‹ Les exercices physiques et le développement intellectuelChapitre 109 sur 200 · FAUTES COMMISES EN ITALIE · texte numérisé non relu

FAUTES COMMISES EN ITALIE

Deux grandes fautes ont été commises : la première est d'avoir confondu l'instruction avec l'éducalion ; Tautre d'avoir voulu instruire noire jeunesse à bon marché. Aussi nos écoles ressemblent-elles à de vastes fourneaux oîi l'on cuisine les écoliers en bloc. Un professeur a souvent cinquante élèves dans sa classe, et à peine a-t-il quitté celte foule, qu'il court faire une classe adjointe, puis une autre encore s'affairant ainsi tout le jour, de classe en classe, Iravaillant pour deux et parfois même pour trois ! Il faut, au contraire espacer les étudiants, comme on éclaricit les plantes, afin qu'ils sentent mieux les bienfaits du soleil ; il faut leur donner un plus grand nombre de jardiniers qui les soignent. Dans les classes trop nombreuses, les élèves ne reçoivent pas la part de nourriture intellectuelle à laquelle ils ont droit, car le professeur doit veiller avant tout à la discipline, et cette préoccupation prend un temps précieux qui est perdu pour l'enseignement effectif. La meilleure de toutes les éducations serait l'éducation particulière, mais elle est désormais impraticable. Le nombre des bons enseignants est si restreint que les riches qui tentent d'employer cette méthode sont encore plus mal lotis que les autres. Si l'on en croit la biographie des grands hommes, leur éducation fut souvent laissée au hasard. Ainsi Jean-Baptiste Vico commença très tard ses études. Mais, il avait une si profonde faculté d'assimilation que bientôt maître des matières qu'il étudiait, il laissait ses camarades très loin derrière lui. Entré dans un collège de Jésuites, en philosophie, il se livra à l'étude avec tant de zèle qu'il man-

qua. perdre sa santé . L^efFort fourni par son cerveau fut trop intense pour son âge, et il dut se reposer un an et demi durant. Mais peu d'étudiants eurent la jeunesse sans tache de Vico, et une ardeur au travail que Ton peut presque qualifier de déréglée. Vico s'appliqua plus tard à Tétude de la jurisprudence, et finalement il composa son livre : La Science nouvelle.

L'éducation idéale consiste à favoriser le développement des aptitudes et des énergies infiniment variées qui, se remarquent dans les hommes. Pour comprendre quelles notables différences organiques peuvent exister entre eux, je signalerai un seul fait : lorsque nous naissons, la longueur de l'intestin est à peu de chose près la même chez tous, mais l'homme grandissant, cet organe se développe, selon les individus, et il arrive parfois à compter 4 mètres de plus chez les uns que chez les autres. Cette différence considérable de longueur dans Tintestin peut indiquer jusqu'à quel point sont variables les proportions des divers organes internes chez l'être humain. Le même fait se reproduit dans le développement du cerveau.

Par malheur, au lieu de favoriser et de cultiver, dans les écoles, les dons particuliers qui se rencontrent chez quelques-uns des collégiens, on s'efforce d'en affaiblir Toriginalité. Et les professeurs s'enorgueillissent de voir, par la vertu des leçons et des programmes, la mentalité des collégiens s'uniformiser plus aisément que leurs corps sous la puissante influence des exercices physiques. Ce résultat est Tune des raisons psychologiques qui encourage les pédadogues à répandre d'une façon de plus en plus copieuse la culture intellectuelle. Mais nous ravalons au niveau com-

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