M. PAUL BOURGET
Et, (levant celles qu'il a appelées « les araignées de la luxure D,sa première pensée est que « des mains « chrétiennes ont tenu sur les fonls du baptême ce a triste corps qui, virginal et jeune, fut vêtu de blanc 1 pour servir d'habitacle mystique au Sauveur, le « matin de la première communion » (1). Dans Crime (Vamour enfin, il s'est écrié avec angoisse « Rien qui sauve! il n'y a rien qui sauve! » La permenance de pareils sentiments a pu donner le change et faire découvrir, par exemple, un moraliste en M. Bourgel ; ils prouvent seulement combien nous avons hérité de celles qui furent nos aïeules et qui passèrent les heures lointaines du moyen âge à égrener le rosaire de la foi. On aurait tort, ce me semble, de trouver, en ces déclarations, autre chose qu'une aifairede sentiment, car ce qui fait Tineslimable prix de l'âme de M. Bourget, c'est qu'en une époque de sécheresse et d'égotisme, elle est toute de sentiment. Né au moyeu âge, il eût ajouté quelques feuillets à V Imitalion, ce livre qu'il appelle « cher aux longues détresses » Oh, il a dû souffrir du désaccord entre son âme si pleine de piété et l'indifférence à la mode ; il a dû souffrir surtout de ne pouvoir poser sa pauvre tête lassée sur le sein du Sauveur et de comprendre — avec quelle tragique évidence ! — que le grand problème de la scolaslique : la conciliation de la science et de la foi est aujourd'hui résolu. « II a senti, dit-il, la fleur de sa pensée se faner mélanco-