Essais de psycliologie, tome II, p. \ II
30tj LA CBITIQUE FRANÇAISE,
Mort », mais avec une suave douceur remémorant certaines pages de Schubert — taudis que cette Noémie Ilurtel, qui « se tue pour rien », comme cette Lucie deSalvertes sentant qu'elle aime pour toujours, un fantôme, comme celte Claire de Velde qui pressent que recommencer le bonheur, ce serait recommencer la souffrance (1), expriment en l'atténuant, en l'aristocratisant aussi le Nihilisme amer de Gustave Flaubert. — MaiSj Cruelle Enigme déjà et surtout Crime iVvmoiir dégagent la sympathie douce à sentir de la Religion de la Souffrance humaine. Puis Mensonges avec la phrase significative et concluante de Claude Larcher comprenant dans l'avenue du bois pleine de voitures, de piaffements de chevaux, de toilettes, et de soleil — la vanité de tout, « la vie est une comédie » dira-t-il. — Et c'est à peu près mais sans gaité, le séduisant scepticisme de M. Renan, de M. Gherbulie. Enfin, dans leurs multiplicités et leurs contradictions, les Études et Portraits comme Madame Bres- 5^ii><? et d'autres nouvelles rappellent parleurs allures distinguées et fantaisistes, par l'excessive aristocratie des pensées, des faits et des écritures — encore le dilettantisme de M. Ernest Renan.
On le voit, M. Bourget admet plusieurs réponses aux problèmes de vie; c'est dire que son Hamlétisme conclut — car ne pas conclure c'est encore conclure, et ceci est plus qu'un vain jeu de mot, quoi qu'il en paraisse — en un dilettantisme qu'expliquent seuls les voyages de sa pensée et les voyages de sa vie.