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PREMIÈRE PARTIE

dans la vie publique et religieuse de l'époque, à commencer par celle du Juif Errant qui tient une grande place dans les croyances populaires.

Il avait fait son trou dans le monde au siècle précédent, et sa renommée avait grandi en cinquante ans, et s'était répandue dans toute la France.

Joseph Cartaphilus, que les modernes ont débaptisé pour l'appeler Ashaverus, était portier du prétoire de Ponce-Pilate.

Quand Notre-Seigneur montait au Calvaire, il lui donna un coup de poing dans le dos.

— Va donc plus vite, Jésus, pourquoi t'arrêtes-tu?

— Je vais, lui dit Jésus, le visage sévère, je vais et toi tu attendras que je sois venu.

Le Juif Errant en 1400, était un homme de sainte conversation, et de grande piété, qui parlait peu et avec réserve, se contentait d'une nourriture frugale et de vêtements modestes, pleurait souvent et ne souriait jamais. Il rajeunissait chaque fois qu'il atteignait sa centième année, et attendait toujours la venue du Seigneur et la fin du monde.

Il ne savait ce que Dieu voulait faire de lui, de le retenir si longtemps en cette misérable vie. Les habitants des campagnes le voyaient dans tous les mendiants étrangers, à longue barbe blanche, qui passaient d'un air grave et mélancolique sans lever les yeux.

L'infortuné portier du prétoire, passait un siècle plus tard, pour un grand gaillard qui ne paraissait pas avoir

plus de cinquante ans, marchait pieds nus, portait des hausses amples, et une jupe qui tombait jusqu'à ses talons. Il assistait d'ailleurs au sermon dans une église — tout Juif qu'il fût — et se prosternait en pleurant et en soupirant.

Il tenait les discours les plus édifiants, pourvu qu'on lui adressât la parole, car il était naturellement silencieux; du reste il ne riait pas plus au xvi® siècle qu'au xiif .

Un saint prélat, disait sa première complainte, l'interrogea :

Je suis, (Jit-i!, Juif de ma naissance, Et l'un de ceux qui par leur arrogance Crucifièrent le Sauveur des humains, Lorscjuc Pilate en lava ses deux mains.

Telle était encore la légende du chevalier Owen, lequel, de son vivant, était allé en Purgatoire.

Owen communie, reçoit l'Extrême-Onction, fait célébrer ses obsèques et se prépare à descendre dans la fosse. Il se rend accompagné de moines à l'ouverture du trou, et s'y glisse en rampant sur les mains.

Au bout d'une centaine de pas, une clarté « comme il y en a en ce monde les jours d'hiver après vêpres, ^ lui permet de voir qu'il est dans une salle à colonnes, et à arches, et que douze grands hommes vêtus de robes blanches viennent à lui pour le réconforter.

« Cette salle sera tantôt pleine de diables, qui moult

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