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occupés aux fonctions du ministère, à raison de leur petit nombre, n’ont que peu ou presque point de temps à donner à l'étude. Cependant, quoique pour cette raison le plus grand nombre ne puissent pas acquérir autant de science qu’il serait à souhaiter, il s’en trouve plusieurs qui, par leurs lumières, font honneur à l’Église, et servent la cause de la religion dans cette partie de la catholicité. Au reste, si le clergé canadien n’est pas aussi instruit qu’on pourait le désirer, il se fait du moins remarquer par l'esprit de régularité et de charité qui l'anime, et par sa fidélité à remplir les devoirs de son ministère. Il est juste d'observer que si l'éducation à fait quelques progrès dans le pays, c’est principalement aux efforts et aux sacrifices constants du clergé qu'on en est redevable. »
L’évèque parle ensuite des missions de la Rivière-Rouge fondées en 1818, à sept cent-cinquante lieues de Québec, et confiées aux soins de Mgr Provencher son suffragant, ot de celles de la Colombie, éloignées de dix-huit cents lieues, établies en 1838, et dirigées par quatre prêtres dont l’un était son grand-vicaire.
Mgr Signay pouvait écrire avec connaissance de cause sur l’état de la religion dans son diocèse, car il le connaissait parfaitement. S'il ne put se rendre dans les missions loin- ‘aines dont nous venons de parler, il visita trois fois toutes ‘s paroisses du district dont il avait la charge, et rien ’échappait à son regard investigateur.
« La visite de l’évêque, dit le prélat dans le mémoire déjà cilé, se fait tous les cinq ans dans chacune des paroisses du diocèse, Gelle visite ne se réduit pas seulement à donner la confirmation, à inspecter les églises et à régler les affaires
de fabrique, mais elle est accompagnée d’une mission de plusieurs jours dans chaque paroisse, afin de donner aux pécheurs l'occasion de se reconnaître. »
Il faut lire les cahiers des visites épiscopales de Mgr Signay, pour se faire une idée du soin avec lequel il s'acquittait de cette laborieuse et importante fonction. Extrèmement zélé pour la dignité du culte extérieur et pour tout ce qui touchait aux rubriques et aux cérémonies, il laissait presque partout des ordonnances détaillées pour l’embellissement des églises et l'achat d’ornements convenables, Aussi pouvait- ‘l'écrire à Rome que presque toutes Les églises du diocèse élaiont propres, élégantes et bien fournies des choses nécessaires au Culte. Ses visites, sous ce rapport en particulier, produisirent d'excellents effets qui se font sentir encore aujourd’hui.
En 1847 et 1848, le prélat entreprit pour la quatrième fois la visite de son diocèse, et se félicita de ce que son âge avancé et les infirmités qui en sont inséparables lui eussent laissé la force d’aller bénir encore une fois son cher troupeau ; mais, l’année suivante, il lui fallut abandonner cette tâche à son coadjuteur à qui il remit aussi, le 10 novembre 1849, l'administration du diocèse. « Maintenant, disait-il à ses diocésains en leur annonçant sa démission, nous sentons que la main de Dieu réclame les dons qu’elle nous a confiés. Nous touchons au terme de notre carrière, et nos forces épuisées nous avertissent que nous quitterons bientôt ce séjour de travail] et de fatigue pour aller nous présenter au tribunal du souverain juge. »
Mgr Signay employa ce qui lui restait de jours, à se préparer pour ce jugement final que les évêques doivent subir
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comme les prêtres, comme les simples laïques, et il travailla à purifier de plus en plus sa conscience qui avait toujours été d’une grande délicatesse. Pendant la retraite ecclésiastique de 1850, sa piété et son exactitude à suivre les exercices, malgré ses infirmités, firent l'édification de tous ses prêtres. Le 1er octobre, à 10 heures du matin, il était à écrire une lettre au directeur de son cher séminaire de Nicolet, quand un prêtre, nommé à une paroisse nouvelle dépourvue de tout, entra dans sa chambre et lui demanda quelque secours pour sa pauvre chapelle. Le charitable prélat lui donna un missel, disant avec tristesse : « c’est le dernier que je donne; je n’en ai plus et je n’ai pas le moyen d’en acheter d’autres. » Quelques instants après avoir ainsi donné son dernier écrit à Nicolet et sa dernière aumône à une mission, le vénérable archevêque fut frappé de paralysie, et languit pendant deux jours encore, dans un état presque complet d’insensibilité. Puis il rendit doucement son âme à Dieu, le 3 octobre 1850, à l’âge de 71 ans et 11 mois. Les funérailles eurent lieu le 7, à la cathédrale, et furent les plus solennelles et les plus imposantes dont Québec eût été témoin. M. l'abbé Taschereau prononça l'éloge funèbre.
