Impressions de théâtre, tome UI
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Ou bien serait-ce qu'il ait du dépit d'éprouver, de temps à autre, des pruderies qu'Arsinoë ne désavouerail pas ou qu'il ail des mélancolies à songer aux années d'études, années perdues; ce qui ne laisse pas <iue d'étreassez naturel lorsqu'on rêve tant à Don Juan, l^ourlant ce dépit, celte mélancolie, qui doit bien être au fond de certains aveux légers, nuancés, réticents, ne s'exacerbe ni en ironies désolantes et sarcastiques comme cbez lieine, ni en pleurs sanglotes comme cbez .M. Bourget. Sa tristesse est douce, souriante, sceptique avec des pbrases à la Renan. Il avouera, par exemple « qu'il-se délecte à prendre un bain de bèlise épaisse », en passant ses soirées dans un café-concert des Balignolles. « C'est un plaisir « d'orgueil et c'est un plaisir d'encanaillemeni, qui « flalte je ne sais quoi de pervers que nous portons « en nous depuis la cliute originelle (1). »
Avez-vous Ju? un plaisir d'orgueil. C'est parce qu'il y a une inconsciente mais troublante volupté à garder les babiludes d'éducation que M. Lemaitre déplorera, les années vécues à dos courbé sur les bouquins, que sa compréhension ne sera pas toujours assez compréhensive et qu'il se donnera le facile et inutile plaisir de défuonlrer que certains modernes des meilleurs, ne savent point assez leur métier. Mais, en somme, ces oublis sont rares et, par leur rareté, ils disent que la nature intime de M. Lemaitre n"est pas la, qu'ils proviennent d'une éducation, d'une habi-
i. Contes.
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lude, c'est-à-dire « d'une étrangère qui supplante en lui la raison », car M. Lemaitre est surtout une âme moderne. Son modernisme, je le retrouve jusque dans l'inspiration qui lui a proposé, comme premier sujet d'étude ce théâtre de Dancourt qui, selon lui, a, pris dans son ensemble, des aspects de vaste guinguette. Son modernisme, je le retrouve dans ses poésies si légères, qui sont à la véritable poésie ceque Ghaulieu est à Racine, dans sa complète et volontaire incompréhension du dix-septième siècle, « cet âge, dit-il, pendant lequel la France faisait sa rhétorique » . Presque clément pour Madame de Sévigné, qu'il appelle pourtant fort irrévérencieusement « «une grosse blonde, à grande bouche et à nez tout rond », il a convenablement loué Racine. Mais je crains qu'il n'ait plutôt vu dans Racine ce qu'il y a mis que ce qui s'y trouve véritablement. 11 l'a, en tous cas, loué de ce dont Boileau l"eùt blâmé, si Boileaueùt cru — comme M. Lemaitre — que Racine fût « le poète des femmes les plus folles et les plus détraquées ?•. Il trouve en ce divin artiste, moins un Raphaël de la Poésie qu'un Baudelaire de l'âge classique. Mais, à part quelques exceptions, le dix-septième siècle lui échappe: il mcprisc Corneille, Madame deMaintenon lui est antipathique. Il a bien déclaré que « Molière avait créé un monde qui vivra à jamais », mais M.IIalévy en a lui aussi créé un, puisque M. Ilalévy égale Molière— d'après M. Lemaitre.— Or, noussa-