PREMIÈRE PARTIE
sorcellerie, en se répandant, faisait courir à la société, qu'elle conduisait à la barbarie ou à la corruption, cet Alpha et Oméga des sociétés humaines.
Il est avéré que le Sabbat, sous prétexte de sorcellerie et de magie, ouvrait un sombre et vague champ à la démoralisation la plus coupable. Il résulte des ouvrages de cette époque et des faits, que la sorcellerie a toujours eu pour objet la débauche la plus exécrable. A part un petit nombre de magiciens naïfs et de sorcières convaincues, c'était un abominable commerce d'impureté.
On peut donc justifier la terrible législation à l'égard des sorciers et prouver que la société était forcée de se défendre par le fer et par le feu, contre la gangrène de l'immoralité publique.
Il convient également de faire observer que la peine de mort était très-fréquemment appliquée pour toutes choses, en paix comme en guerre, et par tous partis indistinctement. Si les hérétiques, qui d'ailleurs étaient souventes fois des malfaiteurs, furent brûlés au moyen âge, quand le luthérianisme, le calvinisme et toutes les sectes que l'on appelait la Réforme firent leur apparition, elles montrèrent à leur tour une intolérance que l'on ne devait point attendre d'une religion qui inscrivait sur sa bannière, le laissez faire et laissez passer.
Le temps n'est pas loin peut-être, où pour les grands crimes, la seule punition consistera à en^"oyer l'assassin
méditer dans une maison de santé sur la grandeur de son forfait.
Est-ce un bien, est-ce un mal? Le moyen âge n'avait-il pas tort ? le xix*" siècle a-t-il raison ?
Nous savons bien que le xix"" siècle l'affirme, mais chaque siècle a passé son temps à se proclamer le nec plus ultra des siècles et l'avenir casse bien des jugegements du passé.