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DIGESTION NORMALE DU

Fig. 1.

REPAS D'ÉPREUVE. T, chlore total; F, chlore fixe (minéral); C, chlore organiquement combiné ; H, acide chlorhydrique libre; « coefficient A—H

. Toutes les valeurs sont

dosées en acide chlorhydrique.

la digestion et nous en avons fourni divers tracés probatoires. Depuis, nous avons complété l'étude de ces troubles dans plusieurs publications‘. Actuellement, le nombre des cas que nous avons étudiés étant considérable, nous allons pouvoir présenter un tableau assez complet des résultats acquis par l'étude de la fonction à la fois motrice et chimique de l'estomac dans les cas pathologiques et mettre sous les yeux des médecins, sous une forme saisissante, les signes objectifs les plus importants et les plus précieux que puisse

fournir l'exploration scientifique de l'estomac.

1. Contribution à l'étude des anomalies dans l’évolution du processus de la digestion stomacale, Bull. et Mém. de la Soc. méd. des hôpitaux, 16 et 23 oct. 1891. Leçons de Thérapeulique (cours

On reconnaitra — nous l’espérons — que ce progrès accompli dans la sémiologie gastrique est d’une importance notable et que la connaissance des troubles de l’évolution digestive doit servir de préambule à l'étude des gastropathies. Je tiens à dire, dès maintenant, que l'interprétation de mes observations a été facilitée par l'introduction dans les analyses de sue stomacal d’un facteur nouveau que M. Winter inserit, depuis 1901, sous le nom de variation de la concentrahon. L'intérêt considérable que présente cette valeur sera mis en évidence dans le cours de notre travail.

Toutes les analyses dont nous allons nous servir ont été pratiquées, soit par M. Winter qui est depuis plus de vingt ans notre chef de laboratoire de chimie, soit par un de ses élèves, M. Carrion, qui a été pendant plusieurs années le chef de notre laboratoire particulier à l’hôpital Saint-Antoine. C'est assez dire que ces analyses offrent des garanties exceptionnelles d’exactitude.

de 1891-92). Les Médications, 4° série. Paris, Masson, 1893. — Nouvelles recherches sur les troubles évolutifs de Ja digestion, Bull. el Mém. de la Soc. méd. des hôpitaux, 22 juin 1894.

TECHNIQUE : MANIÈRE DE PROCÉDER A LA DÉTERMINATION DU FONCTIONNEMENT STOMACAL

Dans la pratique, on se contente d’une seule analyse du suc stomacal qui est extrait à l’aide de la sonde 60 minutes après l’ingestion du repas d’épreuve.

Lorsqu'on croira devoir s'en tenir à ce simple examen, On aura soin d'extraire, autant que possible, tout le contenu de l’estomac.

Dans certains cas, on trouvera l’estomac vide au bout d'une heure. On devra alors extraire, un autre jour, le contenu stomacal 30 minutes après l'ingestion du repas.

Toutes les fois que l’on soupçonne une lenteur notable dans l’évacuation gastrique, on doit pratiquer deux examens au moins.

On recherchera d'abord s’il existe du liquide le matin à jeun. S'il y en a, on en fera l’extraction aussi complètement que possible et, dans les cas où la quantité en sera suffisante, on en pratiquera l’analyse. On fera ensuite l’extraction de la totalité du liquide gastrique une heure après l’ingestion du repas d’épreuve.

Pour faire une étude plus complète des cas où l'estomac se vide lentement, on pratiquera le genre d'examen que nous appelons en série.

La série est discontinue ou continue. La première

consiste à extraire le repas d’épreuve à des jours différents, à une époque de plus en plus éloignée du moment du repas. En général, on procède de 30 en 30 minutes : le premier jour le repas est extrait à la trentième, le second à la soixantième et ainsi de suite.

Et, à chaque examen l'estomac est vidé à fond. C’est le procédé à l’aide duquel nous avons étudié, M. Winter et moi, la digestion chez l’homme sain.

Ce genre d'étude ne manque pas d'intérêt, mais il n'est pas pratique.

Les résultats obtenus par M. Winter à l’aide des extractions parcellaires d’un même repas d’épreuve m'ont fait adopter, déjà depuis l’année 1891, l'examen dit en série continue.

Après avoir extrait, s’il y en a, le liquide à jeun, on fait prendre le repas d’épreuve et on en pratique des extractions de 30 à 40 cm* toutes les demi-heures.

Nous avons parfois fait jusqu’à sept à huit extractions successives. Dans les cas où l'estomac se vide le plus lentement, quatre extractions sont suffisantes. À la dernière, en devra vider l’estomac à fond.

Rappelons que le repas d’épreuve doit toujours être le même.

