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PREMIÈRE PARTIE

considérable, que les Normands demandaient pour sa rançon. Charles le Chauve racheta son ministre au poids de l'or ; ainsi devait-il plus tard racheter son royaume de France à prix d'argent, comme si cent bons lingots valaient une mauvaise épée.

Rendu à la vie publique, Gozlin déploya un talent remarquable de politique, et de belles qualités d'administrateur. En même temps qu'il ordonnait, comme abbé de Saint-Germain, la translation du corps de saint Merry dans un endroit plus honorable que la chapelle de Saint-Pierre, où il avait été enterré, il s'efforçait, comme chancelier, de placer le pays sous les ordres d'un seul chef après la mort de Louis le Bègue.

Ami fervent du pouvoir central, qui devait prévaloir quelques siècles plus tard , il était peu aimé de la noblesse. Il comprenait que les Normands n'étaient si forts que parce que nous étions plus faibles, que notre division nous perdait, et que les flèches échangées de donjon à donjon étaient toutes perdues pour la patrie.

Aussi fut-il considéré comme un novateur ; il est d'ailleurs éternellement vrai que ceux qui ont raison huit jours avant les autres, passent pendant huit jours pour n'avoir pas le sens commun.

Gozlin venait d'être promu au siège épiscopal de Paris, quand les Normands firent jusque sous les murs de la ville leur première course.

A la nouvelle de leur approche, il fit achever aux flambeaux la tour de bois du pont construit par Charles

le Chauve. Eudes, comte de Paris, qui devait plus tard devenir roi de France, par la grâce de son épée, et Ebles, neveu de Gozlin, le secondaient dignement.

Un matin , les Parisiens virent en se réveillant la Seine couverte de barques en amont et en aval et des tentes de peau, ces tentes basses et trapues particulières aux armées du Nord, groupées sur les hauteurs environnantes.

Sigefrid, leur chef, envoya un de ses hommes à Gozlin et vint lui-même dans la journée en parlementaire. Suivi d'une escorte composée des principaux chefs des barbares, il arriva par la Seine jusqu'au pont de bois du Petit Chatelet. On le conduisit à la maison de l'évêque.

La ville était déserte et les habitants s'étaient renfermés dans leurs demeures. Sigefrid traversa le parvis de la basilique, lieu ordinaire des monomachies ou duels entre champions ; devant l'entrée de Notre-Dame, étaient les malades affligés des ardents qui attendaient leur guérison.

Par la porte entrouverte, on apercevait, à la lueur de six lampes d'argent, brûlant jour et nuit près du baptistère, les reliques de saint Séverin solitaire, les vêtements de l'évoque saint Germain, et les châsses contenant les ossements de saint Lucain, martyr à Lugny sur la Terre Episcopalc, de saint Justin, martyr au Louvre en Parisis.

Par la rue des Porleurs et la ruo de l'Evêque de

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