AUTEUR DRAMATIQUE ET S05KE9R' PE CLOCHAS
Celui-là est le véritable excentrique, et je l'aime parce qu'il n'est pas Français. Il a toutes les qualités anglaises -, il est célèbre au boulevard du Temple, mais il mériterait de demeurer à Londres, proche du pont de Waterioo.
Les Français n'ont guères le droit d'être appelés excentric's; ils sont bourgeois ou artistes sans intermédiaire. Quand leur vie se dérange un peu, ils tombent dans rHALLUciNATioN. Cest triste. ^
On en fait dés fous et on les enferme.
Tout homme a son talent d'Achille. Lamiral, en 1820, trouva une veine glorieuse •, il était l'auteur ordinaire du théâtre Séraphin. Cet homme illustre fit jouer par les acteurs ordinaires des Ombres Chinoises, galerie du Palais-Royal : 1« la Boule d'Or; 2* le Lion de Salerne; 3® les Petits Maraudeurs; \^ les Ecoliers en Vacances;
5*^ la Petite Glaneuse ; %^\'Ane au Salon ; V les Petites Pensionnaires, etc.
n obtint d-]}onorabIes succès *, savez-vous où les Ombres Chinoises le mènent? — A écrire plus tard TAtiberge du Grandr-Croissant^ drame en deux parties. Ah ! que l'homme est faible !
n arrive à Lamiral une de ces bonnes fortunes si rares dans la vie ) 11 a à sa disposition un joli théâtre, des spectabBsrs pleins d'enthousiasme et d'enivrenent, des spectateurs de sept ans ; il a sous la main, dans une boite, des acteurs remplis de bonne volonté, qui ne sont jamais malades, qui ne sont jamais enrhumés, d'honnêtes gens des deux sexes qui ne se plaignent jamais du costumier, qui jouent consclencieusetnent sans faire fœil aux avant-scènes. Des acteurs en papier ! '
Et il s'en va trouver des hommes, de vrais hommes, en chair et en os, nsal bâtis, qui se mouchent en scène, qui crachent devant le public, qui disent làux^ qui jouent au iSachet et qui tremi)lent d'avance de ne pas voir leur cachet payé .Et les actrices ; ça consiste dans une jambe, dans un nez relevé ou droit, dans des sourires à Torcheslre \ chaque mot de l'auteur se traduit de leur part en : psttt ! psttt ! aux avant-scènes.
Voilà où tomba ce malheureux Lamiral pour avoir eu la faiblesse^ d'écrire V Auberge du Grand-Croissant, drame joué dans une salle non aulôriséé du faubourg Saint-Antoine..
Mais je m'arrête dans toutes ces diatribes contre les comédiens , ayant à prendre la vie 9t Lamiral à son coramencemerit -, dans ce temps-f* de pruderie et de
tartuferie, il a eu le eourage d'écrire sa monoglraphie : «MiMOiREs, Voyages, Aventcrbs et scènes, proverbes tragi-comiques de J.-P. LÂHIRAli, écrits par lui-même Paris. Marchand, boulevard Saint-Martin, 1845. n
La monograptûe est chose si rare que MM. Sainte- Beuve, Théophile Gautier et Alfred de Musset ne l'ont pas osée et se sont cachés derrière Volupté , Fortmio et les Cmifèssions d^un enfant du siècle. Aussi se^erd-on dans ces œuvres hybrides moitié romaûs^ moitié confessions où les auteurs oat accusé autant de désirs que de réalités^
Un peu tracassé par l'exemple de ces romanciers, Lamiral n'a pas osé le Je. Il imprime sur sa couverture que les mémoires sont écrits par lui-même et il se sert de la troisième personne, ce qui est là preuve d'une timidité et d'un trouble dans les idées que rien n'excuse.
« Jean-Pierre Lamiral naquit à Paris, le 21 novembre 1799, à une heure du matin environ, dans une maison appelée Maison Brûlée, grande rue du faubourg Saint- Antoine, en face celle iJaint-Nicolas. Il est JSls de Dominique Lamiral, ouvrier boulanger, et plus tard militaire tué sur le champ de bataille. Sa mèfe se nommait Thérèse Dufour, ouvrière en robes. »
Voilà un début plein d'assurance et bien éorit ^ à quatorze ans Lamiral avait du goût pour le dessin, la musique et la poésie, et il dessinait des monuments d'après nature ^ mais « il les retraçait imparfaitement. » En 18 15 il fit représeater au théâtre de la Victoire, aujourd'hui PeMt-Lazary, Arumire, drame en trois actes. Le
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monograpbe est très^hagrin d'avmr perdu le mâBoscrfl ddos un voyage.
