être atlaquées dans la possession de leurs biens, si un précédent aussi déplorable avait lieu. Des rentes fournies par l'État auraient assujetti les commu. nautés aux caprices du gouvernent civil, qui, dans l’occasion, aurait trouvé le moyen de satisfaire sa mauvaise humeur, en différant les payements. ou même en en retranchant une partie. On citait plusieurs pays où le clergé, “après avoir été forcé d'échanger ses possessions territoriales contre’des rentes sur l'État, avait été réduit à la misère?par le mauvais vouloir des gouvernants, ou par suite d’embarras dans les finances publiques. D'ailleurs, le Séminaireïde Montréal avait rendu trop de services à la province pour qu'on lui permit de se sacrifier ainsi, dans la vue d'obtenir de ses ennemis une paix qui ne.lui aurait pas été accordée ; car une fois la spoliation commencée, on ne se serait pas arrêté en si beau chemin.

« Tout le clergé catholique du Canada, ayant à sa tête les évêques de la province, adressa donc une requête au gouvernement impérial, pour réclame: contre celte transaction forcée et injuste. En 1829, deux délégués, MM. Maguire et Tabeau, se rendirent à Rome et à Londres, pour soutenir les représentations du clergé. Éclairée sur le caractère de cette

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cession, la cour pontificale refusa de la sanctionner. Le ministère anglais ne se rendit pas aussi facilement, quoiqu’une requête, remarquable par la largeur des vues et la noblesse des sentiments, lui eût été présentée en 1830, par la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada, à l'appui des protestations du clergé. L'affaire traîna encore pendant quelque temps. L'évèque Panet, dont la fermeté était inébranlable lorsqu'il avait une fois pris son parti, adressa er 1832, à lord Aylmer, un mémoire dans lequel il soutenait la justice de laisser le Séminaire de Montréal dans la jouissance de toutes ses seigsneuries.

« Intéressé comme je le suis, disait le prélat, à la conservation des biens ecclésiastiques de mon diocèse, je croirais manquer aux devoirs de ma charge, si je ne faisais mes efforts pour les conserver à ceux que je ne ruis m'empècher de regarder comme leurs légitimes possesseurs...

« Votre Excellence me permettra de lui faire passer une copie d’un mémoire que mon digne prédécesseur, M. J.-0. Plessis, présenta en 1819, à lord Bathurst, sur l'affaire qui fait l’objet de ma présente lettre. Ce prélat, dont ia mémoire sera toujours chère aux Canadiens, prévoyait, dès cette époque, les maux qui résulteraient pour la province, de la mesure qu'on désire amener aujourd’hui à conclusion. A son exemple, je prie Dieu qu’il termine ma carrière, avant d’avoir à déplorer les suites d’une transaction qui, si elle a lieu, ne pourra qu'être funeste à la religion, et désavantageuse à la province, et à laquelle ma conscience ne peut me permettre de prêter jamais les mains. »

« Devant cette formidable opposition de toute la province, le projet fut enfin abandonné, et le Séminaire de Montréal demeura en possession de ses biens. »

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Mgr Panet avait donné à MM. Maguire et Tabeau des instructions détaillées sur les sujets importants qu’ils avaient à traiter à Rome et à Londres. Ils étaient chargés non seulement d'empêcher la transa. ion demandée par les Sulpiciens, mais encore d'obtenir l'érection de l'évêché de Montréal.

« Depuis 1783, dit l’évêque de Québec dans ses instructions on demande un évêque à Montréal. Il y en a un depuis le

21 Janvier 1821, mais le mode de gouvernement qui a été établi alors ne plaît point. On voudrait un évêque titulaire. Pour obtenir cette faveur, il s’agit de faire valoir par des mémoires, si c’est nécessaire, les raisons que les députés savent eux-mêmes et qu’il serait inutile de répéter ici. La nomination de l’évêque catholique de Montréal devra être sur le même pied que celle de l’évêaue de Québec. Si le ministre convient de la nécessité du nouveau diocèse, il faut que l’évêque de Montréal ait les mêmes pouvoirs au civil que celui de Québec, qu'à cet effet Le ministre écrive au gouverneur de faire passer un bill par la législature provinciale, par lequel l’évêque catholique de Montréal soit reconnu au civil, partout où l’est l’évêque de Québec.

« Quant à un vicariat apostolique, il n’y faut pas songer. L'évèque de Québec et son coadjuteur y sont formellement opposés, parce que cet ordre de choses ne produirait pas le bien qu’on devrait attendre d’un évèché en titre. »

Cette seconde requête n’eut pas le même succès que la première, puisque le diocèse de Montréal ne fut érigée qu’en 1836 ; elle montre toutefois les droites intentions de Mgr Panet, et son grand désir de délivrer l’évèque de Telmesse de tous les soucis que lui créait la position douteuse qu'il occupait à Montréal.

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