‹ Les Évolutions de la critique françaiseChapitre 43 sur 129 · I.A ClUTIOri; MOUAI.lSTi · texte numérisé non relu

I.A ClUTIOri; MOUAI.lSTi

Hugo, dont les travaux accusent plus d'érudition que de sens artistique; d'autres encore : — depuis Louis Veuillot à MM. Charles Buet, Léon Bloy, J.-P. Clarens, etc. — Au point de vue protestant, M. de Pressensé, l'adversaire acharné de M. Renan, qui a écrit avec goût, dans des domaines bien antithétiques. Il a a pris ce train dont parle Heine, « ce train qui mène à la gloire ». Aujourd'hui, il est arrivé, il est sénateur, il est décoré. M. Sabalier qui unit fort judicieusement et d'une manière toujours intéressante la théologie à la littérature, à la critique théâtrale — encore MM. xAIassebiau, Philippe Godet, Luigi, Robert\% etc. A côté, je ne dis pas au-dessous, ceux qui sans s'attacher à telle forme du christianisme mettent en pratique une morale plus éclectique basée sur de fermes convictions : parmi les catholiques, M. d'IIaussonville auquel on doit tant de travaux distingués depuis sa belle étude sur Sainte-Beuve; M. Melchior de Vogue, un très rare écrivain, auteur de patientes analyses de littérature russe ; Barbey d'Aurevilly, le croisé parti en croisade contre tout ce que notre époque révère : parmi les protestants, Bersot, dont on n'a pas oublié les sérieux travaux et dont la vie nous reste en exemple comme une pure et magnifique leçon morale; Timothée Golani qui, de Forlhodoxisme, évolua au scepticisme ; tour à tour pasteur et professeur à Strasbourg, industriel et député laïque à Royan, critique et journaliste à Paris; enfin, son ancien collègue à la rédaction delà Reçue de Théologie et de PhUosojihic de Strasbourg,

Edmond Scherer — une des âmes vraiment supérieures de cette fin de siècle.

L'examen montre que les critiques de confession catholique comprennent la beauté d'une manière plus objective que les critiques de confession protestante et que ces derniers, en revanche, ont un esprit plus ouvert et mieux préparé aux spéculations philosophiques. C'est la démonstration de ces thèses que j'ai tentée dans les études suivantes sur Barbey d'Aurevilly et Edmond Scherer. J'ai choisi ces deux personnalités comme synthétisant suffisamment les tendances extrêmes de leurs partis : — le catholicisme artistique et le protestantisme philosophique si l'on peut parler ainsi, c'est-à dire, le catholicisme tant artistique qu'il cesse parfois d'être catholique e^ le protestantisme rationaliste qui se confond presque avec la philosophie. Car ce travail a pour but d'étudier les méthodes critiques non point en leurs plus fanatiques sectaires, mais en leurs représentants les plus distingués. Tandis que Barbey d'Aurevilly nous apparaîtra comme le dernier des grands romantiques, Edmond Scherer nous engagera à étudier la morale naturelle — ce capital problème dont il a tenté la solution, comme le scepticisme contemporain que nous vo)idrions enfin symboliser.

Genève, septembre 1888.

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