PREMIÈRE PARTIE
empreinte crime nuance de tristesse ; il porte son doigt à ses lèvres, et ses yeux sont fixes, quoique sans regard,
Marcel naquit, en 364, de parents d'une condition médiocre, sous le règne de l'empereur Valentinien P"". Saint Marcel est, pour ainsi dire, le premier évêque de Paris sur lequel on ait des renseignements précis. Il n'a plus le caractère légendaire de saint Denis, il est moins apôtre et plus évêque.
Ce fut un de ces enfants que leur modestie, leur caractère simple, doux et bon, leur belle voix ou leur bonne tenue, rendent utiles aux pasteurs.
. Entre les bras de Dieu jelé dès sa naissance,
l'église fut son pays ; comme Joas il put dire :
J'adore le Seigneur, en m'explique sa loi ; Dans son livre divin on m'apprend à la lire, Et déjà de ma main je commence à l'écrire.
La maison où il était né, et qui portait pour enseigne Au Casque, Ad Galeam,, se conserva intacte jusqu'à la Révolution; elle portait une image de saint Marcel, à côté d'une autre de sainte Geneviève. En 1230, les Templiers qui la possédaient la cédèrent au Chapitre de Saint-Marcel ; elle payait douze deniers parisis d'impôt, et tous les ans, le jour de l'Ascension, le Chapitre de Notre-Dame y faisait une station solennelle.
{r2 LES ÉVÈQUES KT AlU^HEVÊQUES DE PARIS.
Rien ne désignait Marcel à la hante position qn'il obtint ; ce fut un fils de lui-même, de sa vertu, de son savoir. Selon la Légende des Saints nouveaux, imprimée en 1477, Marcel régna en lumière de castité, en fertilité déjeunes, et dès sa jeunesse so7i âme oublia la vie corporelle.
Ce fut la religion (|ni le glorifia, jusqu'à ce qu'il la glorifiât à son tour.
La gravité de ses moeurs et ses progrès dans les lettres le rendirent extrêmement cher à Prudence, qui, malgré son jeune âge, le nomma lecteur de la basilique, et plus tard l'ordonna prêtre.
Se défiant de lui-même , humble et modeste , il n'accepta la dignité d'évêque de Paris (pi'en tremblant.
Et cependant Marcel était déjà célèbre par ses miracles. Quand il n'était encore que sous-diacre, tirant de l'eau à la rivière, raconte Fortunat qui écrivit sa vie à la demande de saint Germain, cette eau fut 7nuée en saveur de vin, et l'évêque et fout le peuple s'en servirent pour la communion.
On se racontait aussi un autre fameux miracle de Marcel. Il y avait, dit le légendaire , une matrone, noble de génération, mais vile et crimineuse de vie et d'opérations. Elle avait été enterrée avec grande pompe, mais après sa mort un moult grand dragon et serpent venait d'un bois voisin dévorer le cadavre dans son cercueil. Les populations étaient terrifiées, et, dit naïvement la légende, plusieu?\s en mouroient. Saint
PREMIER F, l'ARTli:. 63
Marcel, à la tète de son clergé et accompagné des habitants de la cité, s'en vint an tombeau, et le prélat s'avança à la tête du monsti-e pour batailler avec lui. Le Saint se mit en prière, et le dragon implorait merci et apjjlaudissait de la queue avec grande humilité.
Saint Marcel lui donna deux coups de crosse et lui passa son étole au (;ou.
Il le conduisit ainsi à trois milles dans la campagne et lui dit : ^ Ou t'en va au désert, ou t'en va jeter dans la mer. -^ Le serpent obéit et de lui jamais plus ne fut nouvelle.
Ce miracle contribua Ijeaucoup a la gloire de Marcel ; le fantastique et le merveilleux, qui ont une action immense sur tous les esprits simples et primitifs, tournèrent au protit de la foi.
Saint Marcel mourut le l*"'' noveml)re 436 et fut inhumé sur une éminence, le Mont-Cétarti, devenu la rue et le quartier Mouffetard. Les fidèles construisirent des maisons autour de sa tombe et formèrent un village, que Grégoire de Tours appelle le Bourg de Paris. Son nom fut donné au faubourg Saint-Marceau, qui s'éleva aux alentours d'une église bâtie au moyen âge sous son invocation. Ses reliques furent à cette même époque transférées à Notre-Dame.
C'est devant elles qu'en 496, Clovis, qui habitait le palais des Thermes, avait été converti.
En 1586, une église lui fut dédiée Boulevard de l'Hôpital. Son histoire a été écrite par Fortunat.
Saint Marcel, 1110)11)16 en terre et élevé au ciel, est un des trois patrons titulaires de Paris; il est surtout celui des petits et des simples, lui que la légende appelle un bourgeois du paradis.