PROFESSEURS GRECS
arriva d'un coup à la renommée, parce que, frappé sur la bouche au pugilat, il avala ses dents à mesure qu'elles lom-baient sous les atteintes terribles de son adversaire ; celui-ci voyant ses meilleurs coups demeurer inutiles se découragea et fut vaincu.
La gymnatisque est née de la réglementation des libres exercices de Tagonistique, nous en trouvons une preuve encore dans ce fait que son origine se lie à celle de la médecine. Platon nous Tapprend, du reste, et, avant lui, Hippocrate l'avait affirmé. A Sparte, leséphores assumaient la surveillance des gymnastes et des médecins. Les professeurs de gymnastique se divisaient en deux catégories, et. cette division suffît seule à nous faire comprendre de quelle façon scientifique était dirigé renseignement de cet art.
Aupédotribe incombait le soin de faire exécuter empiriquement la partie la plus, ordinaire de la gymnastique. Plus averti de l'action produite par les divers exercices, le professorat du gymnaste ne tendait pas seulement à maintenir le corps en bonne santé, mais encore à lui faire acquérir le plus possible de beauté et de vigueur. Chez les Grecs, la tendance à diviser les matières de l'éducation fut très marquée. A révolution plus haute de l'esprit correspondait une langue technique plus complexe, une richesse de vocabulaire inconnue de nos jours. Plusieurs gymnasiarques tenaient la tête de chaque palestre. Ils demeuraient une année en charge. Dix sophronisteSj élus par le peuple et rémunérés par l'Etat, y veillaient à la moralité des jeunes gens. Le sphéristicos y
enseignait le jeu de paume, Yhoplo?7iachos^ les armes. Le gymnaste enfin, instruit de la théorie et des effets physiologiques de son art, y complétait Téducation des adolescents lorsque ceux-ci quittaient les écoles des grammairiens, des rhéteurs et des philosophes. Les plus anciens ouvrages des médecins grecs contiennent des appréciations hautement élogieuses de la gymnastique. Parmi ces médecins, Galien dans son célèbre traité : Ars tuendœ sanitatis nous dit que : « des milliers et des milliers de fois, il a rendu la santé à des malades au moyen des exercices de la palestre ». Il arriva pour la gymnastique grecque ce que nous voyons actuellement en Suède : Les professeurs de gymnastique exerçaient en même temps la médecine par le procédé du massage. Iccos de Tarente fut célèbre à la fois comme gymnaste et comme médecin. Ippomacos étudiait longtemps ses élèves et s'occupait seul de la façon dont ils se comportaient ^
Afin d'éviter les effets nocifs des courants d'air et Tévaporation trop rapide de la sueur, les gymnastes, obligés de se dénuder pour la lutte, s'oignaient le corps d'huile. Les monuments antiques nous représentent les athlètes se versant de l'huile dans le creux de la main. Et, de là, cet art a emprunté pour emblèmes le strigile ^ et la petite fiole sphérique. Le massage fut de pratique si courante chez les anciens que les masseurs, nous l'avons dit, professaient généralement dans les palestres. C'est par le massage que les Grecs obtenaient l'élasticité et la vigueur des membres. Galien nous conte que les gymnasiarques célèbres se pré-
1. J.-H. Kranse : Die Gymnastik und Agonis tik der Ilellenen. Leipzig, 1841, voL 1, p. 240.