‹ Les Evêques et archevêques de Paris depuis Saint Denys jusqu'à nos jours avec des documents inéditsChapitre 33 sur 52 · LA LITURGIE PARISIENNE · texte numérisé non relu

LA LITURGIE PARISIENNE

Le principal argument des défenseurs de la liturgie parisienne dans la première partie de ce siècle était celui-ci : •< Il est constant, disaient-ils, que la liturgie française est trop différente de la romaine pour qu'on puisse croire qu'elle en soit issue; on a au contraire tout lieu de la juger d'origine orientale, tant parce qu'elle présente d'abord en elle-même beaucoup d'analogie avec les rites des églises d'Orient, que parce que nos premiers apôtres nous vinrent d'Asie. -

L'étude consciencieuse des faits détruira aisément cette objection. Il est hors de doute que durant tout le moyen âge, et durant la période antérieure, il n'a existé dans tout le monde latin qu'une seule et même liturgie ; et, que ce qu'on est convenu d'appeler la liturgie parisienne , adoptée dans presque toute la France vers la fin du xv!!!"" siècle, ne saurait remonter au delà des premiers archevêques de Paris.

o3G LES ÉVÉQUES ET ARCHEVÊQUES DE PARIS.

Il s'éleva à Rome sous Charlemagne, une dispute entre les chantres romains et les chantres français de la chapelle de l'empereur. Nos compatriotes prétendaient que leur chant était plus beau que celui de Rome, les Italiens soutenaient au contraire qu'ils suivaient exactement le chant de saint Grégoire et que les Français qui venaient de l'adopter, l'avaient déjà corrompu; la querelle s'échauffa. Des raisons on en vint aux injures : les Italiens traitaient les Français d'hommes grossiers qui ne savaient pas mieux vivre que chanter. Nos chantres perdaient patience, quand l'autorité de l'empereur s'entremit à propos pour empêcher qu'on en vînt aux mains.

— Quel est le plus pur de la source ou du ruisseau qui en coule? dit-il à ses chantres.

— La source.

— Eh bien! retournez à la source, car il est évident que vous avez corrompu le chant ecclésiastique.

Jusqu'au xvii"' siècle, on ne remarque dans la liturgie suivie à Paris, que l'introduction de quelques hymnes ou othces détachés, composés par ordre des évêques et qui prenaient place dans le ^Missel. La publication du premier Missel parisien fut faite en 1G15 sous l'inspiration du CARDINAL HENRI DE GONDY, le dernier évéque de Paris ; elle fut suivie de la publication d'un Bréviaire à l'usage du diocèse en 1617.

Ces deux ouvrages ne contiennent aucune différence notable avec les missels et bréviaires adoptés à Rome.

IIARLAY fit publier, vers 1670, une nouvelle édition du Rituel, du Missel et du Bréviaire de Paris; on y remarquait d'assez sérieuses innovations.

Ce fut aussi sous l'épiscopat de Harlay que Joseph de Voisin publia son Missel 7'omain traduit en langue vulgaire (4 vol. in- 12 — 1660). Le souverain-pontife proscrivit cet ouvrage, - comme une entreprise insensée, contraire aux lois ainsi qu'à l'usage de l'Eglise, et uniquement propre à occasionner la profanation des sacrés mystères. «

LE CARDINAL DE NOAILLES donna une nouvelle édition des livres liturgiques publiés par son prédécesseur, à l'usage du diocèse de Paris, tels que Bréviaire, Missel, Procession7ial ; il y ajouta un Rituel, un Céré7nonial, un Martyrologe et un livre de Canons. Ces derniers livres, empreints de l'esprit qui animait l'archevêque, dérogeaient formellement aux rites et aux usages de l'Eglise universelle. Ils tendaient à former ce qu'on appela dans la suite la liturgie parisienne.

