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LIVRE QUATRIÈME

LA IVONDi: DU MOULIN

Mon moulin, tu n'es pas à vendre; On vient te visiter pourtant ; Nous aimons tous tant à t'entondrc Et ton tic-tac est si tentant !

Pour moi, j'ai le cœur tout en fêle Tant que ta meule moud du grain :

Imitez, ô ma chansonnette, Les bruits de mon joli moulin!

La brise sur ses eaux jaseuses Vient chuchoter dans les roseaux Et se nn*le sous les yeuses Au doux eazouillis des oiseaux.

Tantôt j'écoulais sa clochette Tinter un lintin argentin :

Imitez, 0 ma chansonnette.

Les bruits de mon joli moulin 1

Tourne, tourne, tourne encor, roue!

Marteau, pends, pends, pends en frappant! Toi, courroie, où l'arbre se noue, Glisse en sifflant comme un serpent!

J'ai ce tapage dans ma tête :

Tic-tac, pan-pan, tan-tan, tin-tin!

Et j'ai fait une chansonnette Des bruits de mon joli moulin.

Moulin du Castellet, mars 1876.

LA PETITE CIlAXTELSi:

Hier, on me dit : « Youlcz-vous Laisser entrer cette petite Qui, pour récolter quelques sous.

Dans les maisons chante ou récite? »

Et la petite entra. Celait Tne enfant de quatre ans à peine.

Tout son pauvre corps grelottait Dans un niéi liant haillon de laine.

Ses has retombaient sur ses pieds ; Le froid avait mordu sa bouche, Et ses grands yeux mal essuyés Avaient une douceur farouche.

Sinistre lâcheté du sort !

Pauvre mignonne créature !

A ses genoux flottait le bord D'un rude cotillon de bure.

Elle avait cet air triomphant Et doux d'une petite femme.

On aurait dit le spectre enfant De la vieille Misère infâme.

Novombro 1876.

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