CHAPITRE II
Les successeurs de saint Denis. — Saint Marcel. — l.e bourg Mouffetard. — Le dragon des cimetières.
La plus iiraiid^ obscurité règne dans ces premiers temps de l'histoire épiscopale. On écrivait fort peu, et les actes des Saints les plus illustres sont parfois eux-mêmes dénués de fondement.
Saint Mellon, le successeur du grand Apôtre, venait de Rouen quand il fut envoyé à Paris. Massus, Marc, AvENTiN et VicTORiN, ses successeurs, sont si peu connus, que leur nom même et l'ordre dans lequel ils se sont succédé ne sont pas à l'abri de la controverse.
Sous ce dernier, le christianisme prit à Paris une extension considérable. A Rome, régnait alors Constantin, et sa conversion à la foi permit aux évêques de bâtir dans la cité la première basilique, vers 315.
Cette période peut s'appeler la période des conciles. On en voit en tous pays, de toute importance, sur tous
(jO LES ÉVÈQUES ET ARCHEVÊQUES DE PARIS.
les sujets. Il y en eut un presque chaque année. C'est qu'aussi chaque année, presque chaque jour, les dogmes principaux de la religion étaient sans cesse attaqués.
Les premiers évêques de Paris y prirent part, ainsi que leurs successeurs Paul et Prudexce. Cela permettait de se réunir, de se compter; le bataillon sacré, forcé de se répandre sur toute la surface de la Gaule, avait besoin de se rassembler comme une armée autour du drapeau, il se sentait plus fort pour la lutte, parce qu'il s'aidait et s'appuyait mutuellement.
L'épiscopat de Prudence correspond à l'empire de Théodose. Cet évèque lit élever une église sur l'emplacement actuel de Saint-Gervais.
Il devina INIarcel et l'ordonna prêtre.
11 fut inhumé dans un cimetière qui se trou^'ait au haut du mont de Lutèce, où plus tard Clovis devait bâtir Saint-Pierre et Saint-Paul.
Les églises se construisaient alors de préférence sur l'emplacement des cimetières; comme plus tard les cimetières aimèrent à se grouper autour des églises.
C'est une belle statue et une belle figure que celle de saint Marcel, endormi dans sa niche de pierre à Notre-Dame de Paris. Quoique né à Lutèce, dans la rue de la Calandre aujourd'hui démolie, et qui conduisait de la rue de la Barillerie à celle du Petit-Pont, il avait le type franc plutôt que le type gaulois. Il ressemble au portrait que l'on a fait de Mérovée. Sa figure, d'une expression ascétique et réfléchie, est