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la fin. La lettre suivante qu’il adressait à M. Carleton, alors à Londres, nous fait connaître ce qu'il pensait du gouverneur et des démarches que l'on faisait pour en délivrer la colonie :
« Les députés m'ont dit que Votre Excellence avait été surprise que je n’eusse pas paru dans le mémoire, et que c'est pour cela que le Gouvernement n'avait pas octroyé leur demande. On a pensé que c'était par crainte du gouverneur; oh! non. De ma vie je n'ai craint homme, je me reproche même, à présent que je suis aux portes de la mort, de ne pas assez craindre Dieu, mon redoutable juge. J'ai l'honneur d’être connu de Votre Excellence; je sais aimer, mais non craindre. Les bontés me rendent faible et mou, les grossièretés et les duretés me trouvent homme et ferme. La conduite du gouverneur, dont on trouve des exemples à la Chine et au Japon, et point à Constantinople, avait causé de la fermentation dans les laïques et dans le clergé. J'écrivis pour en détruire ou au moins pour en affaiblir l’odieux. On n’y eut pas assez d'égard. On alla en avant, et je ne crus pas qu’il me convint d'approuver une démarche que je croyais trop précipitée et avoir un air d'humeur. L'objet était bon, je l’approuvais, Je l'approuve encore, et je vous supplie de le favoriser, de le soutenir de toute votre influence, et de faire sentir à la cour que c’est le seul moyen de maintenir la paix et la tranquillité dans la colonie. » (30 juin 1874.)
L'habeas corpus fut accordé, mais comme on privait de ce privilège les communautés religieuses du diocèse, elles présentèrent un mémoire au Conseil législatif pour réclamer contre cette exclusion injuste.
1 Ce mémoire fut signé par MM. Bédard, Gravé et Lahaille du séminaire de Québec, par le Père Félix Berey, supérieur commissaire des Récollets, et par les supérieures, assistantes et discrètes des Ursulines, de l'Hôtel-Dieu et de l'Hôpital- Général de Québec.
Le Conseil fit droit à leur demande, et bientôt l’évêque fut informé officiellement de l'heureux résultat de l'affaire. Il écrivit de suite au président, lord Hamilton, pour lui témoigner sa reconnaissance, et il ajoutait : « Si je désire quelque relâche à mes maux, c’est pour continuer à m'user au bien de la province, à retenir toutes les communautés et les peuples que Dieu m'a confiés, dans l’obéissance au roi et à son auguste Parlement.
« J'ose vous prier de consigner dans vos registres ce présent témoignage de mon dévouement à Sa Très Gracieuse Majesté, de mon éternelle reconnaissance pour vos faveurs, et du profond respect avec lequel je suis, etc. »
Haldimand fut rappelé en 1874; il demandait luimême son retour depuis deux ans. L'administration de la province fut confiée temporairement au lieutenantgouverneur Hamilton, puis au colonel Hope, et, en 1786, sir Guy Carleton revint comme gouverneur avec le titre de lord Dorchester. « Ce fut, dit l'abbé Casgraint, le plus habile homme d’État que la Grande- Bretagne ait eu dans la colonie. Par sa prudence et son esprit conciliant à l'égard des Canadiens, il valut à l'Angleterre plus qu'une armée, et l'on peut dire que, si Wolfe a conquis le Canada, c’est Carleton qui l’a conservé. Nommé gouverneur du pays à quatre époques différentes, il y a laissé une réputation que le temps n’a pas fait oublier. » .
On verrs. dans les chapitres suivants quelle fut la conduite de cet homme illustre dans la question des Jésuites et pendant l'insurrection américaine, en même temps que nous parlerons du rôle qu’eut à jouer Ms" Briand au milieu de ces événements remarquables. Ce qui précède suffit, croyons-nous, pour montrer quels furent les rapports du prélat avec les différents gou-
* Histoire de l’Hôtel-Dieu de Québec.
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