£n 1830 il était directeur du théâtre de la Qté (aujourd'hui bal du Prado) que l'autorité fit fermer ipielques mois après; c'est dans cette même année que Lamiral, dégoûté des pompes du théfttre, se jeta dans les bras de l'Eglise.
Avec la protection de M. Robinet, maître «de cérémonies de la paroisse Sainte-Etienne-du-Hont, il devint maître sonneur. Je laisse ici parler l'auteur lui-même :
<« Lamiral, dans sa jeunesse, avait montré beaucoup de goût pour la sonnerie des églises. C'était un divertissement pour lui ; il préférait ce délass^nent à tout autre genre d'amusement.
«« Il fit des études ^tir cette partie, qui jusqu'alors est restée ignorée cliez les peuples. Les prêtres eux-mêmes, qui devraient y apporter le plus grand intérêt , ne s^en occupent aucunement. Les règlements n'y sont point observés. »
Ces quelques lignes m'ont donné une grande amitié pour Lamiral \ il est sérieux et conv^ncu; artiste en cloches , il rappelle avec une différence de style les aspiration de Qmsimodo. Les grandes voix d'airain le remplissent d'émotion^ cette faculté >n'a été donnée qu'à de rares hommes.
Après des étu^QS, des méditations et des nuits sans sommeil, Lamiral publia Y Art de la sonnerie^ dont je parlerai plus tard.
Mais une chose m'étonne, c'est qu'en même temps Lamiral revient aux choses badines \ il passe sans peine
du oloclier à la goguelte. Le chant du bourdon et la chanson de Désaugiers se mêlent également dans son âme. Lamiral, par son caractère léger, donne raison aux chansonniers qui tnâftent les sonneurs de sac-à-vin^ au fond, c'était la poésie qui Tentrainait à la société épicurienne française, dont il était d'ailleurs le président. Un jour, glorieuse soirée ! Désaugiers, Brazier, Radét, de Piis, Gentil vinrent en visiteurs à cette société. G'étaieot de charmants personnages que tous ces vaudevillistes illustres. Lamiral chanta aussitôt :
On peat ben m' croire, le sois d^bonne foi ; "
Je suis content, moi. ■ -
Lor84{ae j'peui boire Qoftnd tout le monde est là.
Ah! c^estbença.
Qtfon ne se fâche pas trop de cette improvisation en colloboration avec Neveux, le secrétaire de la goguette! M. de Piis, qui trouvait les vers avec un charme qu'on ne retrouve plus, M. de Piis sourit ; Désaugiers applaudit. 11 n'a manqué à cette solennité que le célèbre Pain et le vertueux Bouilly.
Puisque j'ai parlé de Neveux' qui improvisait des chansons en collaboration avec Lamiral, il faut en dire deux mots : il appartient à cette classe de goguettiers dont la race est perdue aujourd'hui ^ qliMait un perruquier du fauîx)urg Saint-Antoine et de plus membre actif de plusieurs sociétés chantantes, les Enfants de Momus^ les Carlovingiens, les Petits Soupers lyriques^ etc.
De nos jours M. Orûla seul est resté un type de ces
Français malins de la Restauration ; le doyen de la faculté de médecine appartient à la société lyrique des Enfants d'Apollon,
Neveux, qui buvait comme un trou, finit par être dévoré par le vin, suivant un mot populaire. Il mourut en chantant ; le jour de son enterrement, Lamiral sonna lui-même lescloches% Ce fut une belle sonnerie : il sonna comme pour lui. Et non content d'avoir fatigué ses bras en l'honneur du défunt, il prononça sur sa tombe un discours si remarquable qu'on peut l'appeler un discours de première classe :
« L'humanité, la reconnaissance, tout nous crie que le cercueil de Neveux doîl être arrosé de nos larmes. Oui, brave ami, à te pleurer ici-bas chacun soulage son cœur, n (Remarquez l'inversion toute racinieilne!)
« L'éternité s'avance et déjà le ciel entr'ouvert, d'un œil propice, s'apprête à te fêter et à t'admettre auprès de ce Dieu si puissant ! Oui, frère, Ion souvenir est tracé par nos immortels crayons. »»
TSos immortels crayons révèle un certain orguçil chez Lamiral.
