Ellnque, 4= partie. Prop. LXVHI démon
■i:^-2 LA CttlTIQUE FRANÇAISE.
de Scherer, est une loi sïmposant à l'esprit d'une manière absolue, loi qui a trouvé sa suprême et parfaite expression dans la morale chrélienne, loi enfin qui, réalisée, donne au moi la plus haute satisfaction dont il soit susceptible. Cette loi serait donc cause, but et effet, le bien étant la destination suprême de l'homme, et la satisfaction n'étant que la conséquence d'une destination atteinte. Cette théorie me paraît manquerd'observation.Où Scherer trouvait-il que nous ayons gravés au fond du cœur les commandements du Christ? ou même une loi morale quelconque? Darwin, ce grand observateur de notre nature, remarquait au contraire, que l'homme « quoiqu'il se sacrifie parfois, cherche avant tout l'assouvissement de ses désirs (1) ». C'est que le bien et le mal sont des notions infiniment subjectives et relatives, un peu moins simples que ne le disent les catéchismes et que, dans le menu dosage des réalités, bien plus ordinairement la folie des passions l'emporte. D'ailleurs, cette obligation ainsi conçue échappant à l'observation reste dans l'ultra-phénoménal, et lorsque Scherer déchirait « le brillant histrionisme de M. Cousin », se disant « avoir horreur de ceux qui ne vont pas au fond des choses », il annonçait qu'un jour, cette foi dernière en l'obligation serait détruite par l'analyse. En résumé, partant de l'observation subjective de la réalité, absolument, commandée par l'impératil