Les Conlemporahis, loine III
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ne comprend pas tonjonrs, il est vrai, le but de celte psychologie à llenr dTune si infiniment spirituelle. Etquelque opinion qu'on ait du talent deiM.Lemaitre — or, je ne me permettrai point de n'en pas avoir une 1res haute opinion — on trouvera, je pense, quec'est peu que de dire sur une œuvre aussi profondément personnelle que celle de M. Alphonse Daudet: « Il faudrait prendre le mot charmant, le nettoyer de sa banalité et comme le fVnpper à neuf; puis, ainsi rajeuni, le mettre pour tout commentaire (1).» D'ailleurs, tout cela est si vrai que lorsqu'il devint critique théâtral au Journal des Débats, il y fit certes les pîus spirituels feuilletons du genre et je ne rappelle que pour mémoire Tinoubliable et merveilleux chroniqueur qu'il est au Figaro. Si l'on a de Tagrément à lire ses Contemporains on en a davantage à lire ses Impressions de Théâtre et plus encore ses dernières chroniques.
Or, il est certain que M. Brunetière ou mieux Edmond Scherer ne s'adressent pas tout à fait au même public, Tun est souvent fatigant, l'autre obscur; mais M. Lemaitre dit trop exquisement pour jamais fatiguer et il n'exprime trop que la Heur des choses pour se perdre jamais en d'abstruses explications. Il sait avec un art infini, apparier les idées du monde les plus disparates, inventer d'entièrementdélicieuses rêveries et, sur les sujets d'apparence les plus tristes, écrire des pages de poésie et d'esprit.