M. DE VINTIMILLE, le successeur de M. de Noailles sur le siège de Paris, consomma son œuvre liturgique. Il fit composer un Bréviaire jiarisien, par Viger; Mesenguy et Coffin : Mesenguy, acolyte, célèbre par ses écrits contre la bulle Unigenitus, en faveur de l'appel ; Coffin, simple laïque, également janséniste renforcé, à qui le curé de Saint-Etienne du Mont, refusa les sacrements à l'article de la mort; Viger,

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oratorieii, qui refusait d'admettre la bulle adoptée par l'Eglise catholique, la qualifiait de Règlement provisoire de 2'jolice, et en écartait le caractère de règle de foi.

Ils sont ces trois hommes qui furent chargés de composer pour l'Eglise de Paris, la plupart des hymnes qu'elle chantait encore il y a dix ans au lieu des hymnes de l'Eglise romaine.

Leur œuvre fut ce qu'elle devait être et sa publication fit un tel scandale, qu'après beaucoup d'incertitudes et de délibérations, M. de Vintimille et son conseil prirent le parti de placer des cartons aux endroits qui choquaient le plus les catholiques^. On commença donc une nouvelle édition (1736), mais les changements furent peu nombreux et n'atteignirent pas le fond du nouveau Bréviaire.

Les partisans de l'hérésie janséniste ne s'eiï'rayèrent pas de la réprobation dont leur Bréviaire était frappé, ils firent composer par Mesenguy un nouveau Missel, en harmonie avec le nouveau Bréviaire. M. de Vintimille, cédant par faiblesse à leurs obsessions, le pronuilgua en 1738. Conçu dans le même esprit que le Bréviaire, le Missel de Mesenguy fut pourtant moins répréhensible ; on peut se faire idée toutefois de l'orthodoxie de ses auteurs en considérant que Mesenguy se fit assister dans la composition de sa liturgie nouvelle

(1) Fisquet. — F. a France pontificale.

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l)ar le docteur Boursier, alors expulsé de la Sorbonn(^ et mort sans avoir rétracté son appel de la bulle. Malgré toutes les réclamations qui se firent jour, M. de Vintimille parvint à imposer sa liturgie à tout son diocèse. Ce fut par le fait l'imposer à la moitié de la France, car trente ans après l'apparition du Missel et du Bréviaire (1738), la liturgie romaine avait disparu des trois quarts de nos cathédrales et sur ce nombre, cinquante avaient adopté l'œuvre des trois jansénistes.

M. de Vintimille avait également édité un Processionnal en 1740. Sous l'épiscopat de CHRISTOPHE DE BEAUMONT, l'assemblée du clergé de 1765 ayant invité les évêques à favoriser la dévotion au Sacré- Cœur de Jésus, l'archevêque de Paris publia en 1767, un Office détaché de cette fête, pour les paroisses qui étaient dans l'usage de la célébrer.

Le même prélat chargea MM. Joubert et Simon, de Saint-Sulpice, de corriger les fautes qui se trouvaient dans le Bréviaire du diocèse et d'y faire quelques changements.

On vit donc paraître, en 1777, une nouvelle édition du Missel, à la tête de laquelle on laissa le Mandement de M. de Vintimille, du 19 mars 1738 : elle fut bientôt suivie d'une nouvelle édition du Bréviaire, en 1778. Parmi les changements se trouvait une messe du Sacré- Cœur, dont la rédaction excita quelques plaintes. Sur les réclamations du chapitre métropolitain, il se tint à l'archevêché, une assemblée des députés du chapitre et

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de MM. JoLibert et Simon, et l'archevêque chargea ces derniers de composer un nouvel office du Sacré- Cœur, ce qui fut fait. Les deux éditeurs avaient vérifié de plus avec soin toutes les parties du Missel et du Bréviaire, et s'étaient efforcés d'y mettre plus de liaison et d'ensemble. Ils avaient rétabli des collectes consacrées par les anciens sacramentaires, et avaient fait des retranchements et des additions qui leur paraissaient réclamés par le goût où la piété. On trouve le compte-rendu de ces changements dans un mémoire publié par extrait dans les Xoiivelles ecclésiastiques, feuilles des 20 août, 29 octobre et 5 novembre 1784.

