‹ Les évolutions pathologiques de la digestion stomacaleChapitre 20 sur 45 · J. Winter, Loc. cit., p · texte numérisé non relu

J. Winter, Loc. cit., p

HaYEM. — Digestion stomacale. 6

LE

Cette période initiale serait un peu incohérente au point de vue des résultats analytiques et du taux de | la concentration. C’est pour la rendre plus régulière | à l'égard de cette dernière valeur qu'il a étéconduit M à ajouter 10 grammes de sucre au repas d’épreuve M d'Ewald. À

Après cette première phase, les phénomènes évoluent d'une manière systématique.

La concentration part d'une limite élevée pour décroitre progressivement. Elle tend vers une limite inférieure, voisine de 0,01.

D'où cette conclusion importante : tout estomac dont le contenu a atteint la concentration de 0,01 doit être vide. Avec le repas d'Ewald sucré la moyenne de la concentration à la 60° minute, c'est-àdire au moment habituel de l'extraction, est de 0,06.

La variation de concentration, que M. Winter a ajoutée depuis l’année 1901 aux résultats inscrits dans ses analyses, dérive de la concentration; mais n’est pas exactement la même valeur.

Si par exemple r représente la concentration du À liquide stomacal à un moment donné et »° la valeur limite vers laquelle tend la concentration lorsque le travail utile de l'estomac est achevé, la varialion de concentration (V. c.) sera r-r°*.

1. M. Winter complétera en temps et lieu le travail précédemment cité sur la concentration et fera connaître probablement la manière dont il fait le calcul de la variation de concentration-

De tous les éléments de l’analyse (dosés ou calculés), la V. c. est le seul dont les variations suivent une marche simple, progressivement décroissante et . indépendante de la réaction chimique.

La digestion du repas d’épreuve, arrivant à l’acmé vers 60 minutes dans les cas les plus normaux, époque de l'extraction habituelle de ce repas chez les malades, il est intéressant de savoir qu'elle est à ce moment la valeur de V. c.

A cet effet, jai choisi, dans les analyses faites en ville (à la suite du repas d’épreuve sucré, toujours le même), les cas se rapprochant le plus de l’état normal, c'est-à-dire se rapportant à des malades n'ayant aucune lésion grave de l'estomac ni aucun trouble mécanico-moteur apparent.

La moyenne de 91 cas donne le chiffre de 0,05, celui de la concentration étant de 0,06 d’après les calculs de M. Winter. On peut en conclure que lorsqu'une analyse faite dans les conditions habituelles, à 60 minutes, porte pour V. c. un chiffre supérieur à 0,05 (notamment de 0,06 à 0,1) la digestion est encore peu avancée; qu’au contraire, lorsque V. c.

En nous reportant à ses remarquables recherches sur l'équilibre

moléculaire des humeurs, nous voyons que r° représente la

concentration du sue de l’estomac au repos, faisant équilibre à

la concentration du plasma sanguin. (J. Winter, De l'équilibre

moléculaire des humeurs. Application à l'étude des limites

5 digestif, Arch. de phys. normale et path., L. VIII, p. 304, .)

est au-dessous de 0,05 (notamment à 0,03 et au-dessous) la digestion touche à sa fin.

On peut en d’autres termes, se servir très utilement de la V. c. pour reconnaître la période d’accroissement et celle de décroissance du cycle digestif.

Dans certains cas, on trouve pour V. c. des chiffres tout à fait anormaux, les uns excessivement forts, les autres, au contraire, très faibles.

Ainsi, même à 60 minutes, il n'est pas rare d’obtenir pour V. c. des chiffres dépassant 0,100 (de 0,100 à 0,140); les valeurs comprises entre 0,140 et 0,150 sont rarement observées ;enfinilest tout à fait exceptionnel de rencontrer un chiffre plus élevé encore : le maximum dans mes observations est 0,1895.

