‹ Les ex-libris et les marques de possession du livreChapitre 3 sur 13 · IG LES EX-LIBRIS · texte numérisé non relu

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jusqu'à la plus légère et incroyable fantaisie, il touche à tout, s'accommode de tout, invente ou copie, rit ou pleure à son gré.

Lorsqu'on feuillette à la Bibliotliè([uc nationale les cinquante ou soixante volumes d'ex-libris, classés alphabétiquement, on a l'impression singulière de visiter les tombes d'un cimetière. Pva})[)rochcs entre eux })ar les hasards de l'alphabet, ils oiïrent l'imprévu de ces monuments funèbres où les choses les plus folles côtoient les plus tristes. Vous savez ce que sont certaines épitaphes, risiblos, hélas ! par leur sérieux même ; les ex-libris ont cela. On y trouve les concessions à perpétuité, comme la marque de Birmingham gravée par Ingram ; des manières de tombe d'Hcloïse et d'Abeilard, comme l'ex-libris d'Edouard Bocking de Bonn. Et les inscriptions prétentieuses, les devises ampoulées, peu sincères, les tètes de mort des penseurs, les chouettes des philosophes, les squelettes des désabusés! Il y a les ruines, les colonnes brisées, les monuments détruits, les bustes, les portraits, les couronnes funéraires. Au milieu, les blasons des puissants du monde, rarement des gaietés, comme si la passion du livre poussait à la tristesse. Ceux qui

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vciilonl riro grimacent souvent, et leurs devises ont encore quoique parfum tic ci-gît : Mcniento mori. — Dum spiro spero. — Si peu vaut le monde !

C'est que, collés aux livres, les ex-libris sont vivants, et que, réunis en tas, ils sont morts.

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