Sagesse, de M. Paul Verlaine
150 LA GUITIQUE FRANÇAISE.
litlérature découvre aux classes moyenues la vision d'un monde recréé par l'Evangile et par la justice. Et c'est partout, la demande suppliante de ces deux jeunes Russes, — dont parle M. iMelchior de Vogue, — se présentant à une assemblée religieuse et demandant à l'inconnu du ton dont on mendie : « Faites-moi croire! Faites-moi croire! » Or, en France, le succès des livres russes, de la musique russe, de Tesprit russe, montre assez simultanéité de souffrance et d'attente.
Dans les arts, le mouvement préraphaélite anglais de Rossetti, de Millais; l'école préraphaélite allemande d'Overbeck, de Veit, de Steinle, certains artistes modernistes, certaines sculptures de Rops, d'Astruc, certaines toiles de Puvis de Chavannes montrent, par la tentative de reproduire un rêve d'une très idéale splendeur, que l'art se propose moins de rendre telle figure, telle scène ou tel paysage que de suggérer tel état d'àme, tel symbole, telle sensation. Et l'on comprit alors, par exemple, que dans sa Sainte famille, par un mur en ruine, appuyé à une bâtisse de construction neuve, le Tintoret avait symbolisé le judaïsme destiné à mourir et le christianisme destiné à régner (1). Toujours l'évolution néo-chrétienne ou plutôt néo-catholique, quoique les préraphaélites soient protestants de dogme. En musique enfin, Wagner dans ce Parsifaî, qu'on a justement défini « le cantique des Cantiques