‹ Les Évolutions de la critique françaiseChapitre 10 sur 129 · I.A TRADITION I.ATINB · texte numérisé non relu

I.A TRADITION I.ATINB

« Boilesii, dit Fontanes dans le Discours préliminaire qu'il mit à sa traduction de V Essai sur Vhomme de Pope, Boileau retrouva la tradition perdue des beaux jours de Rome, f Avant lui, en effet, à l'exception de Malherbe, à qui la fierté hautaine dicta quelques beaux vers, mais qui ne fut en critique, qu'un grammairien pédant — d'une part, les basochiens, querelleurs, hanteurs de mauvais lieux, « gallant » tout à leur aise : Jean de Meung, Villon, Marot, Régnier de Montigny, Gazierde Chollet, etc., chantant tous, avec mélancolie, leur jeunesse perdue — d'autre part, les poêles royaux procédant surtout de la Renaissance païenne : Ronsard et sa pléiade, de Jodelle à Ponthus de Thiard, qui laissent de délicieuses odelettes. — Boileau qui trouva, dans la poésie, prétexte à code et à règles et qui, par son imperturbable bon sens, fut le premier critique français (1), devait être aussi le théoricien d'une seconde renaissance qui s'inspira surtout de la civilisation, de la littérature latines, taudis que la première Renaissance avait surtout imité la civilisation et la littérature grecques.

Au seizième siècle, après la foi désolée et tour-

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