‹ Les Évolutions de la critique françaiseChapitre 105 sur 129 · La Critique scientifique, p. 120, 121, etc · texte numérisé non relu

La Critique scientifique, p. 120, 121, etc

KMILF. IIKNNKOUIN. 341-

jugement de goùl n'est pas un jugement de connaissance, il n'est point, par conséquent, logique mais esthétique, — relevant de la sensibilité, — c'est-àdire que le principe qui le délerminc est purement subjectif (l). » Il est bon que Kanl nous explique luimême (ju'il y a quelque naïveté à vouloir fonder une Critique scientifique.

En eiïel, quelque application qu'il ait eue, Hennequin n'a pu s'interdire déjuger souvent les écrivains qu'il voulait scientifiquement analyser. Car, n'est-ce point juger d'avancer : — «que l'Allemagne actuelle n'a pas d'artiste ("2) »? — que « Baudelaire est plus grand que Heine (3) »? — que « Jean-Paul est illisible, Immerman incohérent, Ilufîman dilïus et lâche (3) »"(* — que la Tentation de saint Antoine est l'œuvre maîtresse de Flaubert (4), etc. ? Ce sont là, je pense, des opinions disculées et discutables qui ne se bornent pas à constater des traits universellement reconnus.

Par ce qui précède et quelles que soient nos conclusions, on peut se rendre compte avec quelle savante intelligence, Hennequin fut cet être encore à peu près inconnu en France, mais si fréquent en pays anglais ou allemand, —un esthéticien. Il le fut au point de commencer sa grande œuvre par l'expo-

i.La Critique (lu jugement, tral. de M. Julo;; Urirni, tome I, p. 66.

Page 1