‹ Les exercices du corpsChapitre 15 sur 66 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La plupart des animaux savent nager d'instinct; lorsque l'un d'eux tombe dans l'eau, il fait immédiatement les mouvements grâce auxquels il doit flotter. L'homme, au contraire, ne réussit à nager qu'après avoir appris.

L'étude à laquelle il est astreint n'offre pas, il est vrai, de grande difficulté; le poids spécifique du corps humain étant à peine supérieur à celui de l'eau, il n'y a que fort peu de chose à faire pour contrebalancer la différence des pesanteurs.

La natation a été en grand honneur dès la plus haute antiquité chez presque tous les peuples de la terre ; outre qu'elle procure amusemenjt, bien-être et santé, elle est d'une indiscutable utilité. Tourne fort assure que dans l'île de Samos on ne mariait pas, au commencement du dix-huitième siècle, les jeunes gens avant qu'ils ne fussent capables de plonger sous l'eau à une profondeur d'au moins huit bpasses (près de 13 mètres). Si l'on en croit Polien, Phihppe cassa un de ses meilleurs généraux parce qu'il se baignait dans de l'eau chaude, faute de savoir nager. A Rome, on mettait la

LES EXËRCICI

en parallèle avec les belles-Ieltres ; on disait ' nme dont l'éducation avait été négligée : neque iidicil neque nalare (il n'a appris ni les belles- j i la natation). {

rancs étaient excellents nageurs; c'est la qua- | 1 que leur donne Sidoine Apollinaire pour les i er des nations barbares. Plus tard, l'une des | les épreuves auxquelles on soumettait les preux iraient à devenir chevaliers consistait en une . | on pendant laquelle ils devaient fournir îa le leurs talents de nageurs, habitude, l'homme peut acquérir une grande ;

à la nage et devenir très supérieur aux anili ne sont pas spécialement organisés pour ce ! e locomotion. Léandre, aux temps anciens, it chaque soir l'Hellesponl à la nage, de Sestos 3S. Lord Byron, à une époque plus récente, ;el exploit. Il n'y a pas vingt ans, un intrélateur fit à la nage, sans prendre pied et sans ler, le trajet de Paris à Asnières en cinq heures i. Parti du pont de la Concorde à huit heures I [1, il arriva au pont d'Asniéres à une heure et I lyant parcouru 25 kilomètres. Nous voilà loin | K) mètres qui constituent la largeur du dé- .nchi par Léandre et par lord Byron ; pour- .our de force n'est rien, comparé à celui qu'ac- . pendant l'été de 1876, un Anglais, Malhew | ;apitaine au long cours : le vaillant athlète . la Manche & la nage, de Douvres à Calais, i

pour exécuter cet extraordinaire exploit, ï heures consécutives dans l'eau! Ce roi des

passés et présents est mort en s'eflorçant de

franchir le Niagara juste au-dessous de ses terribles chutes.

Page 1