STATUES D^ATHLÈTES VAINQUEURS
Pausanias dans sa Description de la Grèce énumère toutes celles de ces statues qu'il vit encore en place deux siècles après le Christ. Déjà les Romains en avaient enlevé un grand nombre et des meilleures ; plusieurs centaines, cependant, se dressaient encore autour du stade, sous les portiques, au bord des voies sacrées.
Le type hiératique qui caractérisait l'art primitif disparut donc, ainsi que nous venons de le dire, sous Timpulsion de Tagonistique*. Tout d'abord, les Grecs ressentirent quelque répugnance à élever des statues aux hommes. Ce scrupule fut vaincu dans la suite par la vanité des citoyens. Désireux d'immortaliser le nom et Timage de leurs compatriotes vainqueurs aux jeux, ils usèrent d'un pieux détour en consacrant aux dieux leurs images. Et le désir général de posséder une représentation vivante et vraie, de ces vainqueurs du stade obligea les artistes à serrer de près la réalité. Miron poussa même le réalisme jusqu'à représenter Lada aux prises avec les convulsions de la mort qui Tavait frappé au moment même où il venait de toucher le but et d'obtenir la couronne d'olivier.
L'un des documents les plus importants de Tépigraphie est la table qui mentionne les noms des jeunes gens d'Athènes vainqueurs aux jeux. A cette liste s'annexent les décrets rendus en l'honneur des agonothètes alors en charge et le nom de la tribu à laquelle appartenaient les uns et les autres est également indiqué, car le succès était collectif. Tout ceci prouve, une fois de plus, quel intérêt prenait le
1. L'assemblée des Grecs aux quatre grands jeux solennels, comme du reste en n'importe quel lieu où l'on combattait et où l'on jouait, se nommait agone.
peuple aux luttes athlétiques. Lorsque, ses travaux du Parihénon achevés, Phidias fut appelé à Olympie, il y exécuta pour le temple, près duquel on couronnait les vainqueurs aux jeux, sa remarquable statue de Zeus.
En introduisant les jeux gymniques dans les écoles, l'Allemagne vient de remettre en vigueur Tune des idées directrices de la Grèce. De plus, elle a pris en 1875, l'initiative des fouilles d'Olympie, et l'historien, Ernest Curtius *, fut mis à la tête de la mission instituée à cet effet. Ces fouilles ont récemment découvert la cité sainte d'Olympie située en face de File de Zante à peu d'heures de la mer. Les temples d'Olympie ont été renversés par les invasions de barbares, les pillages et les tremblements de terre, tandis que les alluvions sablonneuses de l'Alphée désolaient le pays et le changeaient en désert. Après tant de siècles, le temple de de 'Junon vient de revoir la lumière. Parmi les décombres, une statue de Praxitèle a surgi, représentant Hermès, Hermès, le dieu agile, le dieu de la gymnastique, auquel les Athéniens payaient un tribut d'honneurs et de fêtes. On a pu reconstruire le fronton du temple de Zeus ; et on relève, par centaines, les autels et les colonnes qui se dressaient autrefois parmi les cyprès et les platanes, près des temples aux vives couleurs, où, de toutes parts, accouraient les Grecs en fêle.
La ville d'Olympie était mal appropriée à ces grands concours de peuples. En certaines années, l'eau potable môme y manqua. Elle était cependant très anciennement célèbre à cause de son oracle, et on y affluait pour y