« Tu marches à grands pas vers le temple du Très- Haut; et pour en fixer la splendeur, il ornera ton tombeau de palmes et d'olives. »
Si Lamiral n'était pas poète, je lui contesterais V olivier dans les dmeti^s parisiens -, mais il feut savoir pardonner au dithyrambe douloureux.
V(^i quelques-uns des titres de sa iconographie : le deuil et la galanterie \ le convoi et l'amour -, un goguetlier mangé aux vers et une jolie vicomtesse \ tout cela
est du domaine des romanâers qui se livraient aux titres antithétiques : la Pritna Dona et le Garçon Boucher. Après la mort de son ami Neveux, Lamiral fit la conquête de la vicomtesse de G..., épisode de sa vie sans importance, à côté du suivant. Lamiral se marie-, il épouse le 29 juin 1824; « jour de Saint-Pierre et Saint- Pau], après trois semaines de fréquentations, » madame Dubreuil, jeune veuve et marchande liugère de la plaee Saint-Étiennenlu-Mont.
A tout sonneur, tout honneur. Ils furent mariés par monseigneur l'évéque de Grenoble, ancien curé de Sainir Étien»e-du-Mont, et par M. Robinet, maître de eérémonies. « Ce mariage fut célébré avec pompe, dit Lamiral; les cloches sonnèrent *, la musique fit entendre ses sons doux et harmonieux, »
J'ai d'abord cru que la veuve avait été séduite par Part avec lequel Lamiral mettait ses cloches en branle ; mais la marchande de meubles n^eut jamsûs oreille ouverte aux carillons, puisque après le mariage elle fit quitter cet art à son mari. Le monographe me plaît surtout par sa franchise ; il me rappelle quelquefois Restifde-la-Bretonne dévoilant les mauvaises actions de ses filles, de sa femme, de son gendre, en même temps qu'il disait les vertus de ses ancêtres. Et je n'imiterai pas la faiblesse de Grimod de la Reynière qui s'indigne de trouver en romans les moindres faits de la famille de Restif . Quand on entreprend de raconter sa vie, il la faut nette et crue. Que l'écrivain ne craigne pas plus de montrer ses vices que ses vertus ! La sincérité fera toujours un bon livne et sauve de l'immoralité.
LAMIRAL* n
Pour tout dire, Lamiral s'avoue trompé^ un aocieu amant italien reparait ; le ménage va à la diable et notre héros « subit de mauvais traitements de sa femme, <» c'est-à-dire qu'il est battu en même temps. Plus tard Lamiral aurait pu se venger d'une manière éclatante \ il tient en main le burin de l'historien, il est a la fois juge et partie. Et bieanon; c'est un homme calme, sage autant que Socrate, el il écrit sans trouble comme sans colère les lignes suivantes :
« Lamiral apprit, en 1832 la mort de son épouse, décédée dans les bras de son amant. »
Ces simples mots devraient être donnés en exemple à tous les maris qui ont le front d'exposer leurs tribulations de ménages dans la Gazette des Tribunaux et qui livrent leurs lettres, leurs anciennes amours, leurs confidences aux habitués de cafés.
En 1830 Lamiral se bat en lion-, les certificats sont imprimés, Lamiral le sonneur, Lamiral l'auteur dramatique,Lamiral le chansonnier est un brave; il est nommé sous^fficier des volontaires nationaux, corps dont il ne reste plus mémoire *, et comme il était blessé, on l'envoie àBayonnepour se guérir; msj^ les. héros révolutionnaires sont bien vite oubliés. 11 revient à Paris sans un sou vaillant, et la rage des spectacles le reprend à tel point qu'il se fait condamnera 25 francs d'amende pour ^oir ouvert un théâtre sans autorisation.
On le poursuivait ; il errait de théâtre de société en théâtre de banlieue et ses affaires ne s'arrangeaient pas. Voytotcela, il se dit : je serai auteur et acteur, je ferai des pièces et je les jouerai. C'est dans ces bonnes iiilen-
lions qu'il aborda le théâtre Dorsay autrement dit théâtre de madame Saqui.
