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LA CRITIQUE LITTÉRA IRE

La critique littéraire étudie les manifestations artistiques au point de vue esthétique et les juge d'aiprés leurs extérieurs, qu'elle dit parfaits ou imparfaits, selon qu'ils sont ou ne sont pas conformes à son code de beauté. Elle étudie l'œuvre en ses procédés, en son esprit, n'y trouvant ni des signes d'intelligences créatrices, ni des causes d'influences prochaines. L'œuvre lui apparaît comme indépendamment constituée, et non comme inévitable dans la longue succession des causes et des effets; elle l'étudié en elle-même et pour elle-même, — la jugeant d'après une autorité supérieure supposée indiscutable, que cette autorité soit la littérature grecque ou celle du dix-septième siècle, ou celle de l'âge romantique, ou celle des naturalistes modernes.

Désiré Nisard disait, en des paroles typiques et bien souvent citées : « Qui connaît les anciens et notre grand siècle a trouvé, dans l'ordre de l'esprit, son idéal, sa règle et, s'il est professeur, son autorité, » tandis qu'à l'extrême gauche de l'art contemporain,. M. Théodor de Wyzewa, qui n'est pas précisément classique, puisqu'il se rapproche de M. Stéphane Mallarmé, reprend : « Avoir d'avance une théorie de l'art, analyser les œuvres des artistes en y cherchant l'application de cette théorie : par une telle critique, on peut éclaircir les œuvres critiquées. C'est encore la seule façon dont une critique puisse être impartiale. » Ce qui importe ici, ce n'est pas le code, qui peut varier et qui varie, — c'est la méthode qui, elle, ne varie point et que vous découvrirez identique, — quoique habilement sous entendue — chez Sainte- Beuve critiquant l'impressionnisme des de Concourt, comme chez Victor Hugo ridiculisant le théâtre de Racine; chez M. Brunetière s'insurgeant contre le naturalisme, comme chez M. Zola s'emportant contre George Sand et son école, — chez M. Saint-Saëns corrigeant les œuvres de Wagner, comme chez M. Adrien Remacle plaisantant les opéras de M. Ambroise Thomas, — chez Edmond About s'épouvantant des toiles de M. Gustave Moreau, comme chez M. Huysmans écrivant des paroles d'injure à propos de h Jeunesse de Bacchus de M. Bouguereau. El tous, ils pensent s'appuyer sur des principes essentiellement objectifs alors qu'ils ne font qu'affirmer leurs personnelles préférences. Car, dans ses varia-

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