M. DE JUIGXÉ iit ajouter au Bréviaire qui ne contenait qu'un office pour tous les justes en général, un commun des prêtres qu'on s'étonnait de n'y pas trouver. Il y fit également insérer huit hymnes nouvelles, trois pour le commun des prêtres, deux pour le patron de chaque église, trois pour l'office de Sainte-Clotilde.

Le SCHISME CONSTITUTIONNEL amena dans les offices l'introduction de la langue vulgaire. Le concile schismatique de 1797 ordonna la rédaction d'un Rituel français dont les paroles sacramentelles seulement devaient être en latin; il chargea de ce travail M. Ponsignon.

Le rétablissement du culte fut accompagné du retour de l'ancienne liturgie parisienne de M. de Vintimille. Par ordonnance de 1812, LE CARDINAL MAURY se borna à faire dans l'ordre du service divin quelques changements relatifs au chant des Passions pendant la

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semaine-sainte, du Dies Irœ, aux messes des morts et de la Préface aux messes du dimanche. Par ordonnance de 1822, M. DE QUÉLEN ordonna qu'on fît usage, dans toutes les églises du diocèse, dans les monastères , dans les collèges et dans les communautés, du nouveau Bréviaire, rédigé et mis au jour par son autorité, et qu'il fût le seul dont eussent à se servir tous les membres du clergé du diocèse de Paris tenus à récitation du saint office, avec défense expresse à tous libraires, imprimeurs et autres, de réimprimer l'ancien Bréviaire. Ce fut le Bréviaire en vigueur jusqu'à 1870.

On voit, par ce qui précède, combien est récente la liturgie parisienne et quels en sont les auteurs, et quel esprit a présidé à sa formation. Un écrivain contemporain s'est trompé en écrivant que la liturgie parisienne était - vénérable i)ar son antiquité, toute pleine de l'Ecriture et des Pères, d'un si pieux et si bel ensemble, dïnie si élégante latinité, et recommandée par le souvenir de martyrs qui furent nos ancêtres dans la foi. y^

Pie IX, depuis son avènement au pontificat, ne cessa d'insister près des archevêques de Paris pour que la capitale de la France revînt à la liturgie romaine, abandonnée au siècle dernier, et renonçât à l'œuvre janséniste qui avait cours dans le diocèse. MGR SIBOUR se préoccupa vivement de cet objet ; la plupart des suffragants de Paris adoptèrent dès cette époque le rite

romain qui rencontrait à Paris même de sérieuses résistances. Sa Sainteté écrivait, en 1855, à Mgr. Sibour : « Quant à l'usage de la liturgie romaine, dont vous r nous avez parlé , Vénérable Frère , sans déguiser T aucune des difficultés que présente son rétablissement » dans vos Eglises, il est assurément d'une liante imw portance ; car c'est le lien qui rattache et unit le plus » étroitement les autres Eglises à ce centre de la reli-

V gion. Il est donc assez évident que nous avons le plus » grand désir de nous rattacher par ce lien plus étroit » le clergé de la capitale de la France, de cette cité si

V populeuse, sur laquelle à la vérité planent quelque- » fois des nuages, mais qui les voit par bonheur se » dissiper presque aussitôt aux rayons de lumière que » répandent les œuvres de piété et de charité croissant « de jour en jour, et se multipliant pour l'édiiication » de tous, grâce au zèle, aux travaux et à l'activité du « clergé de Paris. «

De son côté, l'archevêque de Paris s'adressait à son clergé dans ces termes :

