PREMIÈRE PARTIE
et à son ivveil, il })r()pli('tisa immédiatement ces choses...
— Combien de temps furent-ils dans le paradis ^ demande le disciple.
— Sept heures !
— Pourquoi pas plus longtemps?
— Parce que dès que la femme fut créée, immédiatement elle prévariqua, c'est-à-dire cruelle trangressa les ordres du Seigneur. — A la troisième heure, l'homme créé donna leurs noms aux animaux. — A la sixième heure, la femme formée mangea immédiatement du fruit défendu et tendit la mort à l'homme qui, par amour pour elle, en mangea. — Et bientôt après, à la neuvième heure, le Seigneur les chassa du paradis.
— Qu'était-ce que le paradis ? Où était-il ? dit le disciple.
— C'était un lieu très-agréable, en Orient, dans lequel des arbres de ditTérente nature étaient plantés pour satisfaire à nos besoins divers. Si un homme mangeait en temps opportun de ces fruits, il n'aurait plus ni faim, ni soif d'aucun autre fruit et ne s'en lasserait jamais. A la lin, il mangerait du fruit de I'arbre DE VIE, ne vieillirait plus, ne serait jamais malade et ne mourrait jamais.
— Dans ce paradis étaient des arbres de différentes sortes parmi lesquels était celui appelé Yarbre de vie et un autre, Xarhre de la science du bien et du mal. L'arbre de la science du bien et du mal n'a pas reçu ce nom de sa nature ni à cause du fruit qui naissait de
cet arbre, mais à l'occasion de ce qui est arrivé ensuite : car cet arbre n'était pas mauvais, mais il a été appelé arbre de la science du bien et du mal, parce que (après la défense du Seigneur) c'était en lui que devait arriver la désobéissance par laquelle l'homme devait apprendre, par son expérience, quelle différence il y avait entre le bien de l'obéissance et le mal de la désobéissance....
^ Si les anges ne fussent pas tombés, les hommes eussent été de même créés, car Dieu a tout fait en substance ensemble et d'un seul coup. Et ensuite il a distingué toutes choses par espèces. Les âmes aussi, dès le commencement, ont été créées de rien. Et chaque jour elles sont formées en individualités et envoyées dans la forme apparente des corps «
La haute situation que lui donnaient et son poste d'évêque de Paris et sa renommée littéraire, n'avait pas changé Pierre Lombard. C'était une de ces natures froides, sages, inflexibles, concentrées dans une idée qu'elles creusent à fond jusqu'à la mort. Pierre Lombard mourut la plume à la main.
Il était resté humble comme il convient à un prélat chrétien, simple comme presque tous les grands savants qui ayant beaucoup appris, arrivent à la fin de leur existence avec le mot de Socrate à la bouche : « Ce que je sais le mieux, c'est que je ne sais rien. «
u Le Lombard, étant évêque de Paris, raconte un fhroniqueur du xiv'' siècle, quelques nobles du lieu de