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LA CIGARETTE

Avec Tnir d'un onfaiil qui lioude, Charmante, mignonne, les seins Hors de la chemise, le coude Enfoncé dans les grands coussins,

Baissant et relevant la tôle, Les yeux voilés, le geste lent, Elle fume une cigarette, Faite avof" l'exquis Mai'vlnnd.

La fumée odorante et fine Voltige dans l'éther subtil Comme un lambeau de mousseline Oui s'éparpille tll à fil.

Les flocons blancs, les jets rapides, Se cherchant, se brisant entre eux, S'échappent des lèvres humides Dans de longs zigzags vaporeux,

(ilissent avec des retlets d'ambre Sous les rideaux profonds et lourds Et se déroulent dans la chambre (Jomme des rubans de velours.

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L'édredon s'nrrondit, onduli; Comme une vague de satin, Avec ses franges en virgule, Rouges des lueiii-s du matin.

Au bord de la guipure fine, Un adorable petit front Sur l'oreiller blanc se dessine, Encadré dans un bonnet rond.

Le duvi't, plus léger (|u'uii rêve, Tout chaud d'un étrange baiser, S'enfle mollement, se soulève, Comme s'il craignait de peser

Sur la gorge mignonne, exquise, Sur le fin contour du genou, Et sur les plis que la chemise Fait autour des lignes du cou.

LES DRAPS DE SATIX XOIR

La peau par le désir léchée, Belle, impure, terrible à voir.

Toute nue, elle s'est couchée Entre les draps de salin noir.

Puis, avec son petit pied frêle, Elle a brusquement écarté Le drap qui flottait comme une aile Au-dessus de sa nudité.

Et maintenant elle s'admire, Sous son cou repliant ses bras.

Blanche d'une blancheur de cire Dans le reflet sombre des draps.

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La lourde veilleuse d'albâtre, Suspendue entre les rideaux, Jette un rayon couleur de plùtre Sur les lignes grasses du dos;

Et l'on croirait qu'un sortilège, Un rêve, un songe vous fait voir Le corps d'une femme de neige Émergeant d'un flot souple et noir.

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