^ Il est si doux, en effet, dit Mgr Sibour, quand on est de la même Eglise, de la même famille, quand on reconnaît partout des frères, sous tous les climats, dans tous les pays où l'on se rencontre, de pouvoir répéter, comme en une langue universelle, les formules de la prière qui, dites en commun, empruntent à l'universalité même une si grande puissance ! il est si doux de s'agenouiller aux mêmes autels, de compter les jours par les

iiiémes fêtes, par les mômes impressions pieuses ! C'est là une des plus grandes consolations du catholicisme ; et elle n'est complète que par l'unité liturgique, alors que l'âme s'exalte aux mêmes accents, qu'on entend les mêmes harmonies, qu'on assiste aux mêmes cérémonies saintes; en un mot, que les cœurs, autant que cela est possible, vibrent à l'unisson. -^

Le rétablissement de la liturgie romaine était dès cette époque résolue en principe à Paris. Mgr Sibour nomma le 10 juin 1856, pour élaborer ce travail, une commission diocésaine, divisée en trois sous-commissions ^ .

Il était réservé à l'épiscopat du CARDINAL GUI- BERT de terminer cette œuvre, destinée à unir plus

(1) L'une pour le propre du diocèse, l'autre pour les cérémonies, la troisième pour le chant. Les membres de la première étaient : MM. Buquet, archidiacre de Notre-Dame ; Surat, archidiacre de Sainte-Geneviève , Darboy, archidiacre de Saint-Denis ; Tresvaux, chanoine, vicaire-général; Le Courtier, archiprètre ; Deraerson , chanoine ; de Place, chanoine ; Hamon, curé de Saint-Sulpice ; Hiron, chanoine honoraire, vice-official. La deuxième était composée de : MM. Eglée, chanoine, vicaire-général ; Ravinet, chanoine, vicaire-général; Lequeux, chanoine, vicaire général ; Boiteux, maître des cérémonies à Saint-Sulpice ; Salvayre, prêtre de la Mission; Gaudreau, curé de Saint-Eustache; Chennailles, curé de Saint- Gervais. Les membres de la troisième sous-commission étaient : MM. Dedoue, chanoine, vicaire-général; Mourdin, chanoine; Deguerry, curé de la Madeleine; Laurentie, curé de Saint-Nicolas-des-Champs ; Coquand, curé de Saint-Eugène; Alix, docteur en théologie, vicaire à Saint-Thomas d'Aquin ; Lefrançois, prêtre du diocèse de Rouen; Reber, membre de l'Académie des Beaux-Arts; d'Ortigue , Delsarte, Gounod, Danjou, Félix Clément, compositeurs de musique.

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profondément la France au Saint-Siège, Rome à Paris. L'adoption de la liturgie romaine, — fait aujourd'hui consommé dans le diocèse, — n'y a rencontré aucune des résistances que l'on craignait; elle a, au contraire, été entourée de l'approbation générale.

LES TENEBRES A LONGCHAMPS ET A SAINT-MAUR-LES-FOSSÉS AU XVIlf SIÈCLE,

- En l'année 1733, l'al-jbaye de Longchamps qui est près de Boulogne-sur-Seine, était remplie d'un grand nombre de pensionnaires dont on soignait merveilleusement l'éducation, et auxquelles on faisait apprendre

particulièrement la musique La famille d'Orléans

avait toujours eu l'habitude de passer la quinzaine de Pâques à Saint-Cloud et il paraît que la musique de Longchamps l'attirait aux offices de cette abbaye pendant la semaine-sainte : on en parla si bien que la mode en prit à Versailles et de là s'étendit jusqu'à Paris. C'est à dater de ce temps-là qu'on a fait de cette course à Longchamps un but de promenade et que les personnes de la cour et de la ville s'y sont rendues pour l'office des ténèbres en grand équipage. Les dames du palais de service y arrivaient de Versailles en grand habit, les officiers de garde, en uniforme, et

les femmes de finance, avec tous les diamants de leurs écrins. Cette afiluence avait fini par dégénérer en cohue scandaleuse. L'équipage de la comtesse de Flavacour ayant éprouvé je ne sais quel accident, la marquise de la Tournelle, sa sœur, en écrivit à M. de Beaumont, lequel ordonna de fermer dorénavant l'église de l'abbaye pendant toutes les heures où l'on y chanterait l'office. On continua de venir se promener sur la route et dans l'avenue qui mène à Longchamps, mais cette promenade n'avait plus d'autre objet que de regarder ou de se montrer.

