Voir l'ouvrage de J. JJilsaud : VEslhi'liqUf anglaise
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de l'amour divin, » et qui est, peul-ôire, ave^ les Psaumes de VAncU'h Testament, ce que la faibl' sse humaine a trouvé de plus grand dans Tadoraliuri. Surtout le tableau de la consécration du Graal, au château de Monsalvat : une salle splendide, anx arceaux ajourés et la voix découragée d'Amfortas, levant entre ses mains blessées, dans la lumière pure du ciel, la coupe d'or du Graal. Sa voix dolente, sa voix triste se mêle aux pieuses litanies des chevaliers, des enfants de chœur et à l'éternelle sonnerie des cloches. Citons encore César Franck, le maître aux mystiques harmonies et la merveilleuse école russe de Verstowski, de Glinka, deDargomijsky, de Moussorisky, de Rimsky-Korsakow et de ce César Cui enfin, l'auteur du Prisonnier du Caucase, iVAngclo, dont les premières années furent si difficiles. Ce sont des mélodies aux tonalités étranges, mais si tristes, comme navrées, et toujours ou bien douces et bien lassées ou trépidantes et nerveuses. A les entendre, un malaise psychologique, car c'est la sincère notation des plaintes d'âmes fatiguées de vivre et hantées de l'égarement de l'infini.
Cette réaction idéaliste constatée, — elle n'a d'ailleurs point échappé à de pénétrants esprits, comme MM. Jiili.'s Lemaîlre et Georges Renard, — reste à chercher polirquoi cette religiosité nouvelle est très visiblement catholique et comment nos artistes ont compris, accepté et pratiqué le catholicisme.
Née en un siècle de bouleversement social, la nouvelle génération qui, — comme l'entend M. Taine,
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sent que la révolution a fait banqueroute à ses espérances, — anémiée aussi par la vie moderne trop renfermée, trop composée de travail tuant et de plaisirs usant, étant suprêmement lasse d'analyser, déjuger, de penser, enviait leur quiétude d'àme aux chrétiens qu'elle rencontrait et demandait à croire. Or, des deux religions en présence, le proteitanlisme exige de ses néophytes pour choisir entre ses différentes sectes et dans son ordinaire pratique, encore des analyses, des jugements, des pensées et puis il est trop austère, trop au-dessus de la vie, trop dur pour notre nature mauvaise, enfin, surtout, il ne décharge pas l'âme de l'inquiétude de l'au delà. Tandis que l'Eglise catholique apparaît dans sa plus apparente que réelle, mais pourtant totale unité. Ce dogme infaillible, parfait par les conciles, enlève à tous ces fatigués de la vie la fatigue de la pensée et cette religion interdisant la discussion, peu soucieuse d'expliquer ou d'étayer ses origines, apporte à ces âmes inquiètes par l'absoluité et par Tautorilé d'une loi à laquelle il faut obéir : — la paix, cette paix bienfaisante vainement cherchée ailleurs.
Aussi, comme ils sont autoritaires ces néo-catholiques. Ecoutez d'Aurevilly : « Nous autres catholiques, dira-t-ii, nous ne discutaillons pas; nous obéissons. Nous laissons les singes passer par les cerceaux, les renards éblouir les dindons avec les mouvements de leurs queues, mais nous nous en tenons à l'ordre sacré du seul pouvoir qui soit à nos
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yeux inrailiible (1) ». El c'est ainsi qu'il parlera du Savonarole, de U. Pasquale Viilarl : « Ce livre n'est pas écrit pour ceux qui croient. Et voilà pourquoi, dans notre opinion catholique, il ne fallait pas le publier. » En effet, comme toute la critique catholique, d'Aurevilly croyait en certains principes et n'en pouvait admettre et n'en pouvait même entendre d'autres. Ce manque de gymnastique intellectuelle lui interdisait toute discussion et même toute exposition d'une {)hilosophie ou d'une idée qui lui fût étrangère. Il ne réfutait pas argument à argument, il analhématisait, il excommuniait : « Diderot a haï l'Eglise, voilà pour moi, son erreur et son crime », et il écrira le plus violent, mais le plus injuste de ses éreintements. Ailleurs, il appellera Luther « un sale homme», et crachera son indignation contre Michelet, contre MM. Renan, Soury et tant d'autres. Or, ces articles témoignent seulement de son obéissante ferveur. Où un raiionnement eût peut-être montré telle erreur de pensée, d'Aurevilly a mis d'apostrophantes imprécations. Il a mis des mots, des mots superbes, des mots sanglants, mais des mots toujours, et c'étaient des pensées qu'il fallait. Ce respect de l'autorité lui a même fait déclarer qu'il croyait à la magie, aux sortilèges, aux charmes, « non comme à choses vaines et pernicieuseSj mais comme à choses réelles (2; et que les
1. Les Philosophes el les Ecrivains religieux (édition Frinzine), p. 380