Causeries du lundi, tome II
CONCLUSIONS KSÏIIKTIQUKS. :!t).T.
naturaliste de l'âme? Préoccupé surtout de saisir les caractères dans leurs fugaces variations, Sainte- Beuve devait alîectionner le détail, la retouche, la nuance... craindre infiniment les affirmations trop hmsques, les résumés toujours un peu exclusifs et tomber enfin dans cette critique toute d'hésitations et d'altermoiementsqueM. de Concourt lui reproche injustement, car elle prouve, au moins, son absolue bonne foi.
Après lui, avec plus de méthode et moins de nuance, M. Tainc devait définitivement codifier ces théories flottantes. Mais comme Sainte-Beuve, M. Taine et ses disciples : M. Bourget, Emile Hennequin ne parviennent et ne sauraient parvenir à objectiver leurs études. Or, dès qu'il y a subjectif visme il y a limitation, c'est-à-dire que quelque peine qu'on y prenne bien des personnalités resteront incomprises ou mal comprises. Une autre difficulté de la Psychologie littéraire est la masse de documents qu'elle nécessite pour fournir des renseignements à peu prés définitifs. Mieux que les magnifiques travaux de M. Taine qui simplifient trop souvent les âmes, afin de simplifier les démonstrations ; mieux que la critique de M. Bourget qui cherche trop souvent mômes tendances et mêmes influences dans des personnalités antithétiques et qui est, d'ailleurs, trop démonstrative pour n'être pas maintes fois préconçue (1) — certaines études des de Concourt,