Dans la plupart des cas ces chiffres élevés, se rapportant à un excès de concentration, sont la conséquence d’une viciation notable des facteurs de la dissociation du chlore et de la dilution des produits solubles, en d’autres termes, l'indice d’un arrêt dans le pouvoir de digestion. Mais, on peut théoriquement invoquer l’addition au suc stomacal de produits pathologiques augmentant les résidus solubles et, en réalité, il paraît en être ainsi, tout au moins dans un bon nombre des cas où V. c. atteint et dépasse 0,140, notamment dans celui où elle acquiert la valeur tout à faitanormale de 0,1895. Il s’agit, en effet, dans ce dernier cas et dans d’autres s’en rapprochant par l'élévation de V. c., de cancer stomacal, maladie où le

suc ichoreux peut fournir des particules solubles, susceptibles d'augmenter la concentration.

Les chiffres faibles de V. c., même précoces, — et

- ils peuvent s'observer avant 60 minutes, — indiquent

toujours une fin de digestion et, cela, quels que soient les chiffres relatifs aux produits de la dissociation du chlore (C et H). Dans les faits les plus normaux, ils coïncident avec des valeurs élevées de F, le chlore fixe (minéral) ayant une tendance à augmenter pendant la période de décroissance de la digestion.

Fixons maintenant notre attention sur les schémas d'évolution possédant la courbe de V. c., nous y ver-

rons encore des faits dignes d'être notés (fig. 31, 32,

34, 35, 39, 40, 41, p. 191 et suiv.). Et tout d’abord la rapidité plus ou moins grande avec laquelle la courbe V. c. s’abaisse, ce qui explique pourquoi les chiffres obtenus pour V. c. à 60 minutes sont si variables, et confirme ce que nous savons déjà de la marche plus ou moins rapide, plus ou moins lente de l’évolution digestive.

En second lieu, nous remarquons que la courbe de V. c., après avoir atteint une limite inférieure, variant entre 0,01 et 0,001, reste stationnaire pendant toute la durée du cycle évacuateur, alors même qu'il s’agit d’une évacuation de durée indéfinie. C'est une conséquence de la marche générale précédemment indiquée.

I en résulte un autre fait non moins frappant et qui ne doit pas non plus nous échapper, à savoir la

constance d’une faible valeur de V. c. dans les liquides dits résiduels. Ce fait intéressant a été également signalé par M. Winter (loc. cit.). Dans les liquides en question, il a trouvé que la concentration varie de 0,0478 à 0,007. Elle est le plus souvent, soit 24 fois sur 31 cas, dans les environs de 0,01. D’après une moyenne de 43 analyses de liquide résiduel, nous obtenons pour V. c. le nombre de 0,0079.

Le plus faible chiffre est de 0,00083 ; il concerne un liquide ne renfermant pas de résidus alimentaires. Le plus fort s'élève à 0,03788 pour un liquide assez riche en résidus. D'une manière générale, les liquides qui contiennent des résidus notables des repas antérieurs présentent pour V. c. une valeur relativement élevée, pouvant dépasser celle du minimum observé pendant la digestion du repas d’épreuve. Mais cette règle souffre des exceptions. En outre, je n'ai pas compris dans les cas d'où je déduis la valeur de V. c. dans les liquides à jeun une observation de syphilis stomacale ayant déterminé une sténose pylorique simulant un cancer. Dans ce cas remarquable, on a pu retirer de l'estomac à jeun 430 em° de liquide de stase, épais, et donnant pour V. c. le chiffre tout à fait exceptionnel de 0,06560.

A 60 minutes, cette valeur ne s'élevait qu’à 0,05705. Il s'agissait d’une infiltration gommeuse de la région pylorique, à surface érodée, et laissant probablement suinter un liquide albumineux. C'est à cette parti-

cularité qu'on doit rapporter la valeur tout à fait anormale de V. c.

