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PR1>TEMPS

Sitôt que lo printemps paraît, L'aube sourit, le ciel s'azure, Le roc tressaille, et la forêt Secoue à l'air sa rhcvelure.

L'amandier, constellé de fleurs, Tout fier de sa métamorphose, Jette en l'orchestre des couleurs Sa note à moitié blanche et rose.

Déjà là-bas, dans les fourrés Tout zébrés d'ombres inégales, L'arbre tend ses rameaux dorés Au prochain retour des cigales.

Aux creux des sillons assoupis, A travers les terres désertes, L'herbe, espérance des épis, Se déroule en cascades vertes.

Le chêne a des étonnements. La brise querelleuse et douce Change les flots en diamants Sur les rochers plaqués de mousse.

L'étang qui miroite, étendu Sous les branches entrecroisées, Met des teintes de plomb fondu Au bas des collines boisées.

La vierge, pâle de sommeil, Songe en plissant sa collerette.

La fleur papillonne au soleil ; Les papillons content fleurette.

Les hirondelles, voletant Avec des tumultes de foule, Reconstruisent en un instant Le pauvre vieux nid qui s'écroule.

Le coquelicot rouge éclôt Avec des fiertés de cocarde, Entre les rives où le flot Baise la pervenche mignarde.

Dans la paix blonde des midis Où l'artiste s'endort et rôve, Les pins, en ombrelle arrondis, Se dressent tout confiés de sève.

Les joncs tremblants, les roseaux verts Se disent des riens à voix basse, Sachant qu'ils inspirent des vers Au fils du notaire qui passe.

Le ruisseau, propice ù l'amant Ivre de voluptés pieuses, A l'air de penser en dormant Au joli pied nu des Ijaigneuses.

Et pour que dans les chemins creux Se prolongent les doux poèmes, Devant les couples d'amoureux Les rameaux s'éearlcut d'oux-m^aDS.

Mars ISn.

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