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ÉLÉMENT D'APPRÉCIATION DE L'ÉVACUATION GASTRIQUE

Le seul élément analytique se rapportant directement au mode d'évacuation de l'estomac nous est fourni par la quantité de liquide (Q) qu’on peut extraire de l'organe aux divers temps de la digestion.

Des liquides extraits à jeun. — Dans un grand nombre de cas, on trouve le matin, après le jeûne de la nuit (10 à 13 heures après la dernière ingestion alimentaire), une quantité plus ou moins notable de liquide.

Dans le but de voir si ce phénomène intéressant a une signification pathologique, divers médecins, notamment Schreiber, Martius, Riegel, ont poursuivi des recherches sur plusieurs individus en apparence sains !.

1. Schreiber, Die spontane Saftabscheidung des Magens im Nüchternen, Arch. f. exper. Path. u. Pharmak., XXIV, S. 365 u. 378, 1888; Der Nüchternen u. leere Magen in ihrer Beziehungen zur continuiirlichen Saftsecretion, Deuts. Arch. J. klin. Medic., Bd. LIIL. — Martius, Deuts. med. Wochenschr., n° 32, 1894. - F. Riegel, Beiträge zur Lehre von den Stürungen der Saftsecr. tion des Magens, Zeitschr. f. klin. Med, XI, S. 1-20; Di

Erkrankungen des Magens, in Spec. Path. u. Therapic, heraus von H. Nothnagel, XVI Bd., II Theil. Wien, 1897.

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Ils nous ont appris qu'il est très fréquent de trouver dans l'estomac, le matin à jeun, une petite quantité de liquide acide. Cette éventualité a été relevée par Martius 16 fois sur 16 cas. Schreïber a reconnu dans le liquide extrait à jeun de l'acide chlorhydrique et des débris microscopiques d’aliments, dans la proportion élevée de 60 p. 100 des cas.

La quantité de liquide retiré dans les faits de Martius a varié de 5 em° à 30 cm°. Schreiber admet qu'on peut avoir à l’état normal de 10 à 100 cm° de liquide dans l’estomac le matin à jeun.

L'exactitude de ces faits n’est pas contestée par Riegel. Mais cet observateur estime que, chez un individu habitué à l’examen par la sonde, la présence constante de 50 cm° et plus de suc à jeun est un phénomène d'ordre pathologique.

Il semblerait, d’après ces recherches, que, contrairement à ce que les physiologistes ont vu chez les animaux, la sécrétion gastrique fût continue chez l'homme ou tout au moins prolongée un temps assez long après l’accomplissement de la fonction évacuatrice. Les faibles débris microscopiques qui restent dans l'estomac suffiraient d’après Schreiber pour entretenir une sécrétion de suc gastrique actif.

Les faits, aujourd’hui très nombreux, dans lesquels nous avons fait l'étude complète de l’évolution digestive, y compris la recherche de liquide résiduel le

matin à jeun, nous permettent de formuler sur cette question une opinion nette.

Nous reconnaissons avecles auteurs précédemment cités et avec beaucoup d’autres, ayant fait des observations analogues, qu'il est fréquent de pouvoir retirer du liquide à jeun chez des individus pris au hasard.

Mais nous estimons que ce fait demande à être interprété à l’aide d’explorations répétées et de l’étude de l’évolution digestive.

Chez beaucoup d'individus, la présence de liquide à jeun est un fait accidentel qui résulte parfois, ainsi que le fait remarquer Riegel, d'un manque d'habitude du tubage, non pas que j’attribue à ce mode d’examen le pouvoir de faire sécréter l’estomac — l'inverse est sans doute plus probable, — maïs parce que les premières explorations par la sonde s’accompagnent souvent d'un phénomène que j’ai appelé la régurgitation duodénale. Lorsqu'on renouvelle chez le même individu l'examen de l’estomac à jeun, dans des conditions identiques, on trouve l’organe parfaitement vide ou bien ne renfermant qu'une quantité insignifiante (5 à 15 cm°) de liquide spumeux ou muqueux, très différent du suc extrait pendant le cours de la digestion.

Il est relativement plus rare, mais encore assez fréquent, d'extraire un liquide un peu plus abondant, acide et même renfermant une petite quantité

d'acide chlorhydrique libre. Cela montre uniquement, une fois de plus, que l'estomac est rarement chez l’adulte dans des conditions normales.

DESCRIPTION DES LIQUIDES RÉSIDUELS. — Pour éviter de porter un jugement préconçu sur la nature des liquides extraits le matin à jeun, nous les désignons sous le nom de liquides résiduels.

Une remarque préalable s'impose. La recherche du liquide à jeun, après 10 à 12 heures de jeûne, se fait dans des conditions telles qu'elle fournit le résidu stomacal des repas de la veille.

Nous en inscrivons les résultats analytiques — quand l'exploration est positive — à la suite des données fournies par la digestion du repas d’épreuve (voir les courbes évolutives). Il ne s’agit pas, cependant, du résidu tardif de ce repas. Aussi dans certains cas où l’on a trouvé du liquide à jeun, l’examen en série permet-il de constater la vacuité de l’estomac après la 120° ou la 150° minute. Nous aurons à tenir compte de cette particularité en examinant l'influence de l'alimentation sur la présence ou l’absence de liquide résiduel. Pour le moment il suffit d’en être prévenu.

Au point de vue des caractères physiques, je divise les liquides résiduels en deux grandes variétés : 1° les liquides renfermant des débris d'aliments ; 2° ceux qui en sont dépourvus.

a. Liquides avec débris alimentaires reconnais-

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