‹ Les Évolutions de la critique françaiseChapitre 90 sur 129 · André Coni 'lis · texte numérisé non relu

André Coni 'lis

298 LA CRITIQUE FRANÇAISK.

blême de la liberté humaine. Enfin, dans ce curieux roman de Madame Bressiiire, François Vernanles, qui semble bien être M. Bourget lui-même, n'écrit-il pas ? « Je suis trop profondément fataliste pour attacher aucun sens au mot de remords. » — « Si les hommes se croient libres, dit Spinoza, cela vient uniquement de ce qu'ils ont conscience de leurs actions et sont ignorants des causes qui les déterminent (1). B Or, l'analyse développée comme elle l'est chez M. Bourget, éclaire précisément le mystère des causes. La vie apparaît comme une ininterrompue et multiple réaction de causes et d'efîets.

A côlé de ces causes principales, j'entrevois chez M. Bourget, comme chez Hamlet, quelques causes secondaires. Ce sont le milieu, la permanence de l'analyse et la prédominance de la pensée.

Le milieu, c'est pour Hamlet, une mort mystérieuse, une mère qu'il sait infidèle, un beau-père qu'il sent ennemi, une conscience qui lui montre du doigt la vengeance à accomplir, et sa tristesse augmente, sa raison chancelle — la folie gronde dans son cerveau. Pour M. Bourget ça été l'absence d'une mère, l'horreur de l'internat, la difficulté des années de début et le dégoût de la vie.

II faut plaindre tous ceux qui n'ont pas eu de mère.

Car leur âme..., n'est pas apprivoisée aux douceurs de la vie.

Après les tristesses de celui qu'une mère ne prend

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