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Les Petites Orientales, la Danse des Nègre.i

'2. Myrrha, lîeoue Politique et Lilléraire, tome XLII, p. 3j9.

3. La démonstration <le cette idée se trouve dans les études consacrées à Jules Barbey d'Aurevilly : la Héaclion calholiquc, et à Eliuond Scherer : Objcctioisme pliilosopliique et subjeclirisme liil'''rcire.

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idéal de pureté, c'est du Christianisme sans doute que nous le tenons et qui sait si le vieux Sophocle avait tort d'exalter lacchos foulant avec les nymphes les bois de Colonne, dans ses transports bachiques?

Ceci dit, tout naturellement cet esprit hostile au dogme chrétien et incrédule à l'indignité de la chair devait être infiniment curieux de la femme — car ainsi que le dit M. Lemaitre — « la femme est en effet, ce qui tient pour l'homme la plus grande place en ce monde ». Sans chercher ici quelle place elle eut dans le cœur d'un Savonarole ou d'un Calvin, on peut croire que M. Lemaitre déclarerait sans doule, avec ce Don Juan qui parait être son frère en littérature « que toutes les belles ont le droit de nous cliarmer ». Et son œuvre est remplie d'observations curieuses et significatives, résumant une psychologie de l'amour à la fois railleuse et attristée, — comme du Heine, où le scepticisme irait jusqu'au désintéressement. Dans des vers bien délicats, il a conté le parisien « chétif et transparent comme une lanterne » errant dans les rues monlueuses de la Kasbah. Une aimée l'appelle, il la suit et, plus lard, en redescendant l'escalier, une toux sèche le secoue. De sa voix douce, l'aimée zézaie : « Toi n'avoir pas beaucoup de force ». Hautaine dans son quadrige ou riante au bras d'un cocher ou folle de son corps, la femme, dans ses Xoucdlcs, aime, trompe etdiplomalise. Puis comme il s'est complu à étudier ce théâtre de Dancourt, qu'il assure être « fort piquant et plus

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i]u"il ne faudrait» ! Et, dans cette fin de Kermesse où les cœurs battent vile, comme il i)arle adorablemenl de ces douci.'S entremetteuses, de ces délicates ingénues, « papillons charmants qui aiment trop la flamme » {\). Ailleurs, il décrit la vie à longues guides « cette vie, dit-il, que nous voudrions tous mener » et il trouve « que le monde pourrait apparaître à quelque puritain qui aurait de l'imagination, comme un libre harem inavoué, inachevé et épars t-2") ». Enfin, c'est, pour parler toujours avec lui, « une charmante obsession » . Or, pourêtre charmante celte obsession étant anxieuse, constitue le féminisme — ce sentiment distinctif de l'àme moderne •qu'on retrouve poursuivant comme un cauchemar dans la critique de M. Renan, dans la poésie de M. Snlly-I'ruhomme, dans les drames de M. Dumas, ■dans les romans de M. Bourge!.

Au dix-septième, au dix-huitième siècle, la femme était une fanlaisie, une passade comme on disait ■exquisement. A vingl-cinc} ans sans doute, on sablait le Champagne avec la Champnieslé mais, à quarante on disait dévolement son chapelet ; de nos jours, on •est au séminaire en sa jeunesse, mais, Tâge venu, on •écrira VAbbesse de Jouarre ou la Bêle. La femme est ■devenue le Sphinx, «l'éternel féminin qui nous a tous vaincus» selon M. Dumas. Il est possible qu'en revendiquant, avec Stuart-Mill ou M. Secrétan, sa coni-

i. Le Théâtre de Danr.ourl.

■i. L'S Contemporains, lome III.

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plète libération, qu'en lui ouvrant en France, en Russie, en Suisse, et ailleurs, les carrières de la haute culture, notre époque lui ait donné une place prépondérante et une influence nouvelle. Tout un livre serait à écrire. Hayeni a voulu l'esquisser, dans son étude du Don Jaanisme, mais sa psychologie manque de nuance. Il faudrait remarquer, d'abord, que dans notre vie contemporaine si capricieusement agitée, il s'est trouvé des esprits tout de science et de rêverie qui ont vécu leur jeunesse dans la solitude des grands travaux. Puis, sur le lard, l'oiseau des jeunes années a chanté la chanson du regret et la femme qui leur restait inconnue ou mal connue les poursuivait de ses grands yeux tristes. Alors, ils croiront deviner, dans la transparence des yeux menteurs, que cette âme n'est que mensonge et lorsque, dans la solitude des heures de travail, après les pages d'analyses politiques, après les spéculations philosophiques, ils rêvent de lassitude, un instant — les yeux de l'éternel féminin luisent toujours au lointain de leur rêve. L'énigme les hante, mais il est trop tard; pour eux, elle restera indéchiffrable ; en vain passeront les années, en vain l'âge mûr, en vain le soir des derniers hivers — la paix ne tombera point en leur âme inquiète de la femme et, dans tout ce qu'ils composeront, on sentira cette navrante préoccupation et, fatalement, ils écriront quelque jour VAbbesse de Jouarre, ou bien Madame Roland et Buzol ou bien encore la Bête.

M. Lemailre a trop d'esprit pour s'attarder à ces

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tristes pensées; il ne croit d'ailleurs pas aux phrases brillantes de Perdican et je pense qu'il ne serait pas nécessaire de le presser pour qu'il avouât la folie de l'amour platonique.

Il se pourrait qu'il eût raison, ce triste Otto(l), lorsqu'il déclarait que « l'amour idéal est un men- <* songe des poètes, l'autre un besoin qu'il n'a « jamais ressenti ». Il a si bien raison, que Tartarin lui-même, ce rieur à belles dents, devenu soudain sérieux, ajoute : « C'est vrai, c'est vrai que les « poètes sont un peu de Tarascon, ils en disent toute jours plus qu'il n'y en a ».. Platon a raison, les poètes sont de grands criminels. Ils peignent la vie trop belle et lorsqu'après avoir frissonné avec Musset ou pleuré avec Lamartine, l'adolescent aux nerfs délicats, la jeune fille aux doigts frêles, découvre la vie réelle, alors un immense, un infini, un inconsolable désenchantement lui emplit l'àme. C'est la mort du rêve de toute sa jeunesse qui lui rend la vie si dure. Ce qui nous navre, ce n'est pas de disséquer nos cœurs, c'est d'avoir cru à des chimères et d'apprendre qu'il ne faut pas y croire, c'est d'avoir rêvé et d'être obligé d'oublier. Flaubert, cet analyste, qui eut aussi une âme d'une tendresse ineffable, ne voulait pas qu'on ne montrât aux petits que les doux et les bons côtés de la vie, « car, disait-il, lorsqu'ils 0 connaîtront la réalité, il se produira alors dans a leur cœur, quelque chose d'affreux ». S'il y a tant

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