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S LES EXCENTRICITÉS

tique le sacré-chien, c'est le sentiment de l'art, c'est le feu sacré. — On dit dans le même sens : Il a du clnen. Allusion à l'eau-de-vie.

Piquer un chien : Dormir. On trouve dans Rabelais un exemple de dormir en chien. — « Sur l'étude passons. Il n'est qu'un seul moyen De la bien employer, c'est de piquer son chien. » — Souvenirs de Saint - Cyr.

Chiffarde * Pipe (Vidocq).

Chifferton : Chiffonnier (id.).

Chiffon : Mouchoir. — Chiffonnier : Voleur de mouchoirs.

Chiffon rouge : Langue. — Allusion à la couleur et à la souplesse de la langue. V. Balancer.

Chigner : Pleurer. — « Ça lui fera du bien de chigner. » — Balzac.

Chiner : Aller à la recherche de bons marchés. — « Remonenq allait chiner dans la banlieue de Paris. » — Balzac. — « Les roulants ou chineurs sont des marchands d'habits ambulants qui, après leur ronde, viennent dégorger leur marchandise portative dans le grand réservoir du Temple. » — Mornand.

Chinois : Homme original, fantasque. — « Làdessus, v'ià mon Chinois qui se fâche. » — Monselet.

Chique : Église (Vidocq). V. Momir, Rebâtir.

Couper la chique: Dérouter. — Du vieux mot chique : finesse (Roquefort). — « De la réjouissance comme ça ? Le peuple s'en passera. C'est c' qui coupe la chique aux bouchers. » — Gaucher, Chansons. — Couper la chique à quinze pas : Se faire sentir de loin.

Chique. V. Cliic. — Chiquement : Avec chic.

Chiquer : Faire avec chic, supérieurement. — « Je leur en ferai des discours, et des chiqués. » — Chenu.

— « Auprès d'elle, Eugénie Nu bras, Nous chique avec génie, Son pas. » — 1346, Priv. d'Anglenaont.

Chiquer : Manger, dépenser. — Mot de la langue romane. V. Roquefort. — « Xe pourrions-nous pas chiquer un légume quelconque? mon estomac abhorre le vide. » — Balzac. — « Il m'a fallu tout mettre en plan. J'ons chiqué jusqu'aux reconnaissances. > — Dialogue entre Zuzon et Eustaehe, chanson, 1836.

Chiquer : Battre. Mot à mot : avaler. Même racine que la précédente.

Chiqueur : Glouton. — Chiqueur ; Artiste dessinant de chic, sans étudier la nature.

Chocxoso, sof, sopiie, sogue, koxxoff : Brillant.

— On ne paraît pas bien fixé sur l'orthographe de ce mot. — « Dans cette situation, comment dire?... — Chocnoso... » — Balzac. — Dans Pierre Grassou* 'e même auteur écrit Chocnosoff. — «Je m'en vais chez le restaurateur commander un dîner kox-noff. » — Champfleury. — « C'est koksnoff, chocnosogue, chicardo, snoboye. » — Bourget, Chansons. — « Sa plume était chocnosophe, et ses goûts ceux d'un pacha. » — Comme rson.

Cholette : Demi-litre (Vidocq .

Ciioper : Voler (Vidocq . — Mut à mot : toucher quelque chose pour le faire tomber. — Roquefort donne choper dans ce sens.

Chopin : Vol. — a Quand un voleur fait de la dépense, c'est qu'il a fait un cv.opin. » — Canler.

fO LES EXCENTRICITÉS

Chose, Machin : On appelle ainsi celui dont on ne se rappelle pas le nom (Dhautel). — « Chose est malade. — Qui ça, Chose? » — H. Monnier. — La coutume est ancienne. Tallemant desRéaux conte que « M. le Mage, conseiller à la Cour des aides, dit toujours Chose au lieu du nom. »

Chose : Dignité. — « Tu me feras peut-être accroire que tu n'as rien eu avec Henriette? Vois-tu Fortuné, si tu avais la moindre chose, tu ne ferais pas ce que tu fais... » — Gava m i.

Chose : Indignité. — C'est ce gueusard d'Italien qui a eu la chose de tenir des propos sur Jacques. » — Ricard.

