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député auprès du Saint-Siège, prend la liberté de se prosterner aux pieds de Votre Sainteté et de lui exposer humblement :— Que les longs délais du Saint-Siège à accorder l'institution canonique à M. l’abbé P. F. Turgeon, l’un des directeurs du Séminaire des Missions-Étrangères de Québec, et destiné à être coadjuteur de Québec, avaient rempli depuis quelque temps le cœur du dit seigneur archevêque de deuil, et sensiblement affligé le clergé de son diocèse ; mais que les bruits récents d’un projet à Rome de substituer le nom d’un certain individu inconnu au diocèse, à celui de M. l'abbé Turgeon, étaient venus augmenter les inquiétudes déjà accablantes du dit seigneur archevêque et de son clergé, et avaient répandu la consternation parmi les fidèles à un degré difficile à décrire ;— Que dans ces circonstances douloureuses, le dit seigneur archevêque, appuyé des dignitaires de son église et eucouragé tant par son clergé que par les laïques les plus recommandables de son diocèse, s’est décidé, malgré les énormes dépenses qui doivent en résulter, à députer le dit Thomas Maguire vers le Saint-Siège, pour représenter très respectueusement à Votre Sainteté :— Que le dit seigneur archevêque connaissait parfaitement et respectait profondément l’ordre du Saint-Siège, exprimé dans la lettre de Votre Sainteté du 8 août 1829, lorsque Votre Sainteté était Préfet de la sacrée congrégation de la Propagande, lequel portait qu’il fallait présenter au Saint-Siège plus de trois noms pour le choix des coadjuteurs de Québec ; mais que c'était l’intime persuasion’ du dit seigneur archevêque, aussi bien que de son illustre prédécesseur, le seigneur archevêque Panet, de pieuse mémoire, que cet ordre devait affecter seulement les élections futures des coadjuteurs de Québec,
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mais non celle de M. l'abbé Turgeon :— Que c’est sous cette impression et dans la meilleure foi, que le dit abbé Turgeon a été proclamé coadjuteur, par le dit seigneur archevêque, dans un mandement solennel adressé à son diocèse ; —Qu'il a été reconnu et complimenté comme tel par le clergé et les autorités civiles du Bas-Canada ;-— Qu'il a reçu... l’'approbation gracieuse de Sa Majesté Britannique, notifiée dans une dépêche de l’un de ses ministres d’État, et qu’il a prêté le serment usité, au représentant de sa dite Majesté, le gouverneur général des Canadas ; — Qu'il a été nommé membre de la corporation du Séminaire de Nicolet, établissement précieux pour la religion en Canada, et a été reconnu en
cette qualité au civil ; — Enfin que le dit abbé a été créé
vicaire général du dit seigneur archevêque et a dès lors et depuis partagé avec lui l'administration de son immense diocèse. Votre pétitionnaire prend respectueusement la liberté d’appeler toute l’attention de Votre Sainteté sur cet état de choses et de la supplier humblement de prendre en sa considération la plus sérieuse les scandales déjà occasionnés au Canada par la présente question et les inconvénients encore plus graves qui pourraient résulter d’un plus long délai de la confirmation de l'élection de M. l'abbé Turgeon.
« Parmi ces inconvénients, il convient de signaler à Votre Sainteté, comme l’un des plus considérables, la quasi-impossibilité de revenir sur l'élection de M. l’abbé Turgeon, avec un gouvernement protestant, qui, loin de reconnaitre la suprématie du Pape, s’arroge, comme prérogative de sa couronne, le droit d'intervenir dans la nomination des évêques
de Québec... Et cette opinion, appuyée sur de nombreux faits, n’est pas particulière au dit seigneur archevêque et à