w La société parisienne, avant que les ténèbres de Longchamps fussent devenues à la mode, se rendait pendant la semaine-sainte à l'abbaye de Saint-Maurles-Fossés, non loin de Vincennes. C'était, dans les temps gothiques et par un privilège du roi Robert-le- Pieux, la seule église monastique du diocèse de Paris où les laïcs eussent la permission d'entrer pendant les offices, et c'est de là qu'étaient pro venus l'habitude et l'usage d'une grande affluence de peuple dans ladite église de Saint-Maur à certaines fêtes solennelles.

» Les officiers de toutes les justices des terres qui dépendaient de l'abbaye étaient obligés d'y paraître et d'y représenter à la suite du baillif seigneurial. Tous les habitants du village de Saint-Maur se mettaient sous les armes et, après l'appel do tous les justiciers et de tous les notables habitants, ce cortège assemblé s'en

allait tambour battant, mèche allumée, faire la procession dans l'église collégiale. Ce spectacle y faisait affluer tous les artisans de Paris, ce qui n'empêchait pas les grandes dames de continuer à s'y rendre pendant la semaine-sainte, attendu que c'était un usage établi pour tout ce qui pouvait monter dans un carrosse à couronne. C'était un arrangement dévotieux qui remontait jusqu'à la belle-fille de Hugues-Capet, la reine Berthe, et tout le monde y tenait à grand renfort de coutume séculaire et de tradition.

-^ Cependant, vers l'année 1730, on s'était mis à faire des décharges avec des armes à feu dans l'intérieur de l'église et voilà qui ne manqua pas d'y attirer plus de populace et par conséquent plus d'indévotion, de sorte que les bons religieux de Saint- Maur s'avisèrent d'exposer au milieu du chœur toutes les reliques de leur sacristie à dessein de contenir le peuple en respect. Cette innocente imagination ne fit qu'augmenter le tumulte ; elle attira tous les malades du quartier Saint- Antoine et du côté de Charenton qui voulurent absolument passer la nuit dans l'église afin de s'y trouver à la première messe du samedi-saint, et je sais bien qu'en l'année 1732, (la dernière fois que j'y suis allée) il me sembla me trouver au sabbat de Ménilmontant. On n'entendait que des cris et des hurlements de ces malades que cinq ou six hommes promenaient étendus sur les bras autour de l'église. Les malades criaient de toutes leurs forces : Scfint Maur, saint Maur! —

Obtenez-moi guérison, s il vous plaît. — Les porteurs faisaient plus grand bruit encore en criant : Place aux malades — du vent — du vent. — Gare le rouge. Et les femmes s'empressaient de cacher tout ce qu elles pouvaient avoir de rouge, et des hommes charitables agitaient leurs chapeaux pour éventer les malades : enfin c'était un vacarme si prodigieux dans une église qu'on n'entendait point du tout l'office du chœur et qu'il se formait quatre ou cinq parties de chant qui discorpaient tout à la fois dans les quatre coins de l'église. Vous sentez bien qu'il se trouvait là des marchands d'images et de petites bougies, sans parler des fontainiers d'eau de réglisse et des estropiés qui mendiaient. Ce qu'il en résulta, c'est que M. l'archevêque de Paris, (Ch. de Beaumont) signifia par ordonnance épiscopale à toutes les grandes dames et tous les faubourgeois de cette ville, qu'ils eussent à chanter leur office de ténèbres ailleurs qu'à Saint-Maur-les-Fossés, attendu que les portes y seraient dorénavant closes et gardées par un piquet de gardes françaises. -^

(Souvenirs de la marquise de (/réquij, }>ar le comte de Conrchamj'is.i

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