‹ Les évêques et archeveques de ParisChapitre 30 sur 100 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

gieuse est ici remarquable : ce sont les évoques et les moines qui seuls ont écrit l'histoire de cette époque, histoire des peuples, des rois, des villes et des grands hommes ; rien par eux n'a été omis, hormis eux-mêmes. Aussi pour connaître des détails biographiques sur les évêques de ces siècles, il fut nécessaire aux auteurs du Gallia Chrisiiana, de fouiller les archives, de consulter les chartes, les relations des conciles, les lettres éparses, pour reconstituer l'histoire épiscopale.

Ici un mandement, là un grand acte accompli, parfois un nom simplement inscrit sur un document, voilà tout ce qu'il en reste. C'est pourquoi nous passerons rapidement sur ces personnalités discrètes de saints prélats, qui ont voulu en quelque sorte disparaître dans l'action générale de la chrétienté. Nous étudierons plutôt le rôle collectif, l'histoire commune de ces évéques qui se sont éclipsés derrière leur oeuvre ; œuvre gigantesque, comme ces monuments construits par une génération tout entière sur lesquels aucun architecte n'a été assez osé pour inscrire son nom.

Et pourtant c'étaient des hommes de haute lignée, de grande importance, ceux qui occupèrent durant ces siècles le siège épiscopal de Paris. Ils figurent aussi dignement dans l'armoriai de France, que dans le cartulaire diocésain.

Voici Godefroi de Boulogne, petit-fils du premier comte de Boulogne, oncle de Godefroi de Bouillon, chef de la première croisade, et de Baudouin 111, roi

1 10 LES Éin^lQUES ET ARCHEVÊQTTES DE PARIS.

de Jérusalem, puis Guillaume de Montfort, et Etienne de Senlis de la Tour, fils du grand bouteiller de France, et Eudes de Sully, fils d'Archambaud de Sully et de Mathilde de Beaugency, des comtes de Champagne et de Blois, qui comptait parmi ses ancêtres le roi Guillaume le Conquérant.

Et plus tard, Pierre de Nemours, fils de Gautier P'', seigneur de la Chapelle, de Tournan et autres lieux, chambrier de France et d'Aveline, dame et héritière de Nemours, auquel succèdent Guillaume de Seignelay, fils du seigneur de Seignelay et d'Eléonore de Montbard, Gautier de Château-Thierry, descendant des seigneurs de ce nom, Renaud, vicomte de Corbeil ; et Guillaume de Chanac et son petit-neveu Foulques de Chanac; Jean de Meulan, Pierre d'Orgemont, etc., sans compter le prince Philippe de France, fils de Louis le Gros et d'Alix de Savoie, frère du roi Louis VU, le Jeune, qui refusa la mitre, trouvant au-dessus de ses forces les fonctions de premier pasteur de l'église de Paris. Quand Etienne de Senlis monta sur le siège épiscopal de Paris, Louis le Gros était déjà sur le trône de France. Mais Etienne était beaucoup plus seigneur de Paris que Louis ne l'était de France. En effet, le roi était alors si faible, qu'il devait combattre corps à corps avec le moindre de ses arrière-vassaux ; il guerroya en personne pendant plusieurs années , contre des châtelains infiniment petits, éternellement révoltés, comme ce seigneur des

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