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Freylag, dans la Nouvelle Reouc

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calme. » C'est ailniellre, je pense, qu'à cerliiius peuples sont écluis certains tempéraments psycliiques et physiques. Et si, après avoir établi que (iœlheet Beethoven sont tous deux Allemands du Sud, Ilennequin avait voulu comprendre la calme sérénité d'une vie de gloire et de relatif bonheur et la dure misanthropie d'une enfance maltraitée, d'une surdité à rendre fou il eût relevé ensuite quelques similitudes de race entre Gœlhe et Beethoven. Il en eût trouvé entre Flaubert et Barbey d'Aurevilly, en établissant d'abord les années d'études chirurgicales du peiit bourgeois et l'aventureuse, l'orgueilleuse élégance du noble dandy ruiné, — comme entre presque tous ceux qu^il met en parallèle. Il suffisait d'éclaircir, d'abord, les difiérences des jeunesses joyeuses ou des enfances fouettées, des dures privations ou des luxueuses dépenses, comme de toutes les circonstances de vie qui ont influencé l'être primitif, l'ont souvent diversement modifié sans le jamais pourtant complètement métamorphoser. En simplifiant ainsi la doctrine, Hennequin lui enlevait toute signification car il est partial de prétendre que M. Taille subordonne l'influence des éducations qui sont les milieux directs, à l'hérédité visible, mais déjà plus lointaine des races.

« Des considérations analogues, dit encore Hennequin, nous empêchent de tenir pour fondé le second principe par lequel M. Taine essaye de faire dépendre les arts ou les littératures des sociétés dans lesquelles ils ont pris naissance — le principe de finfluence du

milieu social. » Et plus loin : « Celte influence n'a rien de flxe ni de constant. » En sa discussion, Ilennequin a d'abord méconnu l'axiome que M. Ernest Renan énonçait dans la Vie de Jésm, disant : « On est de Sun siècle et de sa race, même quand on réagit contre son siècle et sa race. » C'est ainsi que Jésus sort du judaïsme, Socrate des écoles de sophistes, Rousseau du dix-huitième siècle, Lamennais du catholicisme,et l'exemple de Virgile, relevé par Hennequin, indique simplement qu'il se trouvait dans ritalie, pillée par les soldats des Triumvirs, des âmes douces et rêveuses de paix. Puis, à part quelques brefs malheurs, la vie de Virgile fut harmonieuse soit qu'il vécût en son palais du golfe de Naples, soit qu'il promenât son dilettantisme en Asie ou en Grèce. Ami des princes de l'art, Horace, Properce; ami des princes de ce monde, Auguste, Mécène, — on ne saisit guère en quoi il se différencie de son milieu et il paraît plutôt qu'il y ait des similitudes entre Virgile et la précieuse, mais adorable poésie d'élégance d"IIorace ou les élégiaques : Gallus, TibuUe, Properce.

Ailleurs, quoique Rembrandt ait vécu en une époque bourgeoise et gaillarde, — la beauté mystérieuse de ses visions d'ombre et de lumière est explicable soit par l'influence de Pieter Lastman, élève luimême d'Elsheimer, le grand maître des éclairages bizarres, — soit par les désastres d'une vie qui dut exaspérer cette àme endolorie et vibrante : la mort de cette Sasquia von Ulenbourg si chèrement aimée^

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ses deux mariages malheureux, la ruine et, enfin, la mise en vente de ses inai)[)réciables collections. M. Lubke remarque précisément « que c'est de répoque de ses plus grands malheurs que datent ses plus beaux chefs-d'œuvre (1) » — comme les Disciples cVE muni iis, les Syndics des drapiers, etc. Aussi aisément réfutables sont les autres exemples posés : Eschyle, Cicéron, le Tasse, Schiller, Léopardi, etc. Ensuite, Ilennequin paraît oublier qu'une même époque, qu'un même pays, qu'une même ville constituent non un seul milieu, mais plusieurs milieux, qu'il est presque autant de milieux que d'intelligences. Car le milieu influençant ne secompose-t-il pas, après l'éducation familiale, de relations de société hasardeuses et cosmopolites, de modes de vivre secrètement diiïérents, d'affections bizarres ou maladives ou inconséquentes? Ce qui explique très bien qu'une même époque ait produit des hommes différents comme Euripide et Aristophane, Gœlhe et Schiller, etc. 11 est aussi assez peu précis d'indiquer comme ayant vécu en de mêmes conditions :

LnXÉRATURE GRECQUE.

Platon d'Athènes et Arislote de Stagyre (Macédoine).

