Les Ecrivains francisés, p
K.MiLi: iii:nni:ql:in. 331
lies ressemblances psychiques. Preuve, son absorbant intérêt pour les questions esthétiques, l'objectivisine si àprement cherché d'études indifférentes. Preuve encore, la totale absence de dissertations amoureuses d'une œuvre écrite entre la dix-huitième et la vingt-huitième année et sa méprisante ironie à regard de ceux qui ont la naïveté d'avouer, dans leurs vers ou dans leurs proses, les secrets dont ils pleurent (1) comme à l'égard de la grande et innombrable armée des misérables. Preuve enfin, sa théorie de l'écrivain conscient qui « ferait de l'art, dit-il, une discipline aussi impersonnelle, scientifique et efficace que la médecine. » D'après Hennequin, les écrivains passionnants, non passionnés, réfractaires à tout sentiment artistique sont en progrès vers le vrai sur ceux que « leurs œuvres ont émus » — el cela, sous un prétexte assez spécieux : D'après M. Herbert Spencer, l'art aurait pour but d'exercer cer,taines activités spirituelles élevées, il est donc clair que la sensibilité empêche plus qu'elle n'aide l'artiste à combiner les émotions qu'il entend susciter. Cette doctrine a le tort de donner à l'art une fin éducative utilitaire, de le réduire à une fonction décorative purement secondaire et de transformer bientôt les artistes en professeurs, en censeurs ou en prédicants. Ce n'est point ici place et occasion de définir l'essence de l'art, — il suffit de remarquer combien Hennequin vécut de la vie spirituelle, puis-
J. Idem., p. 108 el 277.
qu'il crut, par cette doctrinp, indiquer son excellence sur la vie réelle, tangi!)le et sensuelle. Enfin, ce qui consola son pessimisme de jeunesse et facilita certainement révolution de sa pensée, ce fut l'étude d'Herbert Spencer et de la doctrine déterministe qu'il ne tarda pas à accepter jnsrju'en ses dernières conséquences, mettant, par cet acte de foi, terme final aux doutes pcrnicienx, aux décevantes mélancolies. Dès cette époque (1885 d'après M. Rod), les voix désespérément attristées de son cœur se firent pour jamais silencieuses, et les Poèmes en prose qu'il écrivit depuis de temps à autre, sont de stupéfiantes descriptions scientifiques ou cosmiques, en style bariolé, chaotique et inimaginable où n'est plus aucune trace d'émotion. Déterministe, il posait «que notre conduite réelle résulte silencieusement de la vie même et nous est tracée sans que nous le sachions, en dépit de nos convictions et de nos professions d.' foi, par tout ce dont nous sommes inéluctablement circonvenus. » — Ailleurs, il se disait de ceux «qui sortant de la compassion et de l'amour d'eux-mêmes se sentent p.irticipant à la force en cette certitude de penser dans le tout, apprennent a ne plus se soucier de leur sort et à ne s'affliger pas autrement de leur dissolution (pie la froide terre où s'ouvrira leur fosse (1). » — 11 pensait sans épouvantement à l'heure où « il ne serait plus qu'une partie constituante du globe » car la mort lui appa-