‹ Les exercices du corpsChapitre 16 sur 66 · CONSEILS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CONSEILS PRÉLIMINAIRES

Les conseils préliminaires que tout commençant lira avec profit sont contenus dans une lettre célèbre adressée à Oliver Neale par Franklin, un maître nageur, lui aussi, qui, trouvant que Teau constituait un lit d*une incomparable élasticité, s'y couchait sur le dos après quelques exercices et y faisait tranquillement un somme d'une heure.

« Je ne sais pas, dit-il, jusqu'à quel point des ceintures de liège ou des vessies peuvent servir pour apprendre à nager. Je n'en ai jamais vu faire grand usage. Peut-être peuvent-elles servir à soutenir le corps, pendant que Ton apprend ce qu'on appelle le coup, c'est-à-dire la manière de ramener et de pousser les mains et les pieds afin de produire un mouvement progressif. Mais tant que vous n'aurez pas confiance dans la force de l'eau pour vous soutenir, vous ne serez pas un nageur. Je vous conseille donc avant tout d'acquérir cette confiance; d'autant plus que j'ai connu plusieurs personnes qui avec une certaine méthode ont acquis insensiblement le coup, instruites qu'elles ont été par la nature.

« La méthode dont je parle est celle-ci : choisissez une place où l'on enfonce graduellement dans l'eau; entrez-y jusqu'à la poitrine, puis tournez -vous vers la rive et jetez un œuf dans l'eau entre la rive et vous.

« L'œuf tombera au fond et vous le verrez facilement. Il faut qu'il soit assez bas pour que vous ne puis-

LES EXERCICES Dl

l'atteindre sans plonge]

crainte, songez que vous avancez toujours dans . de moins en moins profonde, et qu'en ramejambes sous votre corps et en toucliant le fond, urrez toujours avoir la tète bien au-dessus de longez alors les yeux ouverts, en vous lançant uf, et luttez des mains et des pieds pour l'al-

Vous verrez que l'eau vous oppose de la résis- |u'il n'est pas aussi facile d'y enfoncer que vous liez, et qu'il faut faire acte de force pour arriîmparer de l'œuf.

is sentirez en même temps combien l'eau a de lur vous soutenir et vous y prendrez contiance. ûrts pour surmonter sa résistance et pour al-

l'œuf'vous apprendront, de plus, la manière ivec vos mains et avec vos pieds. Plus lard, vous nagerez, celte action vous servira à nager eux eaux.

isiste beaucoup sur celte méthode. Je vous ai montré que votre corps est plus léger que l'eau vous pouvez y flotter longtemps, gardant la

libre pour respirer, l'i la condition de prendre nne posture, de rester tranquille et de ne pas ébattre; mais tant que vous n'aurez pas pris ce dans l'eau, grâce k l'expérience, je doute que irdiez la présence d'esprit nécessaire pour vous :r la posture que je vous ai indiquée. L^ surjus fera tout oublier. Nous nous flattons d'être iatures raisonnables et capables de science:

1 pareille occasion, la raison et la science

peu d'usage; les brutes, ii qui nous acco

une Ineur fie raison, ont l'avantage sur

« Je saisirai toutefois cette occasion de vous répéter ce que je vous ai dit dans notre conversation à ce sujet. En relisant ces indications h votre aise, vous les imprimerez peut-être dans votre mémoire, de façon à ce qu'elles ne vous soient pas inutiles en cas de besoin.

« I. — Les jambes, les bras et la tête de Thommc sont spécifiquement un peu plus lourds que l'eau douce, parce que ce sont des parties solides; mais le tronc, et surtout la partie supérieure, qui est creuse, est tellement plus léger que Teau, que le corps, pris dans son ensemble, est trop léger pour enfoncer entièrement sous Veau. Il y en a toujours quelque partie qui surnage, jusqu'à ce que les poumons s'emplissent d'eau, ce qui arrive lorsqu'une personne effrayée essaye de respirer alors que sa bouche et ses narines sont sous Veau et avale ainsi de l'eau au lieu d'air.

« II. — Les jambes et les bras sont spécifiquement plus légers que l'eau salée et sont par conséquent pertes par la mer. S'il n'y avait pas la pesanteur spécifique de la tête, un corps humain n'enfoncerait pas dans l'eau salée, les poumons même en étant remplis.

« III. — Donc une personne qui se met sur le dos dans Teàu salée et qui étend les bras peut aisément se placer de manière à garder sa respiration libre; un petit mouvement des mains suffit pour Tempécher de tourner.