L’épiscopat de Mgr Signay est l’un des plus importants dans l’histoire ecclésiastique de Québec. La liberté religieuse fut à jamais assurée, des réformes importantes furent opérées dans l'administration des paroisses, des sociétés infiniment utiles furent établies sur des bases solides, de nouveaux ouvriers apostoliques vinrent travailler à l’œuvre des mis sions, la colonisation prit un nouvel essor, l'éducation de la jeunesse fut placée pour toujours sous le contrôle du clergé, et la piété reçut uu accroissement vraiment prodigieux. Si
ces progrès ne doivent pas être entièrement attribués à l'initiative de l’archevêque de Québec, ils n’en font pas moins l'honneur de son administration épiscopale. Les souverains les plus remarquables ne gaguèrent pas eux-mêmes toutes les batailles ni ne firent tous les chefs-d’œuvre qui ont immortalisé ieurs règnes. Mgr Signay avaient à ses côtés des généraux habiles pour conduire la milice de sou clergé, des architectes de talent pour élever à la gloire de l'Église des monuments impérissables. [1 avait pour coadjuteur, Mgr Turgeon, destiné et préparé à l’épiscopat par Mgr Plessis lui-même. Son secrétaire était l'abbé CO. F. Cazeau, dont lhabileté pour l'expédition des affaires ne peut être comparée qu’à son inépuisable charité. [Il avait des conseillers comme un Jérôme Demers, un Joseph Aubry et un Antoine Bédard ; des éducateurs de La jeunesse comme les Casault, les Tasche. reau, les Paiuchaud, les Leprohon, les Raimbault; @es prédicateurs comme les Mailloux et les Quertier ; des missiounaires comme les Provencher, les Taché, les Blanchet, les Demers, les Laflèche, les Dumouliu, les Bolduc, les Poiré, les Durocher, les Honorat et d’autres encore dont les noms feront toujours l'honneur de l’Éghse et du Canada.
« Cette petite église de Québec, dit l’abbé Ferland, qui, en 1763, ne renfermait que 70,000 fidèles, qui ne possédait qu'un petit nombre de prêtres, qui se trouvait privée de son premier pasteur, alors qu’elle passait sous la domination d’une puissance protestante, a jeté de profondes racines dans le sol ; elle à étendu ses rameaux, et produit des fruits abondants de sanctification.
« À la mort de Mgr Signay, Le Canada catholique possédait 1 archevèêché, 4 évèchés, 572 prêtres ; plus de 100 étudiants
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es côtés des clergé, des l'Église des juteur, Mgr Mgr Plessis Cazeau, dont tre comparée illers conime oiue Bédard ; LL, les Tasche:
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en théologie ; 900,000 membres de l’Église ; 1,800 élèves recevant une éducation collégiale dans onze institutions ecclésiastiques ; 3 ordres religieux s’occupant de l’instruction primaire des garçons ; 4 maisons de jésuites et 3 d’oblats ; 50 communautés de filles chargées de l'instruction des enfants de leur sexe, du soin des malades et des orphelins ; 400,000 membres de la société de tempérance. »
Mgr Signay avait promu au sacerdoce soixante-douze
prêtres, et consacré deux évêques, Mgr Turgeon et Mgr McDonald.
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