Chose : Embarrassé. — Du vieux mot choser : gronder. V. Roquefort. — « Ma sainte te ressemble, n'estce pas, Nini? — Plus souvent que j'ai un air chose comme ça! » — Gavarni. — « Ce pauvre Alfred a sa crampe au pylore, ça le rend tout chose. » — E. Sue.

— « Mamselle, v'ià qu' vous m' rendez tout chose, je vois bien que vous êtes un esprit fort. » — Rétif, J783.

Chou : Sobriquet amical. — « L'une m'appelle mon chou, mon ange. » — Francis, 1825.

Chouchouter : Choyer tendrement. Vient de chou.

— « Tu seras chouchouté comme un dieu. » — Balzac.

Choucroute (Tête ou Mangeur de) : Allemand.

Chou colossal : Entreprise destinée à tromper le public par des promesses ridiculement alléchantes. — « Il y a deux ou trois ans, on vit à la quatrième page des journaux un éloge pompeux d'un nouveau chou... Ce chou était le chou colossal de la Nouvelle-Zélande,

servant à la fois à la nourriture des hommes et des bestiaux et donnant un ombrage agréable pendant l'été. C'était un peu moins grand qu'un chêne, mais un peu plus grand qu'un prunier. On vendait chaque graine un franc... On en achetait de tous les coins de la France. — Au boutde quelques mois, les graines du chou colossal avaient produit deux ou trois variétés de chou connues et dédaignées depuis longtemps. La justice s'en mêla. » — Alph. Karr, 1841. — L'inventeur du chou colossal était un bonnetier. Il se suicida en voyant la mauvaise tournure que prenait la spéculation.

Chouette, tard, tàûd : Parfait. — « Cré chien! Loïse, t'as là une casquette un peu chouette!... » — Gavarni. — « Ah! vous avez là une chouette femme. » — Gavarni. — Voici peut-être un des premiers exemples du mot : « Ma femme seracoincteet jolye comme une belle petite chouette. » — Rabelais.

Choucttement : Parfaitement. — « Suis-jc près d'un objet charmant, Pour l'allumer chouettement, Mon cœur est comme une fournaise. » — Festeau.

Chourix : Couteau. — Chourlncr : Donner des coups de couteau. Formes des mots surin et suriner, usités dans le même sens. — Le Chourineur est un type des Mystères de Paris d'E. Sue.

Chrétien (Lait) : Lait baptisé, étendu d'eau. — « Une douzaine de drôlesses déguisées en laitières vendent du lait trois fois chrétien. » — Privât d'Auglenidnf.

Cigale : Pièce d'or (Vidocq). — Comparaison du tintement des louis au cri de la cigale.

82 LES BX£K&TRf CITÉS

Cigogne : Préfecture de poiice. — « Railles, grivier.s et cognes nous ont pour la cigogne en partie tous paumés. » — Vidocq. — Y. Dah.

Cipal : Soldat de la garde municipale. — « Les danses ont été légèrement échevelées, mais, suivant les auteurs de la Corde sensible ; Le Cipal n'a rien à dire Aux entrechats de la vertu. » — Xaquet.

Citron : Note aigre. — « Trois citrons à la clef. » Nadar.

Claques (Figure a; : Figure qu'on souffletterait volontiers. — « Oui, ces figures à claques, nous les ca • resserons. » — Cogniart, 1831.

Civil : Bourgeois. V. Astiquer.

Clair : OEil. — Allusion à l'éclat du regard. — « Allumez vos clairs et remouchez. » — Balzac.

Claquer : Mourir. Terme figuré. Ce qui claque, dans le sens ordinaire, est hors de service. — « C'est là que j'ai appris, entre autres bizarreries, les dix ou douze manières d'annoncer la mort de quelqu'un : il a cassé sa pipe, — il a claqué, — il a fui, — il a perdu le goût du pain, — il a avalé sa langue, — il s'est habillé de sapin, — il a glissé, — il a décollé le billard, — il a craché son âme, etc., etc. » — Delvau.

Claquer : Manger. — Allusion au bruit des mâchoires. — « Il faut claquer, vaille que vaille : De par la loi Ton te nourrit. » — Wadb, Chanson. — On dit au Éïguré Claquer : dissiper.

