‹ Les évêques et archeveques de ParisChapitre 22 sur 100 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Saint-Lazare; Sainte-Geneviève au midi; Saint-Germain-des-Prés au couchant ; Saint-Germain-l'Auxerrois au nord, enfin, à quelques lieues, Saint-Denis. De ce monastère sortit Turnoald c^ui parut au palais de Clovis à Vandencourt et abdiqua pour retourner dans son cloître comme un homme habitué à l'obscurité, qu'une lumière trop vive a un instant ébloui.

Turnoald quitta le trône d'or et de velours pour la couchette de bois blanc, la haute basilique aux colonnes de marbre, où il se sentait perdu, pour l'humble cellule à sa mesure.

Après le sang royal, la famille d'Hugues de Rouen était la plus illustre de France ; illustre de par Charles Martel , son oncle , de par son grand-père Pépin d'Héristal, de par les titres de son père Drogon, duc de Bourgogne et de Champagne, Hugues comptait parmi ses aïeux saint Arnoul, il était riche et puissant en terre et au ciel.

Il fut d'un seul coup porté au plus haut point des dignités ecclésiastiques. Il était déjà prince de Metz, quand son oncle lui donna l'archevêché de Rouen qu'il échangea quelques années plus tard pour l'évêché de Paris, le premier de France.

Son heureuse nature le porta au bien, il le fit sans effort. Il cumulait les abbayes de Jumièges et l'évêché de Bayeux avec son siège de Paris, sans compter ses autres bénéfices moins importants. Il donna comme il avait reçu ; les richesses qui lui avaient été octroyées.

il appela ses frères à les partager. La charité lui était facile, mais il la porta à son comble et y domia tous ses soins , aussi fut-il mis par l'Eglise au rang des Saints. Saintement il mourut à son abbaye de Jumièges, celui de ses bénéfices qu'il préféra toute sa vie.

Sous l'épiscopat de Madalbert — qui donna son nom à la Place Maubert, fameuse dans les siècles postérieurs — eut lieu un grand fait politique, l'abdication du paresseux Carloman, le dernier des Mérovingiens, et l'avènement au trône de la race Carlovingienne avec Pepin-le-Bref. (752.)

Sous Déodefroi, le pape Etienne, dépossédé par les Lombards , vint demander secours à Pépin ; il fut splendidement logé à l'abbaye de Saint-Denis, pendant que le roi et ses féaux faisaient leurs préparatifs de départ pour l'Italie. Après avoir vu le don fait à la papauté par le roi en la personne d'Etienne, Déodefroi assista Pépin dans les derniers moments à Saint-Denis et vécut assez pour présider à la fondation de l'Université de Paris par Charlemagne.

Enée , qui précéda Gozelin, c'est le pieux Enée, homme doux et humble de cœur. Il fut l'homme-lige de Charles-le-Chauve ; c'est poiirquoi l'empereur le fit nommer à l'évéché de Paris, mais les évêques et le peuple ratifièrent unanimement le choix du roi. Enée était notaire, c'était l'homme d'afîaires royal. ^ Ce fut, dit sa légende, un homme d'un grand esprit et d'une prudence consommée dans les affaires. ^ Sous son

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