Nous avons choisi, M. Winter et moi, celui d'Ewald, composé d’un quart de litre de thé noir léger, sans crème et de 60 grammes de pain blanc rassis, auquel, dans les derniers temps, M. Winter a fait ajouter

10 grammes de sucre, afin de faciliter ses études sur la concentration.

On l'extrait sans se servir de liquide pour amorcer le siphon, c'est-à-dire par expression, en comptant le temps à partir du moment où lerepas a été commencé.

Nous employons pour cette extraction une sonde percée d’une manière spéciale, analogue à celle recommandée par Ewald, et munie de la poire aspiratrice employée par M. Frémont. Cette poire est indispensable pour les extractions parcellaires aussi bien que pour l'évacuation aussi complète que possible du contenu gastrique.

On se contente pour les extractions parcellaires du contenu plus ou moins complet d’une poire (30 cm° suffisent).

L'opération est certainement désagréable, surtout pour les malades qui n'ont pas l'habitude du siphonnement stomacal. Mais elle est d’une exécution facile et absolument exempte de dangers. Il faut, toutefois, s’en abstenir chez les malades qui vomissent du sang ou qui ont eu récemment une hématémèse.

Dans certaines circonstances pathologiques, d'ailleurs assez rares, il est difficile d'obtenir du liquide, bien qu'il soit évident que l'estomac en renferme une quantité notable. Cela peut tenir à la biloculation de la poche gastrique et il est alors inutile d'insister. Dans des cas un peu plus fréquents, l'estomac, très dilaté, mais inerte, ne répond pas à l'excitation produite

INTRODUCTION an

par la sonde, alors même qu'on imprime à celle-ci quelques légers mouvements de va-et-vient. On devra, en s’aidant de la poire aspiratrice et en faisant varier la position de la sonde, comprimer avec ménagement la région épigastrique et faire tousser le malade une ou deux fois.

Généralement on obtiendra une quantité de liquide très suffisante pour l'analyse; mais on sera parfois obligé de renoncer à une évacuation complète. Enfin, l'issue du liquide par la sonde peut être gênée par le passage de gaz distendant l’estomac et s’interposant par bulles à l’intérieur du conduit de caoutchouc. Dans ce cas encore, on sera exposé, même en s’aidant de la poire aspiratrice, à laisser dans l'estomac une partie du liquide qu’il renferme. Ces particularités devront être relevées.

Après avoir noté avec soin l'heure de l’extraction, on mesurera dans un vase gradué la quantité de liquide fournie par chacune des opérations. On s’inquiétera ensuite des caractères apparents des liquides, soit de la couleur, de l'odeur, de l’état plus ou moins complètement émulsionné des particules de pain entraînées, de la présence ou de l'absence de corps étrangers ou de résidus alimentaires pouvant provenir de repas faits antérieurement, de traces plus ou moins reconnaissables de sang.

Les liquides sont ensuite laissés au repos dans un

vase couvert. Bientôt ils présentent plusieurs couches. On note les caractères de chacune de ces parties de façon à complèter le premier examen.

On filtre sur du papier Berzélius ne renfermant pas de chlorures.

La lenteur plus ou moins grande de la filtration donne un renseignement important sur la teneur en mucus, dont la plus grande partie restera sur le filtre, surtout si le suc est acide.

Les parties filtrées sont soumises, après avoir été mesurées, au dosage acidimétrique et à l’analyse des éléments chlorés. On en réserve, autant que possible, une petite portion pour la recherche des peptones et pour les épreuves des colorants. C’est le volume du liquide obtenu après filtration qui est marqué sur le tableau de l’analyse.

— Quand nous reproduirons dans le cours de cet ouvrage des exemples d'analyses, nous inscrirons nos valeurs sur trois petites colonnes : la première comprendra les éléments de la réaction chimique, la chlorhydrie (C et H); la seconde, les chlorures (T et F); la troisième les valeurs acides (A et &).

HT T A ces indications sont ajoutés le rapport F: la

variation de concentration (V. c.); la quantité (Q) de liquide extrait, après filtration, et les caractères principaux de ce liquide; les résultats fournis par les réactions relatives aux peptones et aux acides gras.

Quand l’évolution digestive est étudiée à l’aide des extractions en série, on en dresse un schéma qui comprend deux tableaux. Le premier est composé de C,H(C+H);T,F; A ;le second comprend les courbes

de: 2 We

Sur la ligne horizontale, on porte le temps en minutes, correspondant aux divers moments des extractions. Sur la ligne verticale, les valeurs dosées ou calculées (voir fig. 1).

Il est utile de joindre à chaque schéma les indications relatives aux divers caractères des liquides extraits (quantité, résidus, etc.).

Quand on trouve du liquide à jeun, les valeurs qui y correspondent sont portées sur une ordonnée un peu distante des autres, de manière à ce qu’elle ne soit pas confondue avec celles qui appartiennent à l'évolution du repas d’épreuve.

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