Clarinette : Fusil de munition. — « Quant au fantassin, il est obligé de porter un fusil de quatorze li-

Très, aimable clarinette de cinq pieds. » — Vidal, 1833.

— Y. Agrafer, Toile.

Cliché : Invariable. — Synon. de Stéréotypé, et emprunté comme lui à certains procédés d'impression. — « Tel est le discours cliché que le vénérable baron Taylor a en réserve pour toutes les circonstances.)) — Figaro.

Cloporte : Portier. — Calembour : clôt-porte. — « Je connais le truc pour apprivoiser les cloportes les plus farouches. » — Alontépin.

Cloche de bois 'Déménager à la; : Déménager furtivement en tamponnant la clochette d'éveil adaptée aux portes de beaucoup d'hôtels garnis.

Clou : Prison. — On ne peut pas en bouger plus que si on y était cloué. — « Je vous colle au clou pour vingt-quatre heures. » — Xoriac.

Clou : Mont-de-Piété.— - Mot à mot : prison d'objets engagés. — « Il avait mis le linge en gage; on ne disait pas encore an clou. » — Luchet.

Clouer : De clou dérivent accrocher, clouer, déclouer et surclouer. (Engager, dégager et renouveler au Mont-de-Piété.) — « Jeune insensé, oublies-tu que nous avons passé le 20 du mois, et qu'à cette époque les habits de ces messieurs sont cloués et surdoués. »

— Murger.

Clous de girofle : « Mm* Cramoisi demanda un jour aSanteuil combien ils étaient de moines à Saint-Victor. — « Autant que vous avez de clous de girofle dans la bouche, dit Santeuil qui n'était pas de bonne humeur, voulant parler de ses dents qu'elle avait noires et gâtées. » — Santoliana. 1764.

Cocarde : Tête. — En prenant la coiffure pour la tête, on a dit taper sur la cocarde ou sur le pompon, pour : frapper sur la tête de quelqu'un.

Avoir sa cocarde : Être i\re, avoir le visage teinté par un excès de boisson. — « Vieux! Avec sept cent mille francs on a bien des cocardes. » — Balzac. — « J'y voyais en dedans, Todore ne parlait pas. Robert nous dit : Vous avez votre cocarde. » — Monselet.

Cocardier : Homme fanatique de son service, zélé jusqu'à l'exagération de ses devoirs. — Cette dénomination spéciale à l'armée se sent plus qu'elle ne s'explique. Le cocardier croit avoir toujours l'honneur de sa cocarde à soutenir.

Coco : Cheval. — « Ce grossier animal qu'on nomme vulgairement coco. » — Aubryet.

Coco : Nom d'amitié. — « J' vais te donner un petit becquau. Viens, mon coco. » — Dialogue entre Zuzon et Eustache, chanson, 1836.

Coco : Homme peu digne de considération. — « Joli Coco pour vouloir me faire aller. » — Balzac.

Se passer par le coco : Manger. — Comparaison de l'estomac humain à celui du cheval et du perroquet. Les refrains connus de la Botte à Coco et de As-tu déjeuné, Coco, ont pu en donner l'idée à l'armée comme à la bourgeoisie.

Cocodès : Jeune dandy ridicule. — Diminutif de coco pris en mauvaise part. — « Ohé! ce cocodès a-t-il l'air daim ! » — L. de Neuville. — Une physiologie des Cocodès a paru en 1864.

Cocotte : Femme galante. — Mot à mot : courant au coq. — On disait jadis poulette. — « Mrae Lacaille

disait à toutes les cocottes du quartier que j'étais trop faible pour faire un bon coq. » — 1817, Sabbat des Lurons. — Aujourd'hui une cocotte est un embryon de lorette. — « Les cocottes peuvent se définir ainsi : Les bohèmes du sentiment... Les misérables de la galanterie... Les prolétaires de l'amour. » — Les Cocottes, 1864.

Coenne de lard : Brosse (Vidocq). — Allusion

aux soies qui garnissent la coenne.

Coeur sir le carreau (Jeter du) : Vomir. — Ce calembour se trouve déjà dans Le Roux Cl'lSj et dans les Jeux d'esprit de La Châtre.