Épicure deGargétium (Atlique) et Zenon de Citlium (Chypre).

d. Essai d'kisloire de l*art^ par William Lubke, tome II.

338 LA CUITIQUE FRANÇAISE.

Plularque, riche, gouverneur, historien et Lucien, pauvre, secrétaire, dialoguiste satirique.

LrrTÉRATURE LATINE.

Perse d'Etrurie ou de Ligurie et Quintiiien d'Espagne.

Juvéual d'Aquino (Abruzze) et Martial d'Espagne.

Saint Jérôme de Stridon (Pannonie) ayant vécu eu P^nnonie, en Syrie, en Palestine et saint Augustin de Tagaste (Afrique) ayant vécu à Garthage, à Kome et à Milan.

Littérature italienne.

Dante 1265-13:21 et Boccace 1313-1365.

Arioste de Reggio (iVIodéne) ayant vécu à Ferrare

et Michel-Ange d'Arezzo (Toscane) ayant vécu à

Bologne, à Florence et à Rome.

Arioste 1474-1533 et Le Tasse 1544-1595. Marini de Naples et Tassoni de Modène.

Métastase de Rome et Alfieri d'Asti.

Littérature française.

Charles d'Orléans 1391-1465, comte d'Angouléme et Villon 1431-1500 (?) de famille roturière.

Joinville 1224-1317, Froissart 1337-1410 et Gommines 1447-1509.

Rabelais 1483-1553 et D'Aubigné 1550-1630.

Bruyère 1644-1696 trésorier à Gaen, sous-précepteur du duc de Bourgogne et Saint-Simon 1675-

EMILK IIKNNEQUIN, 339

1755, duc, diplomate, membre du conseil de Régence.

Littérature alf.emande.

Opitz de Brunzlau (Silésie) poète, esthéticien et

Boelim de Gocrlilz, Ihéosophe.

Freiligralh de Detmold (Allemagne) et Lenau de

Esatad près de ïeincsvar (Hongrie).

Auerbacli de Mordslelten (Wurtemberg) et Heyse de

Berlin.

Littérature anglaise.

Spencerl553-1598etBeaumontFletcher(158G-iClG 1576-1025).

Addison lG7:i-1719 et Sterne 1713-1768.

Boliiigbroke 1672-1751 et Goldsmilb 1726-1774.

Keals 1729-1797 et Byron 1785-1824.

Mandeville, d'origine hollandaise 1670-1733 et Fielding du comté de Sommerset 1707-1757, Keats 1729-1797 et Shelley 1792-1822.

Ainsi, à réunir des artistes plus ou moins divers, n'étant souvent ni de même génération, ni de même condition, ni de même pays, ni de même province, Hennequin pense réfuter la doctrine de M. Taine. Mais quand il eût dressé un tableau absolument exact, il eût simplement prouvé une fois de plus, qu'il y a plusieurs milieux dans une époque, plusieurs influences dans un milieu et qu'il est des intelligences réceptives et d'autres réactives.

Reste la relation de dépendance que M. Taine

340 LA GRITIOUE 1 T, ANC AlStl,

après Sainte-Beuve, a établie entre l'artiste et riiaijitat de sa jeunesse ou de sa race. Ces observations précieuses appliquées aux littératures anciennes, — on sait quel parti en ont tiré les critiques d'IIomére, — perdent, dans les temps modernes, une notable partie de leur vérilé. Le cosmopolitisme des vies paraît les annihiler. Par exemple, on ne saisit pas comment les paysages de la Bourgogne eussent pu laisser d'ineffaçables souvenances dans l'àme de ce Lamartine qui vécut tant d'années en Italie, en Orient ou à Paris.

Voici qu'au terme de cette minutieuse discussion, dont la méthode de M. Taine sort intacte, quoiqu'elle ne soit point infaillible, Ilennequin reconnaît luimême : « que ces rapports de race, de milieu, d'habitat sont probables bien que très faibles »; mais qu'ils sont périlleux à établir, que le mieux est de n'en pas tenir compte (1). Le raisonnement paraît peu scientifique et il y a bien certes, une vanité et un péril aussi grands à prétendre étudier au milieu des mensonges, des succès de coterie, des insincérités de toutes natures de la plupart des lecteurs la véritable et sérieuse influence d'un artiste.

Ainsi V Analyse sociologique ûé[}en(\ de cette Analyse psychologique qui dépend elle-même de VAnaîyse esihcligue; donc, l'ensemble de l'eslhopsychologie rejioserail sur des observations purement subjectives, car, dit Kaut dans V Analytique du beau: « Le j

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