« IV. — Dans l'eau douce, si on se met sur le dos, on ne pourra rester longtemps dans cette position, à moins de remuer les mains sur l'eau. Sans cette action, les jambes et le bas du corps s'enfonceront progressivement jusqu'à ce qu'on se trouve dans une position verticale, et là on restera suspendu, la poi-

LES EXERCl

i est creuse, mai

— Mais si dans cette siLuation on tient la tète i-dessus des épaules, comme on fait à terre, de la lèLe au-dessus de l'eau fera enfoncer le squ' au-dessus de la bouche et du nez, peutle un peu au-dessus des yeux; de sorte qu'on pester longtemps suspendu dans l'eau avec la

cette position,

— Le corps étant suspendu comme ci-dessus, inche la têle en arrière, de façon à ce que le Dit tourné vers le ciel, le derrière de la tète is l'eau et son poids supporté par conséquent même, le visage restera au-dessus de l'eau, la L peu près libre de respirer. ]| s'élèvera d'un chaque aspiration et s'enfoncera d'un pouce ! expiration, mais jamais assez pour que l'eau a bouche.

— Si donc une personne qui ne sait pas nager mbe à l'eau avait la présence d'esprit de ne Sbattre ni plonger, si elle laissait son corps cette position naturelle, elle pourrait éviter de ■ assez longtemps peut-être pour qu'on vint & jrs. Car pour ce qui est des habits, leur poids 1 tant qu'on est dans l'eau, quoiqu'on les ien lourds quand on en sort.

:, comme je vous l'ai dit, je ne conseille à per- ! compter sur sa présence d'esprit en pareil ilus sûr est de savoir nager et je voudrais que 'apprit dans sa jeunesse. En plus d'une occt serait le salul ; en beaucoup d'autres', cel ■anchirait de craintes pénibles; je ne parle pa

du plaisir que donne cet exercice salutaire et délicieux. Si j'avais des enfants à élever, je préférerais, toutes choses égales, l'école où l'on acquerrait cet art avantageux, et qui, une fois appris, ne s'oublie jamais. »

Certains professeurs ont imaginé d'enseigner l'art de nager à sec, c'est-à-dire qu'ils apprennent à leurs élèves les mouvements qu'ils devront exécuter s'ils viennent à être mis quelque jour en rapport intime avec l'eau, comme ils leurs apprendraient tout autre exercice de gymnastique. Le procédé est ingénieux et ^d'aucuns afûrment qu'il réussit. Mais alors, que seraitce si au lieu de faire ces mouvements dans l'air, couché à plat-ventre ou à plat-dos sur un tabouret, l'élève les exécutait tout bonnement dans l'eau? Il en résulterait évidemment que le temps perdu à cette mimique suffirait à faire de lui un bon nageur, tandis qu'après avoir employé ce temps à l'exercice de la natation à sec, il est à peu près aussi avancé, le jour où il se trouve aux prises avec l'eau, que s'il n'avait rien fait du tout et si ses professeurs et leur système étaient encore à naître.

Pareil système doit donc être absolument répudié. 11 faut également repousser, avec Franklin, le secours des ceintures de liège, vessies et scaphandres de toute sorte, dont l'usage n'est admissible que dans les circonstances où la perspective d'un long séjour dans l'eau exige de la prudence et réclame l'emploi de moyens de flottaison exceptionnels.

Pour apprendre rapidement à nager, ce qui est essentiel, on ne saurait trop le répéter, c'est la présence d'esprit qui naît de la confiance, à laquelle il convient

LES EXERCICES uu i.unfs.

■■'^r, comme auxiliaires, la liberté des mouvements )lonté de réussir.

t un exercice excellent comme corollaire de cel'œuf proposé par Franklin. C'est le suivant : hoisit, dans une rivière, un endroit où l'eau est ofonde et le courant très faible. On plante solit un pieu près du bord ; puis, s'éloignant vers le on étend les bras, les mains à plat et les doigts les uns contre les autres, et on s'élance dans a face en avant, après avoir aspiré une bonne on d'air. Par de vigoureuses poussées des jarn avancera vers le pieu, que l'on saisira dès qu'il portée.

onvient de répéter souvent cet exercice, en ntant progressivement la distance qui sépare le le départ et le pieu. On s'habituera ainsi à rester es temps sous l'eau sans éprouver la tentation lesoin de respirer.

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