On connaît ces tristes inventions dites chansonnettes comiques qui sont aux vaudevilles ce que M. Clair ville est à Shakspeare. Des acteurs exprès ont contribué à vulgariser ces platitudes ; mais ce qu'on ne sait pas, c'est que Lamiral, le premier, fut Tinventeur dela^chose.
n composa le Savetier en goguette^ monologue représenté chez madame Saqui.
«Cette scène jouée par Fauteur, dit Lamiral,fut interrompue par une cabale composée par les acteurs de Dorsay, des Funambules, du Petit-Lazary. n
J'ai déjà,dit le respect que j'avais pour Làmiral; mais je crois que son amour-propre blessé l'a trompé sur ses véritables siffleurs. Les études particulières que j'ai faites de tous ces bouges dramatiques m'obligent à déclarer que les comédiens des Fufnambules ne vont pas siffler leurs inférieurs du Petit-Lazary et que les comédiens du Lazary ne viennent pas troubler leurs supérieurs des Funambules.
Ce qui prouve l'erreur de Lamiral, c'est qu'au théâtre Saint-Marcel,' loin de toutes jaloi^ies théâtrales des acteurs du boulevart, on jeta à notre homme « du foin, de la paille, du laurier, un joli bouquet de trognons de choux. « Peut-être Lamiral se trompait-S sur sa vocation 5 peutêtre perdait-il son assurance en scène. Il est arrivé plus d'une Ibis qu'un débutant a été brûlé par les planches au lieu de les brûler.
J'ai lu avec une scrupuleuse attention les ouvrages dramatiques de Lamiral et je les trouve inférieurs. Ils
sont au nombre de deux, car je ne compte pas les Ënsor-
GELÉS, tmiï^deFavart ; du reste il fallait un grand génie pour se tirer de pièces à un personnage. Sans doute dans le Savetier en goguette^ il y a mademoiseUe Mitonnée, Balochard fondeur^ Lavigne marchand de vins. Dans la Loge du Portier îe remarque bien la cuisinière Thérèse, un municipal, une voix *, mais tout ce monde-là ne sort pas de la coulisse ; il faut que l'auteur ventriloquie, oe qui est d'un mauvais effet.
A force de génie, nos pères du théâtre de la Foire reuversaient les ordonnances de police qui supprimaient tour à tour des personnages, pour arriver à la suppression de la parole ] mais là it y avait révolte contre des comédiens aristocrates, le peuple s'associait aux souffrances des pauvres théâtres forains 5 tous luttaient d^ntelligence, les comédiens pour se fairç comprendre^ le peuple pour comprendre .
Je n'ai vu dans ma vie qu'un spectacle bien digne d'intérêt et qui déroutait la censure par ses hiventions. C'était le Caveaù-Montesquieu qui avait le droit déjouer des pièces à deux personnages. Tous les soirs l'étrange et malhonnête population qui se donnait rendez-vous dans ce lieu, applaudissait les exercices du Sauvage et Micliel et Christine de M. Scribe.
Au dénoument, le pertonnage de la mère de Christine était de toute'utilité: car diverses fois, dans le courant de ce spirituel ouvrc^e, il avait été question du refus de la mère à l'union de sa fille avec le soldat. Donc le mariage était impossible, la censure s'opposant vivement à l'entrée en scène d'un troisième j^ersonnage.
U LES EXGENTBIQUES.
Or le Caveau-MoDiesqiea avait inventé ceci ; Christine allait vers la coulisse cpii repré^ntait une cabaûe et s'écriait : « Ha 'mère, je vous en prie , consentez à notre union. »
Une main sortait alors de la coulisse et faisait un geste de dénégation. Michel saisissait cette main^ la baignait de ses larmes et lui chantait un de ces couplets militaires dont Fauteur des Mémoires d'un colonel de hussards a le monopole. La main était émue *, elle ))énissait ses enfants et le vaudeville se terminait à la plus grande satisr- &ction des femmes sans nom, pauvres créatures à qui le caveau du Sauvage était resté comme montre et que la police obligeait à ne jamais s'arrêter à une table/ mais à tourner perpétuellement autour de la salle, comme des figures de cire chez les coiffeurs.
Lamiral, après ses mésaventures de théâtre, continue le cycle de ses amours. U souffre avec mademoiselle Joséphine Dublin -, il est la victime de plaisants qui lui font faire la cour Et un homme habillé en femme ^ ne lui improvise -t-il pas des vers ! Il y a encore madame veuve D...., la belle bouchère du faubourg, et les amours avec la bossue, intrigues qui se terminèrent mal.