Cognac, Cognard, Cogne : Gendarme Vidocq). — Est-ce parce qu'ils cognent les malfaiteurs. V. Ci* gogne, Raille.

Cognade : Gendarmerie. V. Garçon.

Cogner : Battre. — « Je me cogne quelquefois... On me craint comme le feu dans la Cité. » — E. Sue. V. Ça.

Coiffer : C'est-à-dire : coiffer de cornes, faire une infidélité conjugale. — « Mariez-vous, et par Autre compagne, Heureux coiffeur, ne soyez pas coiffé î ! ! » — La Bédollière.

Col (Se pousser du) : Se faire valoir. Passer la main sous le menton en renversant la tète est un geste de présomptueux. — « Toi qui te poussais tant de col, Nous t'avons pris Sébastopol.* — Remy, Chanson, 1856.

Colas, Colin (Vidocq). — Diminutif de col. — Faucher le colas : Couper le cou.

Colbsck : Cotisent. — Comparaison de sa chevelure,

qui n'est pas encore taillée militairement, au bonnet à poil dit colback.

Collage : Liaison galante de longue durée.

Se coller : Contracter un collage. — « Julia : Qu'estce que va devenir Anato'e? — Àmandine : Le monstre! il est déjà collé avec Rachel. » — Les Cocottes, 4864.

Collant : Dont on ne peut se débarrasser. — « Nous sommes rabiboebés. C'est une femme collante. » — L. de Neuville.

Colle : Mensonge. — Nous trouvons dans la JuUade (1651) : « Pour mieux duper les amoureux, Etre adroit àfieber la colle. » — Les coquillards de Dijon disaient dès 1455 : faire la colle, pour feindre

Colle : Examen préparatoire. — « On est toujours tangent h la colle. » — La Bédollière.

Coller : Examiner. — Colleur : Répétiteur chargé d'examiner. — « Un colleur à parler m'engage. » — Souvenirs de Saint-Cyv>

Coller : Prendre en défaut. — « Voilà une conclusion qui vous démonte. — Me prêtes-tu 500 fr. si je te .colle? » — E. Augier.

Coller sous bande (Y. Bande) : — « C'est fini, \\* sont collés sous bande. » — Robquin, Chansons.

Coller : Jeter. V. Clou. — « On l'a collé au dépôt, envoyé à la Préfecture de police. » — Monselet.

— « Pas un zigue, mêm' un gogo, Qui lui colle un monaco. » — Léonard, Parodie, 1863. — Y. Colle.

Collège : Prison.— Collégien : Prisonnier (VidocqA.

— Ces mots ont dû être inventés par un malfaiteur qui avait reçu de l'éducation.

Colletix : Force (Yidocq). — Vient de Colleter.

Collier, coulant : Cravate (Vidocq). — Mots expressifs et Lien dus aux voleurs qui voient dans te cravate un moyen de vous étrangler.

Coloquinte : Tête de forte dimension. — Allusion de forme. — « Je crois que vous avez la coloquinte tant soit peu dérangée. » — L. Desnoyer.

Coltiger : Arrêter. — Diminutif de Colleter. — « J'ai été coltigé et trois coquins de railles sur mesigue ont foncé, ils m'ont mis la tortouse. » — Yidocq.

Comberger : Compter (Vidocq).

Combre, Combrieu : Chapeau (Vidocq . — Même observation pour ce mot que pour eabeei ealein. Le chapeau est ce qui ombrage la tôle et, par contraction, ce qu'ombre. — Combrieu est un diminutif de Combre, Y. Tirant.

Come : Commerce (Vidocq). — Abréviation.

Comme il faut : Air de bonne compagnie. — «Tu les reconnais à leur élégance un peu prétentieuse, à leurs grâces étudiées, à leur comme il faut qui manque de naturel. » — J. Janin.

Pris aussi adjectivement ■ — « Elles hantent les endroits comme il faut. » — Lynol. — « .11 y a des personnes très-comme il faut qui viennent chez elle. » — E. Sue.

Compas (Ouvrir, fermer le) : Activer, ralentir sa marche. — « Nos conscrits ferment le compas. » — Comparaison des jambes aux brandies d'un compas.

Complet (Etre) : Être complètement ivre. Compote (Mettre en) : Contusionner fortement. On

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