Rapports de la variation de concentration (V. c.) avec les types chimiques. — L'’extraction du repas d'épreuve ayant lieu dans la pratique à la 60° minute, . il m'a paru intéressant d'examiner si les chiffres tres variables que l'on trouve pour V. c. à ce moment sont dans un certain rapport avec les types chimiques. Pour atteindre ce but j'ai utilisé uniquement les cas dans lesquels il n'y a pas de liquide résiduel et je les | ai choisis parmi ceux qui concernent les malades de | | | À k | | |

la ville, le repas d’épreuve donné à l’hôpital ayant été le plus souvent non sucré.

Les faits montrent l'existence d’un certain rapport (à 60 minutes) entre la valeur de V. c. et le type chimique. Sur 10% cas d’hyperpepsie, la valeur de V.c. (à 60 minutes) est 83 fois inférieure à 0,05,

… soit dans 80 p. 100 environ des cas. Dans 8 de ces 83 cas, V. c. est inférieure à 0,01. Les cas les plus nombreux sont ceux où V. c. est entre 0,04 et 0,03. Les plus faibles valeurs de V. c. se rapportent à l'hyperchlorhydrie proprement dite.

Dans 21 cas seulement sur 104, soit dans environ 20 p. 100, la valeur de V. c. est supérieure à 0,05 et 3 fois seulement — dans ces 21 cas — un peu au-dessus de 0,1. La plupart de ces 21 cas appartiennent au type de l’hyperpepsie chloro-organique.

Les rapports entre la valeur de V. c. et le type

chimique sont également intéressants dans les faits d’hypopepsie.

Sur 128 cas, la valeur V. c. atteint 82 fois, soit dans environ 64 p. 100 des faits, un chiffre supérieur à 0,05 et 30 fois (sur ces 82), supérieur à 0,1, c’est-àdire dans la proportion, relativement très forte, de 23,4 p. 100.

La valeur de V. c. n’est inférieure à 0,05 que dans 46 cas, soit dans 36,7 p. 100. La plupart d’entre eux appartiennent au type de l’hyperchlorhydrie atténuée.

On en peut conclure que la mise en liberté de H indique non seulement une active dissociation du chlore, mais aussi une grande rapidité dans la marche des phénomènes de dilution. Et, point intéressant, cette production excessive de H a la même signification dans les cas d'hypopepsie que dans ceux d’hyperpepsie.

Au contraire, dans l’hypopepsie sans hyperchlorhydrie, c’est-à-dire dans les circonstances où la dissociation du chlore est plus ou moins faible, il y a en même temps diminution du pouvoir de dilution.

Comparaison entre le cycle physique et le cycle chimique. — Pour compléter cette étude, nous devons maintenant comparer la marche de V. c. avec celle de

F représentant le cycle de la réaction chimique.

Sur ce point les renseignements que nous avons pu rassembler sont encore peu nombreux, nos traces

il TROUBLES DE LA FONCTION ÉVACUATRICE 105 d'évolution ne renfermant la courbe de V. c. que depuis un temps relativement court.

Dans les cas d'évacuation d’une durée limitée, un de nos tracés (fig. 24) est à la fois complet et très instructif. Il s'agit d’un cas de digestion très pro- … longée, mais régulière (voir p. 182).

Nous y voyons que V. c. part à 30 minutes d’une valeur élevée, 0,09, décroît régulièrement pour

atteindre vers l’acmé de à 60 minutes, une valeur moyenne de 0,05125 et s’abaisse lentement entre 60 et 90 minutes (au moment où u est en plateau)

… à 0,042. Il y a donc ici concordance parfaite entre la marche des deux éléments indicateurs de l’évolution digestive.

Ce fait doit être assez fréquent chez les malades

. qui ne donnent pas lieu à un examen en série. Il est

rare dans nos observations parce que nous avons

précisément étudié, par ce procédé plus long, des cas spéciaux.

En voici un autre (fig. 24! bis) où l'évacuation est

également lente et de durée limitée. Les indica-

tions relatives à net à V.c. y sont tout à fait différentes (Voir p. suiv.).

Au moment où = arrive à l’acmé, à 90 minutes,

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