‹ Les excentriques (volume 2)Chapitre 5 sur 13 · CAMBRIEL · texte numérisé non relu

CAMBRIEL

Mon fils, prenez Tor mAIe, submergei-le dans son sang menstruel, et séparez-le de ' sa rouille qui le tue et readez-l» vbrant et libre; puis, cootinuez et Taidez à se tirer d'une seconde affliction, après ravoir tiré d*une première. Alors, vous vous serez fait uo ami qui vous sera très-reconnaissant.

(hbbmès.)

Dans un temps déjà loin, où les Petites-Affiches représentaient la plus grande somme de publicité, les curieux purent lire un matin cet étrange avis :

« OFFRE D'UN GRAND BENEFICE. — Il a été reconnu de tout temps, par la majeure partie des hommes, que la pierre philosophale était impossible à trouver ^ qu'elle n'éiait qu'une chimère, une folie, et que tous ceux qui là cherchaient (quoique sages et prudents) ne s'-étaient toujours attiré d^ïiutre mérite que celui d'être classés parmi les fous.

GAMBJIIEL. 99

« Cpmme nous sommes convaincus du contraire par une longue expérience et que nous sommes parvenus^ par un travail de vingt-sept ans, à trouver le moyen de pouvoir réduire tous les métaux ordinaires en or fin, et que nous nous sommes assurés de la vérité de la transmutation métallique^ de cette divine science , bous ne craignons pas de ûous exposer au ridicule de ceux qui n'auront pas voulu prendr^lsr peine de se convaincre de sa réalité.

« Nous osons donc offrir vingt-^inq milk francs de bénéfices pour cbacpie mille flrancs prêtés à cdui qui voudra nous accorder sa confiance et qni voudra nous fournir 6,000 fr., somme suffisante pour finir notre dé* couverte, laquelle somme ne nous sera- remise qu'en dix-sept paiements, un chaque mois, sauf le premier, qui sera de 1,200 fr*

«• Si le grand commerce qui entreprend toutes sortes de spéculations, et toujours avec beaucoup moins d'avantages, et qui expose de gros capitaux pour gagner 10^ 15 et tout au plus 300/t), trouve dans cette offre un bénéfice asses fort, il peut en accepter une partie, on Ptff&e entière.

« S'adresser, franc de pçrt, à F. C. . ., rue Judas, n® 8, à Paris. » CesiiUtiales, nous pouvons les dévoiler aujourd'hui, appartenaient àFrançois Cambriel, un ancien fabricant de draps de Limoux. Malgré l'annonce de 25,000 fr. qu'il devait^rendre pour chaque 1,000 fr. prêtés, personne ne vint en aide au pauvre chercheur de pierre philosophale. Je dis chercheur^ je devrais dire trouvent.

Il y en a beaucoup qui riront à ce mot de 1fomew*s^ car la négation est chose facile aux FraÂçais *, il est si &cile de plaisanta ces gens dévoués qui consument leur existence, les uns à. trouver la quadrature du cercle, le moyen de feire de l'or, comme on a rêvé pendant longtemps l'électricité, le magnétisme, la vapeur.

En supposant que quelques «adividus dépensent inutilement leur santé, leur richesse, -en Vaines recherches, ne peut-il pas être plein de respect pour ces martyrs des sciences mystiques et les saluer d^ la plume.

Cambriel ne connaissait rien en chimie ; il avait commencé à se Jeter dans le dédale des sciences occultes lorsqu^il eut un matin au Ut une révélaiioil. » Jamais, dit-il, je ne serai parvenu à trouver les opérations nécessaires et indispensables pour 6dre Ja pierre philosophale et me procurer la médecine universelle^ si Dieu, qui dans tous les temps de ma vie m'a donné des marques de son amour, ne m'avait inspiré éh trois différentes fois, et à quatre eomées de distancé d^une inspiration à l'autre, la manière de bien faire l'opération alchimique que j'ignorçis. »» Quoique couché dans une chambre bien close, Cambriel se sentit les oreilles frappées d'un coup de vent, et ûne^oîx* lui cria : H faut s'y prendre deielle manière, La voix donnait des moyens alchimiques;- Cambriel écrivait sous la dictée.

Peu de temps après, Cambriel se rendait en diligence de Agen à Paris, et il réfléchissait à une nouvelle combinaison de matières, lorsque, le coup de vent l'avertit â'écouter une voix : Tu te trompes, l^ livres hermétiques disent comme cela.

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