LES JEUX D'OLYMPIE
sacrifier, bien avant que fût construit le célèbre temple de Zeus.
En ces époques lointaines, les temples constituaient les asiles les plus sûrs, et chacun y déposait ses épargnes entre les mains des prêtres. Olympie était donc une vaste banque ; on y faisait des prêts, et il me semble que TEtat ne négligeait pas sa prospérité, car certaines amendes se percevaient au bénéfice du Zeus d'Olyrapie. Ici apparaît le génie pratique du peuple grec. Il savait allier ensemble la religion, les affaires, les plaisirs et Téducation physique.
Les palestres ont été une école de discipline avant tout ; les Grecs n'avaient, en effet, aucune admiration pour la force grossière et sans frein. Il fallait avoir fréquenté au moins dix mois un gymnase et connaître à fond les exercices gymniques de la Hellade pour être inscrit parmi les concurrents qui devaient prendre part aux jeux. Et nul ne se vit jamais décerner une couronne, sll n'avait religieusement observé, les règles de ces jeux, règles dont, tout d'abord, on acceptait les obligations avec serment, car, dit Pausanias, « les jeux olympiques doivent s'accomplir suivant le rite ».
Les jeunes gens se préparaient à la vie civile dans les gymnases. Bien que ceux-ci ne fussent pas seulement une école d'éducation physique, cependant le souci de cette dernière y prédominait. L'harmonie dans les formes, Tamour de la discipline qui fait une nation puissante, l'habileté aux armes en^vue de la guerre, telles furent les nobles fins que
S y proposait Téducalion. Certains monuments de l'antiquité nous représentent des jeux gymniques, et nous y voyons sans cesse les jeunes gens surveillés par un maître. Enveloppé d'un manteau, celui-ci tient en main une baguette dont le bout se bifurque. Pourquoi cette verge était ainsi faite? Nous rignorons. Elle servait pA)bablement à punir les élèves qui n'exécutaient pas les mouvements prescrits par les règlements ou encore ceux qui ne les pratiquaient point suivant la méthode classique.
Les Grecs ouvrirent une voie sacrée pour relier Olympie à Delphes, et les processions la parcouraient joyeusement. Deux inscriptions se lisaient sur la porte du temple de Delphes. L'une est l'aphorisme fameux : Connais-toi, toimême ; l'autre, moins scientifique, mais plus politique, d'un intérêt plus grave, puisqu'elle commande le respect des lois, disait: De la mesure en toute chose. Discipliner fut le but suprême de l'éducation en Grèce; et si les Hellènes ressentaient un si grand enthousiasme pour les jeux olympiques, c'était moins pour le plaisir qu'ils y prenaient que parce qu'ils faisaient naître une noble émulation à supporter la fatigue et la douleur. Quoiqu'ils se célébrassent aux heures et aux jours les plus embrasés de Tannée, nul n'y pouvait assister la tête couverte ; si bien que le philosophe Thaïes, déjà avancé en âge, ayant voulu voir le spectacle, tomba mort dans le stade à cause de la chaleur.
Mais les Grecs n'auraient certes pas admiré la lutte du pugilat et du pancrace, si ces combats n'eussent eu pour but de rendre les hommes plus résistants. S^ils toléraient l'acte bi:utal, c'est que les acteurs en sortaient plus intrépides et plus combatifs. Euridamante, l'alhlèle célèbre,