En fin de compte, Lamiral revint à ses cloches de Saint-Etienne -, il les retrouva en bonne santé à Texception d'une petite qu'on appelait la Mariette qui s'était cassé le crâne en voulant dansev trop haut. Il lui a consacré quelques lignes de regret dans l'Art de la sonnerie :
« Pauvre Mariette! voilà où conduit la légèreté. Tu avais la voix claire et Umj^de et tu jalousais la grosse
voix du Bourdon ; mais, ma 'fille, tu ne mourras pas entièrement. Tu fls été cloche, cloche tu seras encore. Le fondeur va allumer son grand feu et tu sortiras du moule avec une belle robe luisante. Si Je'peux être ton parrain, je commencerai par embrasser ta marraine et je te donnerai à PoreiÙe de prudents conseil^. »
Lamiral, quand il écrit sur le théfttre, est quelquefois commun et vulgaire ; au contraire^ quand il traite des cloches, il devient poète. Je ne mettrais pas en comparaison son livre avec les Cloches de Schiller, cependant il a des morceaux mystiques et naïfs qui accusent sa profonde sincérité dé clocheur -
Il n*aime pas les carillons de province, et il a raison ; j'expliquerai en peu de lignes tout son chapitre sur ce sujet. II dit que les cloches sont une musique toute particulière, un plain-chant dafis les airs; et il fait tous ses efforts pour tâcher d'abolir cette mauvaise école de sonneurs qui jouent des airs avec des marteaux sur les petites cloches. Je suis entièrement de son avis *, combien ai-je souffert en province d'entendre de petits airs joués avec une lenteur désespérante au clocher de la vieille cathédrale de Laon! Les 'maudits sorineurs, quoique agissant en sens contraire des faiseurs de quadrilles, mettaient la même mauvaise foi dans l'exécution. M. Musard arrange en deux temps toutes les mesures d'opéras ; ainsi le veulent les jambes des danseurs. Au contraire les sonneurs prennent un motif alkgro et en font un fnaestoso allongé pour la plus grande commodité des carillons.
Lamiral traite aussi des sonneurs, qu'il juge gens
méprisables, sans vocation, sans instinct. « II serait bon, dit-il, que chaque paroisse établisse une maîtrise dirigée par un homme intelligent, lequel chercherait des jeunes gens, les nommerait apprentis aprte un an de travail et les recevrait déflnitivement sonneurs après mûr examen. Surtout il faudrait s'attacher à grouper quatre par quatre les hommes de même force, afin que leurs mouvements soient bien égaux et méthodiques.
« J'ai vu^ dit-il, à l'église Saint-Louis au Marais deux sonneurs qui travaillaient à la même cloche. Ça faisait IHtié^ le premier était un grand garçon roux et maigre, toujours les brs^ ballants^ aussi tritte qu'un enterrement. Le second/ petit homme de trente ans, court et trapu, gros favoris* et cheveux noks, avec ses bras d'acier^ aurmt remué à lui tout seul la sonnerie d'une parusse. Aussi à eux deux ilo» sonnaient Marie-Christine, une flère cloche, cependant, ils n'en tiraient rien de bon. L'un faisait le coMraire de l'autre, l'autre le contraire de l'un. Marier-Christine voyait bien qu'elle était travaillée par des ignorants et elle ne s'y prêtait pas. C'est tout comme les chevaux*, autant ils ont de plaisir à être montés par un savant, autant ils se révoltent contre un iomxnis de magasin qui les a loués pour deux heures. »
Il y a incore dans ce livre de curieuses éttd^s sur les timbres, sur l'influence des saisons, mais j'y renvoie les lecteurs, ou plutôt je les renvoie à. Lanûral lui-même, qui exerce toujours sa profession à rheux^ qu'il est. Il reparut cependant sous le^^ouvernejnent provisoire, sur tous les muf s de la capitale -, il était atteint de la ma-
Itidie d'alorsy celle de représenter le peuple à rAssémblée nationale.
Son affiche est classée par les catalogneurs dans les affiches grotesques qui sont nombreuses : elle ne vaut peut-être pas celle de M. Camus qui a'écriait afin que son nom restât grayé dans la tête des électeurs : « Souvenez-vous de la mère Cornus^ » mais elle rentre dana le même système de forces et de cal^nbourgs :
Nommims fiftWlBillt (fie la Seine.)
21 juillet 1849.