PREMIERE PARTIE
science, la prudence dans les conseils, la sagesse dans les négociations, la justice et la modération dans le gouvernement.
Plus tard, ils sont hautement avoués par les rois; l'évêque de Paris est à la fois le directeur, le chancelier et le premier ministre du prince, c'est, après le souverain, le plus haut placé dans le royaume. Et quand le roi se sent impuissant à défendre son territoire, son évéque de Paris appelle ses clercs, sonne les cloches de sa basilique et invite ses serfs à se joindre à lui, contre les ennemis du pays.
C'est la deuxième époque. Enfin, aux Carlovingiens, qui avaient vécu deux siècles du nom de Charlemagne, succède la troisième race ; un soufile s'est répandu sur l'Europe : Dieu le veut! et avec les croisades commence le moyen âge.
C'est le signal de nouveaux devoirs pour les évêques.
L'œuvre d'apostolat est achevée... l'Eglise autrefois bannie, a été tolérée, puis admise, puis respectée, enfin presque souveraine. Le vieux monde l'a méconnue, le vieux monde est mort; et dans cette société nouvelle le christianisme, naturellement et comme par la force même des choses, a conquis la première place.
L'évêque de Paris s'est construit une cathédrale, digne de la capitale de la France, digne de la destinée future de la cité. Sa juridiction spirituelle s'est établie, et son pouvoir temporel est incontesté, à l'abri des armes du roi, dont il est en même temps le père et le vassal.
Mais, tandis que le roi part pour la croisade, qui assistera dans le gouvernement du royaume, sa femme sans expérience ou son fils au berceau, sinon l'évêque de Paris? Et non-seulement l'évêque aura voix prépondérante dans les conseils de France, mais il sera dans son diocèse, le premier médecin, le premier avocat, le premier artiste, le premier précepteur.
Ce sont ses chanoines, ses prêtres, ses archiprêtres, ses abbés, ses moines, ses clercs de tout âge et de tout rang, qui apprendront à soigner et à guérir les blessés et les malades, qui garderont les traditions de peinture, de sculpture, de musique, de tous les arts. Ce sont eux qui copient dans l'isolement de leurs cellules, ces manuscrits grecs, hébraïques, latins, dont ils doteront l'Université naissante ; eux les littérateurs, les historiens, les poètes, les diplomates de ce temps de moyen âge, où l'on ne connaissait autre chose que la charrue et l'épée; ce sont eux les notaires, rédigeant les contrats et les chartes, eux les officiers de l'état civil, eux lés juges, les commissaires royaux, les administrateurs; les hommes de tous les dévouements, des travaux ingrats, des missions difficiles, faisant partout entendre dans cette société mi-barbare, la voix de la sagesse, de la modération, de ce qu'on appelle plus tard l'humanité.
L'éloignement de ces temps et l'obscurité de l'histoire ont empêché les siècles modernes de comiaitre en détail la vie de ces savants prélats. La modestie reli-