PREMIÈRE PARTIE
été frère de Ragnemocle — par Slmplice, dont le nom seul nous est parvenu , l'histoire n'offre rien de bien intéressant.
Le fait le plus remarquable du pontificat de Simplice fut une lettre du pape Grégoire, en 601, recommandant à cet évéque saint Augustin, l'apôtre de l'Angleterre, et ses compagnons.
- L'histoire de l'Eglise n'a rien de plus beau, s'écrie Bossuet, que l'entrée du moine saint Augustin dans le royaume de Kent avec quarante de ses compagnons, qui, précédés de la croix et de l'image du grand roi Notre-Seigneur Jésus-Christ, faisaient des vœux solennels pour la conversion de l'Angleterre. «
Un des prélats les plus illustres des Gaules, une des figures les plus intéressantes des premiers siècles, saint Grégoire de Tours mourut sous l'épiscopat de Faramonde. Grégoire de Tours, de qui nous tenons le premier catalogue des évêques de Paris, est un prélat de la trempe de saint Germain de Paris ; il est de plus un historien d'une grande valeur et d'une autorité presque toujours incontestable.
L'opinion, qui suit des fluctuations régulières, se plaît, après avoir exalté le grave prélat, à lui refuser toute valeur sérieuse aujourd'hui. Qui, mieux que Grégoire de Tours, a été à même de connaître et d'apprécier les hommes et les choses de son temps? Qui moins que lui a intérêt à les déguiser? Son Histoire des Francs est notre première Chronique nationale.
D'une fermeté qui va jusqu'à la raideur, Grégoire de Tours eut des relations continuelles avec les rois, et par conséquent avec les évêques de Paris. Toujours par monts et par vaux, il vo3^ageait, discourait ou écrivait. Type iîer et lin, d'un seul bloc, mais d'un bloc de marbre, sa vie entière fut consacrée à la glorification de l'Eglise et de la France.
Saint Céraune vécut au vii*" siècle ; le trait distinctif de son caractère, l'occupation constante de sa vie, que du reste l'on connaît peu, fut de réunir et d'écrire les Actes des martyrs. Il n'avait pu vivre avec eux, il voulait s'identifier avec leur vie ; cet aïeul des BoUandistes dut certainement composer un bon nombre de livres sur les documents originaux qu'il se procura ; il écrivit en particulier la vie de son illustre prédécesseur saint Denis.
Saint Céraune voulut vivre dans le ravonnement de ces figures admirables qu'il évoquait ; sa vie fut une patiente et sainte compilation, consacrée tout entière à l'érection d'un monument splendide pour ceux qui l'avaient précédé dans la carrière. Quant à lui , ses Actes ne sont même pas connus, et s'il pouvait voir l'ignorance dans laquelle est sa mémoire, je ne doute pas qu'il s'en réjouirait.
Semblable à ces artistes laborieux du moyen âge, élevant des édifices grandioses qu'ils ne devaient même pas signer, il trouvait sa consolation et sa récompense dans la contemplation muette de son œuvre.